j^j^ • N01D 1<5 trône de mon père
• pSo ■ nyïDn au milieu de grands
*1C3 ' 'hn ' Tnil rois, possesseurs d'argent
11 irTï • ^Sysi et possesseurs d'or. ...
12 'nnau^n et je (elle?) l'ai (Ta?) mis
dans un état meilleur
13 mai • pSn * Tn ' n*»! * Vû <1U® l* maison de n'importe lequel
des grands rois
14 K^dS^'^HN- • • • • • • mes frères, les rois.
18 Minu? n^l * NHS Ainsi, l'une était une maison
d'hiver
19 n^i^ • ni3 • j^HT ' DhS VOvlt eux, et l'autre une maison
d'été';
20 • nj'ï ' NÏT»! ■ n^32 • njKI Quant à moi, j'ai construit cette
maison -ci.
An.
. . .V pip "»î* 7 ^^ sacrifice à (Eekoubel?)^
• • [TbSa* °l wh'XO P'ès de trente rois'. . .
. . . [)]2ii ' pTXl par la justice de mon père [et
par la mienne, il m'a fait asseoir sur le trô]r^3]« ' ND "6 ^0 ™<^" père.
La Langue hétéenne.
Un regard jeté sur les textes expliqués précédemment fait voir qu'au viii*^ siècle avant J.-C. le roi de Sam'al, nommé Barrekoûb, fils de Bîirçour, a fait graver des inscriptions en deux dialectes qui, malgré leur ressemblance parfois très étroite, se distinguent Tun de Tautre par des traits tellement tranchés qu'il est impossible de les confondre. Ce fait constaté, on se demande si ce sont là des dialectes indigènes du pays ou bien si Tun d'eux est d'origine étrangère et aurait été importé à la suite d'événements historiques. Après réflexion, la première hypothèse se montre privée de toute base scientifique. L'araméen tel que nous le présentent les inscriptions Ai et An se trouve sur toute l'étendue du sémitisme septentrional, à Ninive, à Babylone, à Têma et jusqu'en Asie Mineure et en Egypte, c'est-à-dire dans des pays qui sont non seulement éloignés les uns des autres, mais appartiennent soit au domaine d'autres langues sémitiques, soit même à des régions non sémitiques.
1. Non « 80 ist es ein Haus des Winters fîir sic und es ist cin Haus des Sommers » {A. L S., p. 44), phrase dont je ne saisis pas bien le sens.
2. Il s'agit probablement de vases (cf. Deutéronome, vu) dont oti se servait pour les sacrifices, les nSTDn >Sd des Hébreux (Exode, xxxviii, 3). M. Mtiller traduit : « Die[8es Denkmal (?)] welches wir darbrachten dem... » {A. L S., p. 43, note 1), mais le verbe ^ip dé»igne-t-il l'érection d'un monument?
3. Non « ich sowie dreissig Kônige [meine Briidcr] » (ibidem)] dans ce cas il aurait fallu ï^SuTV
La langue d'un petit pays comme Sam'al, qui n'a à son avoir aucun bagage de conquêtes ou de civilisation marquante, n'aurait pu prendre une telle extension ni par elle-même ni par une faveur particulière de la part de quelque grand conquérant. Dans la plupart des contrées que nous venions de citer, l'usage de l'araméen est dû à des personnages étrangers au pays qui exerçaient des fonctions dans l'administration locale ou gouvernementale. 11 n'existe donc pas le moindre doute que, dans le Sam'al comme dans tant d'autres pays, l'araméen n'était que la langue officielle employée par l'administration assyrienne, tandis que l'autre dialecte, celui dans lequel est rédigée la première inscription de Barrekoûb et surtout celle beaucoup plus ancienne de la stèle de Hadad était, selon toute évidence, l'idiome indigène du royaume de Sam'al.
Mais ce dialecte, qui se distinguait d'une manière remarquable de l'araméen officiel, était-il confiné au Sam'al seul ou bien s'étendait-il sur une région plus vaste, et dans ce dernier cas, quelles étaient ses limites naturelles? Voilà les questions qui se présentent aussitôt k notre curiosité qui n'est certainement pas hors de propos à ce sujet. Elle peut être satisfaite grâce à quelques renseignements épars jusqu'à présent qui ne demandent qu'à être réunis pour nous fournir une réponse.
Il faut d'abord, ce me semble, renoncer à toute supposition qui chercherait à prolonger trop loin vers le nord l'aire de l'idiome précité ou même d'un idiome analogue. Tout au plus peut-on comprendre dans le domaine sémitique une partie du royaume de Hanigalbé ou Hanigalbat, resté jusqu'à l'époque arabe sous le nom de Oulbaf et qui est situé, selon les géographes musulmans, entre Antioche et Marasch, c'est-à-dire dans le voisinage immédiat du Sam'al. A plus forte raison est-il impossible d'attribuer aux Sémites le royaume plus septentrional de Gamgum, dont la capitale était Marqasiy le Marasch d'aujourd'hui. La physionomie sémitique de ce nom, fût-elle même indubitable, ne prouverait nullement l'origine sémitique des habitants de ce pays. C'est ainsi que l'appellation sémitique de
l'Égypte^^, D^IV/D n'implique point le sémitismede la population égyptienne. On verra tout à l'heure que ni le Hanigalbé,
ni le Gamgum, ni le Kummuh (la Commagène) n'ont jamais fait partie de la Syrie, bien que Sargon désigne ce dernier pays par les mots « qui est au milieu de Hatti » {sha ina kirib mat Hatie). Le nom de Hatte, par suite d'une simple commodité de localisation, peut désigner en gros les régions limitrophes de l'extrémité septentrionale du monde sémitique et même comprendre la totalité des territoires situés au sud du Taurus vers le nord et celui de la Syrie du sud avec la Judée et ridumée. Au point de vue administratif, l'extension donnée à ce nom a pu avoir son utilité \ au point de vue des langues et des races, le Hatti resta plutôt en deçà qu'au delà de la ligne allant du Sam'al à TEuphrate, et à ce sujet la meilleure preuve que nous puissions désirer est bien le nom même du royaume de Barrekoûb. Si les Sémites ont appelé ce pays « le Nord » par excellence, c'est qu'ils regardaient leurs voisins du septentrion comme une race différente. On fera bien de s'en tenir à cet avis.
Du côté du sud la limite est moins facile à tracer. La découverte de nos inscriptions a renversé à tout jamais l'hypothèse qui faisait des Hatti ou Hétéens une population non sémitique. Le sémitisme du Sam al entraîne, par un argument a fortiori j celui des populations plus méridionales comme les Patiniens, les Karkémisiens, les habitants d'Arpad, de Halman (Alep) et de Bit-Adini, le py ^J3 de la Bible. Personne n'osera affirmer, sans apporter des preuves convaincantes, l'existence d'un flot de peuples allophyles dans un milieu sémitique. L'aventure du « sumérien » en Babylonie ne sera pas perdue pour les esprits sérieux. L'homogénéité linguistique du Héta tout entier, de TAmanus à l'Euphrate et du Liban au Sam'al (cf. Josué, i, 4) peut être admise en toute confiance, et cette circonstance nous autorise à dénommer la langue du Sam'al la langue hétéenne tout court, sans exclure l'existence possible et même vraisemblable de variétés locales.
Les divisions territoriales étant d'ordinaire des plus tenaces, la donnée unanime des géographes grecs selon laquelle la Phénîcie commençait à Paltos (aujourd'hui Belclé) est de nature à faire croire que le Héta se terminait, du côté de la mer, par la localité voisine de Qabala, dont le nom bSJ! « terme, limite »
indiquerait précisément cette ligne de séparation. Vers Test, au sud de TEuphrate, Thétéen rencontrait les tribus du désert qui étaient toutes d'origine araméenne.
Ayant fixé le nom, nous allons envisager la chose-, l'aperçu suivant fera voir les traits les plus caractéristiques du nouvel idionle, mais, pour qu'il soit vraiment utile, nous prendrons des précautions que les autres chercheurs avaient négligées, ce qui a fait notablement dévier les conclusions qu'ils en ont tirées concernant les rapports de Thétéen et de Taraméen. Le résultat de leurs recherches repose sur l'idée préconçue que les deux inscriptions hétéennes représentent un même état linguistique; en réalité elles réfléchissent deux états de développement différents et très instructifs dont il faut tenir compte sous peine' de s'égarer dans des théories arbitraires et stériles.
Aperçu des particularités de la langue hétéeistne.