LXVI PRÉFACE
Ilicologie doctrinale. Il porte aisément, et il n'en paraît pas exténué, les mystères les plus ineffables. Il explique aux humbles et même aux superbes tout ce qui peut leur être expliqué de ces choses trois fois saintes, tout ce qui peut les amener à elles par un aquiescement de raison, de foi et d'amour. Je dis acquiescement de raison, parce que celte langue du de Imitnlione Chrisli, par je ne sais quelle grâce de Dieu, étant commune et populaire en tout sujet;, ne se dérobe nulle part à mon bon sens sous la couverture sacrée du mysticisme. Aucun des termes de ce latin ne laisse pour ainsi dire ma raison en l'air et neladéçoitpar des images vides et voltigeantes. Sans doute ma raison n'appréhende pas tout du surnaturel ; car si cela était, le surnaturel lui-même ne serait pas. Elle commence par aller à Dieu toute seule. Qui le nie ou le conteste, puisque Dieu l'a créée à cette fin? Mais à quelle hauteur et profondeur du divin est-elle capable d'atteindre par ses propres forces, et de combien ne s'en manque-t-il pas pour qu'elle se dise satisfaite'? C'est ce défaut-là que la foi peut réparer, et qu'effectivement elle répare, au moins jusqu'au jour oi^i « ce qui est parfait sera venu, et où l'usage des sacrements cessera. » Cum autem venerit qiwcl perfectum est cessabit usus sacramentorum(ïiw. IV, ch. xi). C'est donc un grand tort à la raison de se dire humiliée et contrecarrée par la foi. La foi ne fait ni l'un ni l'autre. Ou la raison ne peut voler d'elle-même et se reposer, ad volandum et pausandum, la foi l'y portera sur ses ailes de flamme. Mais la raison tirait déjà d'une aile vigoureuse vers ce lieu de la vérité sans voile et du repos parfait. C'est bien cela, ce n'est pas moins que cela que j'ai lu et
PRÉFACE. '''
.oùlé de ma chère édition latine de Imitatione Christiàe niO et que chacun peut lire et goûter dans la sienne, pourvu qu'il le fasse simpUciter ac fideliter, en présence de Dieu et loin,bien loin des exégétiques des pays d'Alleniasnc ou de ceux du pays de France.