‹ Les deux inscriptions hétéennes de ZindjîrlîChapitre 24 sur 42 · MM. Nôldcke et Muller ne Tont pas trouvé davantage · texte numérisé non relu

MM. Nôldcke et Muller ne Tont pas trouvé davantage

2. Je ne m'explique pas comment M. Muller a pu voir dans i^Sd l'état absolu araméen i::Sd ^ roj^auté », surtout après avoir reconnu lui-même

qu'il aurait fallu du moins ^^hlO 'H' Sur l'absence de cette forme dans les deux grandes inscriptions, voyez la section relative à la langue hétéenue.

npbl ' « Et (son seigneur le roi d'Assur) a pris » est effacé ; néanmoins, il semble s'agir d'une certaine sorte de pierre que le roi d'Assyrie choisît pour en faire le monument funéraire (2^DJ) de son fidèle vassal. Appuyé sur cette considération, on peut rétablir avec quelque probabilité à la fin de cette ligne le mot pX « pierre », et après un intervalle vide les lettres JDl qui, avec le ^ de la ligne suivante, forment le verbe ^J31 « et a construit », qui s'emploie en effet avec 2^DJ; comparez l'expression mischnaïtique llDp bj? 2^DJ ^b pJID {Sheqalimy chap. ii) « on lui construit un monument sur le tombeau ».

Ligne 18. Le complément direct du verbe ro Dpm « et il lui a érigé » consiste dans le groupe obscur ^ 'É^D dont la troisième lettre peut être un n, un 3 ou tout au plus un J, mais ni ^n\DD ni ^:i]Dî2 n'offrent aucun sens acceptable, et, de plus, ne cadrent point avec le verbe, attestant qu'il s'agit d'un objet commémoratif. Reste la seule transcription possible

^^'^D qui rappelle aussitôt le n^SÎJ^D pX « la pierre ornée d'images » que le législateur monothéiste défend d'ériger en Palestine DDinS3 ID^n vh (le même verbe qu'ici!) et près de laquelle les passants faisaient leurs dévotions, mnnï^nb nvV (Lévitique, xxvi, 1)', le même usage est impliqué pour la Syrie par l'addition du mot niND « près de la route ». Le mot pX peut s'éliminer en hébreu et le sens fondamental reste attaché à r^'^DU^O seul (Nombres, xxxiii, 52) 5 c'est le même fait qui se constate dans notre passage ^

*lDyn est certain, malgré l'altération du y sur le fac-similé. T^k'ît' ne saurait vouloir dire « en Assyrie»; d'abord, ce nom géographique est toujours écrit IV^X avec V, ensuite, parce que le transport du cadavre partout ailleurs que dans son royaume est peu vraisemblable. Il y a donc lieu de lire "llJ^xb « dans l'endroit » (qui lui avait été destiné). Le transfère-

ment eut lieu « dans des jours de grande chaleur », c'est ainsi que je propose de traduire les mots [D]l2^ ' ^DVD; le second de

1. M. Nôldeke considère aussi la lecture ^310 « Trauerfeier » {A, L S») oomme impossible.

ces mots me semble coïncider avec l'hébreu D*1Î2}. On ne saura

jamais combien de mots il y avait encore sur cette ligne, mais il est probable qu'elle se terminait par les lettres 331, qui, joints au groupe n^ de la ligne suivante, composaient le verbe HODl « et Ta pleuré », qui convient parfaitement au contexte.

Ligne 19. Par Texpression « la maison royale tout entière », nbD ' nrO'Z s'entend la famille du roi restée dans sa capitale. La phrase suivante est des plus claires et la restitution du mot pnïD, dont les trois premières lettres sont très frustes, est d'une certitude absolue. A remarquer Toubli d'un 1 dans le nom propre D3"l[ljD. Après [m2^]N'"lbD, on complète aisément [DU^D ' bj^J « sur le siège de », qui se rattache très bien au mot ^DX de la ligne suivante.

Ligne 20. L'espace fruste après p ne peut pas avoir contenu les mots ^[DN'ISîb] « à la mémoire de mon père », comme le suppose M. Sachau. Dans ce cas, le b de IDJJsb serait peu correct; il faut penser plutôt à ^2S*!?*SD « j*ai placé cette stèle ici à mon père Panammou ». Le mot effacé qui suit le nom "l!^1D n'est pas non plus H^JDV, le fac-similé offre assez distinctement n * * D1, groupe impossible à compléter avec vraisemblance-, encore moins serait-il prudent de chercher une combinaison pour remplir la fin de cette ligne après les deux lettres îDD ou 2^3.

Ligne 21. "IDSl ne doit pas être pris pour un substantif « et un ordre» {urid ein Befehl, A. S., p. 87); c'est sans aucun doute un verbe « et a ordonné » dont le sujet est le roi d'Assyrie mentionné après le second verbe. En revanche, la signification de mtl^DD a été bien déterminée par M. Sachau

qui l'a comparé à l'hébreu niNE^DB « en ce qui concerne les contributions » {betreffend der Mgàberiy A. S., p. 78).

Le sens de la phrase suivante ne me paraît pas avoir été compris jusqu'ici. ^D^ ne saurait être le mot J\y^ « produit »,

qui n'a jamais le sens de « revenus » {EinkUnfte, A. S.); on doit y voir plutôt l'hébreu b^V « rivière, ruisseau »; la composition TON by^f dont le second terme se lit probablement

[DX/ a toutes les chances d'être synonyme de Thébreu bnj |n^N (Deutéronome, xxi, 4) « ruisseau d'eaux permanentes, qui coulent toujours », en opposition avec DT3X (bni) « ruisseau intermittent » (Jérémie, xv, 18).

Le mot qui suit n'offre que trois lettres certaines, • .CD^; la tentative d'y joindre un n ne mène à rien. Comme c'est un verbe qui régit la préposition bj?, on n'a guère l'embarras du choix et Ton est forcément amené au verbe "1DD qui remplit cette condition; et comme, d'autre part, il nous faut un sens transitif qui exige un complément direct, il devient évident que la leçon primitive était nSDD^. En la restituant, la phrase se comprend à la perfection et aide même à comprendre la phrase suivante. Le sujet en est indubitablement 1[Vk!^«] "ibo et le suffixe n se rapporte à 3Ï3 \ « Et le roi d'Assur a placé (la stèle) près d'un ruisseau d'eaux permanentes. »

La nouvelle phrase ne présente plus aucune difficulté. Quand

on restitue le groupe fruste X • V en NpV = NÏV, on obtient le sens excellent « et il a fait couler un ruisseau devant le tombeau de mon père Panammou », c'est-à-dire : il y amena Teau au moyen d'un canal qu'il avait fait creuser.

Sur la natui-e de la phrase qui devait terminer cette ligne, je ne saurais émettre aucune supposition.

Ligne 22. Les mots H^T'ISTI présentent de grandes difficultés. Au premier aspect on est tenté d'y voir la composition d'un nom I^T « monument », avec l'adjectif démonstratif

n3T« ce » {und dies Denkmalj A. S., 81); mais, dans ce cas, il serait indispensable de dire HiT n*l3T. On ne saurait pas non plus y mettre le sens de « et un monument est ceci », car cette inversion n'a aucune raison d'être, mais le pire est que les interprétations que je viens d'exposer sont incapables de présenter un sens qui cadre avec le reste de la phrase, car les mots qui suivent immédiatement, Hin ND NH, ne comportent point la signification de «est la possession (?) de Hadad » {ist der Besltz (?) des Hadad, A. S., p. 81). S'il y avait du moins TIH SD bj? NH, on pourrait traduire « et ce monument est fait par l'ordre (^S bV) ^^ Hadad », mais ND seul ne

peut pas avoir le sens de « par Tordre de »• Je ne vois qu'âne seule possibilité, c'est de chercher dans 13 T un participe

actif ("l2T ou IDT) « et celui qui rappelle ou atteste cela est

ici, savoir Hadad, ainsi que El et Rekoubel, etc. »; XD est

rhébreu ND ou nS « ici ». Dans nJT on a un exemple unique de la forme de l'état emphatique araméen.

Le dieu Rekoubel reçoit ici le titre de n^D bj?3 « maître de la maison »; cela semble indiquer que cette stèle était placée dans un temple consacré à ce dieu. La fin de la ligne ne montre aucune trace d'écriture.

Ligne 23. ^rDii « les dieux » forme contrepoids à t!!iX, qui désigne collectivement les « hommes »; la même composition se trouve dans la stèle de Têma (UTJNl jn^NV 20); dans la Bible D^ll}^H^ DM^N et au singulier UTiNl nbx sont très fréquents.

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