Je crois distinguer co mot sur Testampage
pendant la nuit ». La présence de HJE^ = héb, nJt!^ en tête de la phrase et remploi de Tinfinitif préposé y^ob au lieu de l'indicatif yjD^ donnent à l'idée une grande énergie, A noter la forme purement hébraïque tO^b = rlb'b qui est en araméen tvhb-
Le reste de cette ligne est très incomplet. On voit d'abord V • [ni ' nbDT « ©t tout cela m'a donné », puis vient une grande lacune qui ne laisse voir que quelques lettres isolées ou des têtes de lettres jusqu'à la fin de la ligne, où je crois reconnaître les mots ^J3 • |0T « et un de mes fils » qui se raccordent bien à ce qui suit sur la ligne 25. Immédiatement avant on voit un groupe de têtes • D ' ^m, et après une petite lacune à droite, les lettres n^. Il est inutile de s'arrêter aux vétilles que l'on pourrait en tirer.
Ligne 25. Les deux premières phrases n'ont pas besoin d'explication. Avant la lacune on complète avec certitude [npO^T « ôt régnera »; ce verbe devait être suivi d'un complément comme [ î • p"IXD « dans ce pays » . En considération de ce que, d'une part, l'espace vide ne pouvait contenir qu'un nombre très restreint de lettres et que, d'autre part, on distingue les lettres nb après la lacune, je propose, quoique avec réserve, de compléter le verbe en nblZ^"^ et de le faire précéder par la conjonction V J'obtiens ainsi la phrase yir\2 ' TD^ ' ^h^^^, mot à mot « et étendra sa main en l'épée », c'est-à-dire « prendra en main l'épée », visiblement « pour combattre ses adversaires » ; comme en hébreu, le verbe ^^ • nbl!^ a en hétéen la nuance de vouloir nuire & quelqu'un ou endommager quelque chose (Genèse, m, 22; Job, xxvm, 9). La lacune ne permet pas de décider contre qui sera dirigée cette prise d'épée et de dire si ce sont réellement les coupables qui sont indiqués par la préposition "2 qui précède. Il faut faire remarquer toutefois que l'allure de la phrase se prête à une autre explication : le complément DinD peut indiquer l'instrument de répression le plus usuel dans l'antiquité, surtout chez les possesseurs du pouvoir public, pour se débarrasser d'adversaires gênants. La suppression pure et simple par un coup d'épée était naturellement le moyen le plus expéditif et le plus efficace. A côté
du meurtre plus ou moins judiciaire, il y avait et îl y a même encore de nos jours la prison et Texil qui sont employés dans le même but. Quoi qu'il en soit de cette ambiguïté, la lacune, qui se termine par un ^ indiquant la présence d'un substantif au pluriel, résiste à toute combinaison de restitution et le même doute s'étend sur le ou les mots perdus au début de la ligne suivante qu'annonce la particule W « ou » de la fin de celle-ci.
Ligne 26. Des trois lettres qui suivent la lacune, la première est visiblement un n et la dernière un D ; celle du milieu est totalement effacée. Si Ton admet la leçon DOP; on est entraîné soit à soupçonner en même temps avant ce substantif la présence de la négation bî< qui figure devant le substantif suivant, de sorte qu'on aurait l'expression bî< ' D[0]n[IÏ ' bx] TJn3 • IX • Jl"inD « n'aie confiance ni dans la violence (héb. DOn), ni dans le massacre (héb. Jin) ou dans les sévices
(héb. îil. Job, in, 26). Le verbe que je suppose être riDD « se
confier, avoir confiance » est impérieusement réclamé ici par cette considération que le complément indirect est dans la phrase tantôt 3 tantôt bj^, ce qui est en effet particulier au verbe FIDD. Celui-ci avait probablement sa place dans la> lacune qui dépare le début de la ligne suivante.
L'énumération des choses dans lesquelles le roi futur ne doit pas mettre sa confiance est sectionnée au moyen de la particule alternative IX « ou », mais le complément indirect est désormais bj?. Le mot qui vient après est effacé, et comme il paraît ne se composer que de deux lettres à jambage, j'incline à supposer DD = héb. D1D « cheval »; tout au plus le pluriel ^QQ = héb. D^DID « chevaux ».
Le X qui se voit après se complète aisément en py '^jX; des deux mots qui suivent, le second est certainement HD ; le premier a été transcrit IDIil (A. S., 51, 26), mais la trace prise pour un n est sans aucun doute la silhouette du b suivi d'un point. Une forme ^0^ ne paraissant pas possible, on est obligé de songer à une inexactitude de copie. Le mot de l'énigme se trouvera à l'aide d'un examen renouvelé de l'original; en attendant, j'incline à rétablir HO * ÎOn qui serait l'équivalent
de Thébreu D^ pOîl « une multitude de peuple ». Ce HD, qu'il ne faudrait pas confondre avec la particule HO « aussitôt » que nous avons souvent rencontrée dans la partie précédente de notre texte, mais le singulier de Thébreu D^flO (Deuté-
ronome, ii, 34) « hommes, habitants » qui entre dans le nom
de nbu^inp'.
Les deux sections suivantes sont de la plus grande clarté : nniOX • by-IX • nn^p • by • W « ni dans son arc ni dans sa parole » ; ce dernier mot peut être pris dans le sens de paroles, d'éloquence et de commandement qui, venant de la part du roi, animent les combattants et décident la victoire.
Ligne 27. La fracture du début a fait disparaître à la fois la fin de la phrase se rattachant à la ligne précédente, et le commencement d'une nouvelle phrase. Celle-ci, à en juger par ce qui suit, ne s'adresse plus au roi futur, mais à n'importe quel habitant du pays qui commettrait un sacrilège contre la statue. Je ne m'arrêterai pas aux traces des deux lettres nn visibles après la lacune et au sujet lesquelles je n'ai rien à proposer; je me contenterai de jeter quelque lumière sur les mots nnt!^ * ^ï^î'' dont la lecture est certaine et qui reviennent à la ligne suivante. Je rapproche l'hétéen ^2^1 de l'éthiopien d&l (^D1) « poser, faire » et je considère le substantif nVVlf comme Identique à l'hébreu DHp, synonyme de D^O « tache, défaut » (Deutéronome, xxxii, 5). Pour la forme, comparez 131
(Jérémie, v, 13), L'expression dont il s'agit signifie donc, si je ne me trompe, « (celui qui) infligerait un défaut », c'està-dire « celui qui endommagerait ou mutilerait (la statue) ». Une phrase comme rT^n '^PH WiTl (A. S., p. 51, 1. 27), peut désespérer plus d'un sémitisant; après mûre réflexion, je pense qu'il faut lire riTlb ' TirT^ • "E^NV Le mot ^H peut être soit le substantif hébreu Ï^^N « homme », soit le relatif phénicien ^H « celui qui », qui répond à l'hébreu 2^ dans le sens de "llî^N.
Cette dernière alternative me paraît la plus probable. Dans le futur pn^ nous sommes surpris de rencontrer le verbe
1. Sur Testampage il paraît y avoir plutôt riD ' 1DT * Sv « ^^^^ 1* mention (= le nom) d'un homme ».
qui a donné en hébreu D^T^Iin « perles enfilées »; la racine Tin a, en araméen, le sens de « perforer, piquer », au figuré « ranger, enfiler », de là î-l'^n « rîme ». Quant à JVrOf c'est bien Thébreu ^ro suivi du suffixe de la troisième personne.
Je propose donc de traduire : « Et celui qui perforerait, piquerait sa joue »; on obtient ainsi une expression synonyme de
Vrh dpri (Job, XL, 26) « tu perforeras sa joue ». La défense a en vue la mutilation de la figure par un coup de pique ou de lance.
Le membre de phrase qui suit me paraît pouvoir se transcrire n^m^ • Din • ItJ^ND • 1S. Avec un groupe bizarre n^riDlOîn (A. s., 51, 27) pour les deux derniers mots^ on n'arrive à rien. Nous connaissons déjà 1t!^X avec le sens de « lieu, endroit » ; le mot suivant peut ne pas être autre chose que l'hébreu Din « interdit » \ le groupe H^m^ se révèle sans
grands efforts comme le futur du verbe ^ni (== héb. nm) pourvu du suffixe de la troisième personne. Il s'agirait par conséquent de quelqu'un qui pousserait la statue dans un endroit interdit au public ^
Ligne 28. La phrase qui commence par les mots ItJ^ND ' W « ou dans un lieu » de la ligne précédente est difficile à comprendre à cause du vocable mn dont le n final ne saurait être l'état emphatique araméen inconnu à Thétéen. Si la leçon est exacte, on ne peut songer qu'à un substantif dérivé de la racine "^in « se réjouir », parallèle à HrWV signalé plus haut. S'agirait-il de l'emplacement de la statue dans un lieu d'amusement public'?
La lacune qui suit enlève toute espérance de rétablir avec quelque certitude la fin de cette phrase. On ne saisit pas non plus la pensée mattresse de celle qui vient après. On aperçoit
1. L'estampage confirme la lecture Dtn» substantif formé de la racine mischnaïtique Q^n <^ couper, hacher » ; comparez Tarabe ^ja. « fagot ». La première lettre du mot suivant pourrait bien être un «| ; dans ce cas n-ïnT serait un substantif « rejet, décharge, débarras ».
2. La lecture reste douteuse sur Testampage; celles de )^^n « évacuation, excrément » et de {^^n ^^ cachette » sont possibles.
d'abord un 3 qui doit former la fin d'un mot. Puis on retrouve l'expression nni2^ W^^ pour laquelle j'ai proposé plus haut le sens de <c infligerait un défaut » \ le mot suivant doit être "IDJ^, verbe qui a l'air de signifier « il achèvera ». Après, on soupçonne la particule séparative ^N <c ou » accompagnée d'un verbe dont les deux dernières lettres sembleraient être ni. Des deux mots qui se présentent ensuite, le premier, malgré l'apparence (^IJT, A. S., p. 51, 28), est sans aucun doute ^13? « ma mention »; le second, dont la lecture nniDp^l est sûre, signifie visiblement « et il le (ou la) placerait :>, sens auquel se rattache très bien la préposition 3 du mot suivant*, mais comment expliquer le couple extraordinaire ntl^inD'HND? Notre embarras est d'autant plus grand que la transcription publiée donne, pour le premier mot, la leçon HJ^VD (A. S., 51, 28). Il est complété par l'impossibilité pour nous d'apercevoir sur la photographie de la seconde inscription le mot nyHD que la transcription de M. Sachau offre sur la ligne 10. En face de tant d'incertitudes, nous nous abstenons de toute conjecture*.
Ligne 29, La lecture des trois mots nniJ^n ' DSnX ' "IDN*^ étant des plus certaines, on a l'impression d'une phrase toute
hébraïque nrWrl DD'^nS IDN'» « il dira : Votre frère a
détruit » ou bien « votre frère dira : Détruis! (iiniZ^n) ».
Cette dernière interprétation est plus conforme aux habitudes de ces sortes d'inscriptions. L'auteur a probablement en vue de défendre à qui que ce soit de détruire son monument par l'ordre d'un tiers.
Je ne puis rien faire des lettres JH dont la fin est perdue dans la lacune, ni de KO qui apparaît après elle, ni enfin du vocable tV mutilé dont la lettre finale est un H ou un n. En revanche, le doute disparaît au siget des mots HDX • JlbiÔ « aux dieux de son père » qui viennent après, mais l'enchaînement de la pensée m'échappe entièrement.
Je ne trouve pas le sens du mot 7WD qui précède le verbe "IDK^ « il dira »; il est suivi de l'expression énigmatique qui
' 1. L*e0tftmpage offire diatinciement n^SD? oaot araméen (?) signifiant « milieu ».
est nOlîT • DN ' Sn sur le fac-similé et HD ' 2;:N ' Sn d'après la transcription (A. S., 51, 29). Si cette dernière leçon était exacte*, on aurait à choisir entre la traduction « il est un homme mort » et celle de « c'est un homme du peuple » \ ce tour de phrase aurait un appui dans l'inscription d'Esmounazar.
Pr\DH est bien un verbe, mais il est difficile de savoir si c'est la première ou la deuxième personne.
La phrase prohibitive semble bien être IT [ *p3 • ^N (l. 29-30) « non devant un étranger »; le fac-similé oflfre pour le dernier mot J^T et la transcription Ht (A. S., p. 51, 30).
Ligne 30. Dp"IDN offre une énigme impénétrable ; la séparation en Dp IDN ne donne rien de ss^tisfaisant. Les mots suivants IX ^H^^ signifient bien « mon œil (ou mes yeux) ou . . », mais roy est un terme nouveau et inintelligible.
La lacune qui se présente après la particule *)M « ou » englobe de six à dix lettres et se termine par le reste d'un mot ^J ou ^T. Puis on lit avec une certitude relative : ^1V • ^]2}M • [M=héb. ^nV • ^)i!ZH • ^JD3 (ou ^3Db) « devant les gens de mes ennemis». Je remarque cependant que la forme ^2^JN avec ^^ se trouve dans la transcription publiée (A. S., p. 51, 1. 30)^
Suit une série de cinq mots obscurs que la publication officielle transcrit -)3 fsnb ' NH ' HOT i:na (A. S., p. 51, 1. 30); le fac-similé n'apporte pas d'éclaircissement notable; résignons-nous à attendre de meilleurs renseignements, toutefois le second mot me paraît être "IDT « monument* ». Les mots suivants n3T | Hn^K (l. 30-31) ne peuvent signifier que « les gens de ses monuments », mais l'idée n'en est pas très claire; il s'agit peut-être des gardiens des édifices publics.
La pensée dominante de la phrase obscure qui précède semble avoir été d'encourager les gens du roi ennemi et iconoclaste à se révolter contre lui; les mots ^JUXD ' niZ^nD^SJ s'y