SCÈNE X
SAQUEVILLE, LOUIS, CLÉMENCE.
CLÉMENCE
Quelle figure vous ont ces électeurs de Morlaix l Je ne voudrais pas les représenter !
SAQUEVILLE, à Louis, qui revient.
Si je devais avoir affaire à beaucoup de Kermouton, j'aimerais mieux n'être jamais député.
LOUIS
Savez-vous, mon oncle, que c'est un homme imir.ônsément riche !
SAQUEVILLE.
Il a l'air d'un imbécile.
LOUIS
Il a des millions au soleil I
CLÉMENCE
Si je vais à Morlaix, vous me donnerez une lettre pour lui.
LOUIS
Il VOUS fera manger du mouton de présalé et du fromage de Hollande, (a Féux qui entre.) Ah ! encore. Je n'y suis pas.
FÉLIX
Monsieur, c'est une lettre de la part de madame la marquise de Montrichard.
LO UiS, après avoir lu.
x\li l cela vous concerne , mon oncle. — « J'ai appris que M. le colonel Saqueville, votre oncle, arrivait ù Paris ces jours-ci. S'il n'a pas oublié une ancienne amie, veuillez, Monsieur, nous l'amener à Montrichard. Vous nous ferez grand plaisir.
Morienval de Montrichard»
CLÉMENCE
Ah ! voyons donc l'écriture d'une grande dame.
SAQUEVILLE, saisissant la lettre.
Donnez I
LOUIS, à Clémence.
Comment! vous n'êtes pas encore partie?
CLÉMENCE
Allons , on s'en va. — Monsieur le colonel , veuillez ne pas m'oublier. Mademoiselle Clémence Ménétrier, danse et déclamation, Thôtei garni, tout peut aller ensemble. (eUô sort.)
Quelle diable d'histoire vous fait-elle là?
SAQUEVILLE.
Mon ami, un homme d'honneur qui prétend à la main de mademoiselle Montrichard ne peut pas entretenir une fille d'Opéra.
ou DON QUICHOTTE. 89
LOUIS
Vous avez raison ; j'y pensais ce matin. Je vais lui donner son congé aujourd'hui même. Allons faire un tour de boulevard.