‹ Les deux imitations de Jésus-Christ: le De imitatione Christi, et L'imitation, de Corneille, comparées dans leurs parties principalesChapitre 16 sur 30 · PRÉFACE. L^V · texte numérisé non relu

PRÉFACE. L^V

aller à l'Imitation de Jésus- Christ, et pour demeurer un peu sur celle-ci ; car elle les saisira et captivera de telle sorte qu'ils ne pourront plus s'en dépendre.

Tel est ce latin du delmitatione Chrisli, latin original dans sa bassesse et sa misère ; dégénéré, plus qu'on ne saurait le dire, de ses grands ancêtres les Romains, et malgré cela, de race franche ; mortel passé pour les cicéroniens, et néanmoins vivant et florissant dans l'état où il s'offre à nous ; mort et vivant, comme saint Paul l'a dit des chrétiens, mort pour les beaux esprits et les grammairiens d'Alexandrie et pour leur postérité, vivant pour les bonnes âmes, où qu'elles soient, dans le cloître, à l'action ou à l'oraison, aux choses qui passent ou à celles qui ne passent pas : Sint temporalia in usu, œtenia in desiderio.

Latin vivant de la vie du Verbe fait chair, plein delà nature divine et de la nature humaine, « plein de grâce et de vérité. » Il vit en effet, il se renouvelle, il s'accroît et s'amplifie, il s'échanffe, s'enflamme et s'illumine sans cesse par l'oraison intérieure et par un commerce avec la seconde personne de la Trinité, doux, profond, familier et proportionné. Ou bien encore, et toujours par le moyen de l'oraison mentale, il s'épure et il se rend délié à l'égal de la métaphysique déductive la plus fine et la plus serrée. Bon pour l'argumentation, il n'argumente pas. Il dogmatise, sans affecter la forme dogmatique. Il traite de l'être de Dieu, sans faire montre de

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