SCÈNE II
Les Mêmes, le patriarche JOB, bum d« YOURII
en r^be de moine.
LES ATAi\lANS.
Très-saint père, bénissez-nous, pauvres pécheurs !
JOB, à Yourii.
Vois, mon fils, l'humilité de ces gens de guerre. Ce sont de vrais chrétiens orthodoxes, crois-moi, ces Cosaques dont tu as si peur. Je t'ai fait lire hier la légende du centenier qui fut sauvé pour avoir cru. Le Seigneur aura ces braves atamans en sa garde.
FEDOR, bas à Chouiski.
Et qu'il lui plaise de les bien garder !
JOB
Prince Fëdor Ivanovitch, vous avez donné un grand scandale.
FEDOR
Moi! très-saint père?
JOB
Vous avez séduit Maria Alexandrovna, fille d'un honnête gentilhomme de cette ville. Toute sa famille en pleurs est venue me demander justice...
FEDOR
Ne leur ai-je pas donné de l'argent, des fourrures et des pièces de brocart 2
JOB
Oui ; mais l'honneur de la famille, prince, qui effa-
cera la tache que vous y avez faite ? Ne saurez-vous donc jamais commander à vos passions?
FEDOR
Je suis jeune, très-saint père, et vous savez que le tsar ne permet pas que je me marie *.
BASILE
Les mêmes défenses existent pour moi ; mais je respecte le sixième commandement. — Qui est ce jeune homme que vous avez là, très-saint père ?
JOB
Un jeune enfant de l'Ukraine que les Latins ont persécuté pour l'obliger d'embrasser l'hérésie. Le Seigneur Ta inspiré. Il s'est enfui et est venu implorer un asile auprès de moi. S'il plaît à Dieu, quand il sera plus instruit, il fera honneur à l'église orthodoxe. Il a une belle main, et m'est utile pour mes écritures ; il sait le polonais, et, par son moyen, je compte envoyer la lumière parmi nos frères oppriijés par le roi païen.
BASILE
Il a Tair intelligent.
JOB
Surtout il est pieux et docile.
(Entrent Borii et Semen Godoanof.)