SCÈNE I
L'appartement de Saqueville. Préparatifs de départ.
SAQUEVILLE, seul devant une table. Il tient un paquet de lettres.
Faut-il rapporter cela en Afrique? Pauvres lettres ! que de chemin vous avez déjà fait dans l'Atlas et dans le désert ! Plus d'une fois vous avez risqué d'allumer la pipe d'un Arabe ou d'un Kabyle. Faut-il vous exposer encore?... ou, ce qui serait pire... le jour où le cheval du colonel ralliera seul le régiment, on vous lirait au bivouac, avec des commentaires moqueurs. — Non, le régiment ne rira pas ce jour-là, c'est là que je serai re-
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gretté... Je crois voir mes pauvres spahis le cœur gros et la larme à l'œil, tirant la dernière salve sur in a fosse... Allons ! Bismillah ! je ne suis pas seul au monde. Du courage ! — Il fut un temps où c'était un trésor pour moi... C'était comme un de ces talismans des Arabes avec lesquels ils se croient invulnérables, jusqu'au jour où vient une balle qui déchire le talisman et la poitrine qu'il couvrait. — Le cœur est déchiré ! A quoi bon conserver le talisman? — Ces violettes... ont encore de l'odeur... Elles ne compromettront personne. Conservons-les (n brûieies lettres.) Voilà qui est fini. Un peu de flamme, un peu de fumée, plus rien ! Il n'en faut pas davantage pour tuer un homme, (un cierc de notaire entre.) Que dcmaudcz-vous, monsieur?