‹ Les deux inscriptions hétéennes de ZindjîrlîChapitre 21 sur 42 · Ainsi également M. Mtiller (il. /. S. y page U · texte numérisé non relu

Ainsi également M. Mtiller (il. /. S. y page U

vante : « Et les membres de la famille de son père ont réacquis la possession de Ya'dî (?) »*.

Ligne 9. riDlD^H « il l'a rendue meilleure, plus prospère »; le sujet est toujours le roi assyrien et l'objet en est HDX * H^D. Le substantif HDlp « antiquité » est aussi bien araméen qu'hébreu (Isaïe, xxiii, 7).

Dans mDD « s'est multipliée, a été abondante », nous avons le qal de la racine ")3D qui est inusité en hébreu et en araméen. Des quatre espèces de céréales énumérées à la ligne 6, trois, savoir non, mj^ti^ et JliW reviennent ici, Jl^W seule est remplacée par min (?), mot qui doit avoir le même sens. Ce nom, qui vient de la racine Tin « être blanc », indique du moins que ce n'est pas une variété d'dvena nigra.

A remarquer le suffixe î^ de VDVD « dans ses jours, de son temps », qui serait en araméen ^m.tJI^D.

Les mots H^DX ÎXI forment un groupe unique sur le facsimilé ; le second présente probablement un verbe à la troisième personne : « Et alors tu as mangé », sens qui convient aussi au groupe suivant que je transcris, sous réserves, Hp^m « et tu as distribué », savoir la denrée alimentaire, spécialement le bon blé ou le pain, dont la mention devait figurer dans la fin détruite de cette lignée

Ligne 10. Les deux mots IHDlD ' nbî sont d'une lecture absolument certaine. Je vois dans nbî l'hébreu nbî « sans, à

défaut de » et dans TlDlO le participe actif du verbe "l^o « vendre », suivi du suffixe soit singulier, soit pluriel, de la troisième personne, singulier, masculin-, en un mot, c'est

l'hébreu 11310 « son vendeur » ou IIDID « ses vendeurs »'. : T ;

1. Faisons toutefois remarquer que l'on s'attendrait plutôt à ns et ^ijpi avec le i radical; ce sont peut être des formes araméo-hébraïques.

2. M. Millier prend hSdn P^ur un substantif, puis en y ajoutant mi, il traduit : « Und was filr (=?i-j-ij^) Nahrungsmittel immer... und was fur Gctr^nke immer », mais p^^ ne signifie pas « boisson »; c'est np\2TQ qu'il faudrait. Le discours direct : « alors tu as mangé, etc. » a déjà sou analogie aux lignes 14-15 de l'inscription de Panammou I».

3. On pourrait strictement lire aussi yo^D nSf « ^a honte (Psaumes, xii, 9) de ses vendeurs ». Sur la forme ti^iq =1130» et. abs. aram. de ^yQy proposée par M. Mûller, voyez les remarques additionnelles.

Si grande était Taliondance de la récolte que tout le monde était pourvu de vivres et n'avait pas besoin d'en faire la demande à ceux qui les vendaient. Il est presque superflu d'ajouter que ces deux vocables sont frappés du cachet le plus manifeste du caractère hébreu.

En prenant DD dans le sens de « homme, gens », on obtient une idée d'ensemble assez satisfaisante de la phrase difficile DDT '^bpDV n^^DD ' 'ïbVD ' HD • D^^ Ce passage fait visiblement allusion aux nombreuses nominations de fonctionnaires que faisait le roi d'Assyrie parmi ses serviteurs et vassaux pour récompenser leurs services. L'expression * ^bpD il^DD semble désigner « des possesseurs de domaines ruraux, villages», comparez l'hébreu D^I^DD (Néhémie, vi, 2) peu

diflférent de D^HDD. Les DDT ^^Î?D sont probablement des

officiers qui commandent les chars de guerre, et qui ont naturellement la permission d'en avoir un certain nombre dans leur satrapie.

Le groupe qui suit contenait cinq lettres, mais la deuxième et la quatrième sont plus ou moins effacées, de façon qu'on ne

lit que D*nin. La certitude que nous avons devant nous un verbe dont l'expression TDiD ' ^DX « mon père Panammou » est le sujet, nous amène presque forcément à compléter Dt!^n J1

« et mon père Panammou a été estimé »•, c'est l'hébreu DK^flJ.

Le n de HJ^V/DD qui suit doit être le suffixe possessif : « Dans son milieu », c'est-à-dire dans l'entourage du HID, plus que les autres satrapes du roi. La prérogative est exprimée par |D suivi d'un espace fruste dont il ne reste que le D initial et qui permet de compléter conjecturalement à peu près "jb/D mnS "IIK^X « les autres gouverneurs du roi d'Assur ». La ligne devait se terminer par les deux lettres X^ qui forment avec le groupe ^D de la ligne suivante le mot ^DX « mon père ».

Ligne 11. Le sens du passage qui se déroule sur cette ligne et se continue sur la plus grande partie de la ligne suivante ne laisse rien à désirer au point de vue de la clarté. Faisons

seulement remarquer que la négation hébraïque xb est orthographiée ici )^ avec % et cette circonstance a induit M. Sachau

îi y voir la particule conditionnelle Y) « si, quand même »*. Cette orthographe montre bien que les Hétéens prononçaient lo comme les Hébreux et non la comme les Araméens ; la prononciation de bj^D sera aussi bj^B et non bj^H- Une correction d'une nature purement graphique s'impose au sujet du monosyllabe ^D qui est sans aucun doute altéré de ^3 « car, parce que »; Tinadvertance remonte au lapicide. La conjonction ^3, si* fréquente en hébreu, n'est pas usitée en araméen.

C'est avec raison que M. Sachau corrige en ^2D2 le groupe impossible ÎjDD que porte le fac-similé. L'hétéen tjj^;^ tHU est synonyme de l'hébreu ^i2D p^înn(Zacharie, V11I523) qui, partant de l'idée matérielle de « saisir l'aile », exprimant Thabitude instinctive des petits oiseaux de se cramponner aux ailes de leur père lorsqu'il les emporte dans un refuge plus sûr que leur ancien nid, aboutit à l'idée générale de se réfugier auprès de quelqu'un et de se confier à sa protection.

Dans nXID « son seigneur » nous avons le terme araméen

HTïD qui est remplacé par pX dans les dialectes hébréo-phéni-

ciens; néanmoins l'existence très ancienne de ce terme en Palestine résulte, ainsi que je l'ai établi dans ma première

étude, du nom de ville |xho [10'^, qui signifie visiblement

« Simrôn est notre seigneur ».

Après le nom de "^VDH on distingue encore les lettres ni suivies de deux silhouettes qui peuvent être les traces de ^ j ; ce serait peut-être l'adjectif ^^Dm qui équivaut aux formes plus simples |0m et Dim « miséricordieux » (Lamentations, IV, 10).

La fin de cette ligne se restitue avec certitude "ibo ' plî^DI « et par la justice du roi (d'Assur) ».

Ligne 12. Le verbe ^ns émane évidemment du substantif r\r\Q « gouverneur, préfet », qui paraît être d'origine assy-

1. M. MUller traduit : « [Es schloss sich nîcht dem Feinde des Kônigs von Assur an] mein Vater, wenn or auch viel Sîlber besass und viel Gk)ld. » Je crois que la conjonction au passé aurait été exprimée par ^2 ^H et non par «j^.

rienne. L'autre verbe sémitique commun înS* rend ici la nuance de « posséder » qui se révèle particulièrement dans le substantif hébreu H^nX « possession »; le sujet de ces deux verbes est naturellement ^DX « mon père » de la ligne précédente.

Je prends maintenant la forme nSjn non pas pour le nom du pays de Hani, voisin de Sam'al, ainsi que je Tavais pensé au début de ces études, mais pour le verbe ^^H = héb. njn au sens transitif de «établir»^ nX3n serait, si je ne me trompe, pour »TJn : « H Ta établi »; la transition de ^ en X est fréquente dans Thébreu de basse époque.

Le sens le plus simple de la composition •)!lD"^DbD me paraît être « rois de grandeur » = de grands rois, bien que la comparaison avec Tassyrien kibrat « région », amènerait pour rhétéen ^IDD le sens plus vaste de « monde ». La suite consiste dans un seul mot qui a l'air d'être IDti^DD « dans le gouvernement »*, le reste est entièrement détruit, mais k la fin il devait y avoir quelque chose comme HDp ' ^im « et il était avec lui », qui se rattache très bien au membre de phrase qui commence la ligne suivante.

Ligne 1.3. Contrairement à ce que je croyais au début, le mot bjsbjD ne peut pas se traduire par « dans le domaine (?) ou cercle » (= héb. bzb^i « roue, cercle »)'•, ce doit être plutôt rinfinitif du verbe hébreu bjibjl qui signifie d'abord « faire rouler » et plus tard « amener avec force ». On connaît le dicton talmudique : ^iOl n'^ bv HlDî ["ïbjbjD (T. B. Bababatraj p. 119) « Dieu amène les bonnes œuvres par les mains d'hommes de mérite ». Il s'agit de mouvements de troupes que Tiglatpiléser, roi d'Assyrie, faisait effectuer sur les limites extrêmes de son vaste empire en transférant leurs campements de l'orient à l'occident-, le roi.de Sam'al concourait à

1. Ainsi d'après ma copie, confirmée par Vestampage. La lecture i^KT faisant supposer que le ins précédent est également un substantif a obligé les autres interprètes soit à entendre par Texpression « mon frère Ya'dî » celle de « mon pays Ya*dî » (A. S.), soit k voir dans ^j^^ « les rois secondaires {die Nebenkônigé) de Ya'dî ».

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