Inscription de Naram-Sin
Naram-Sln [2] ^r [^] kibn'itim [4] arbaim (5] karpatu [6] nam-ra-ak [7]
Magan-ki.
TBÂDUOTION
Col. I, 5-G< Sargon, parti soua ce pi'onoatic pQur Ia Syro- Phcnide,
subjugua ce pays et ^'empara des quatre régions du monde-
L, 13-14. Sargon^ parti bous ce pronoetic pour la Syro-Phéniciu^ subjugua ce paya et b cmpara^dea quatre régiona <lu monde,
L. 16-18. Sargou, parti sous ce pronostic pour la Syro-Phéniciei . * ses grands. , .
Li. 22-26. Sargou, parti sous t^c pronostic vera [le pays de roueat], monta sur, . ,; il n'eut pas do rivai; son autorité se répandit sur ïo paya; H passa la mer du HoleiL couchant ; il resta trois aus dans Fouest et s'empara du pays. Il ordonna de ftiire le choix d'un lieu (consacré) et plaça ses statues dans le paya do l'ouest. Il transporta le butin par terre et par mer.
CoL 11, 5-9. Sous ce pronostic, Sargou fit pUer devant son épëe les habitants de la totalité du pays de Suri. Sargou colonisa leurs demeures^ leur infligea une défaite ruineuse, [battit?] leurs nombreux guerriers > inspecta ses troupes et les fît rentrer dans Agade,
L. 16-1^, Naram-Sin, parti sous ce pronostic pour TEgypte, sWipara de ce paya et prit de sa main* . . le roi d*p]^yptc*
2* Iiucription de Naram-Sin.
Naram-Sin^ roi des quatre régions. Yaae (fahant partie) du butin de
rÉgypte.
Ces inscriptions, dont l'authenticité n'est pas susceptible d'une ombre de doute, nous font voir que, dès Tan 3800 avant notre ère, les rois babyloniens avaient cherché à s'emparer de la Syrie j en vue de passer de là en Egypte* Ces vieux rois, contemporainSf peut-être prédécesseurs des constructeurs des pyramides, avaient déjà convoité les richesses de la vallée du Nil et s'efforçaient de s'en rendre mattres. Nous avons probablement dans ce ftiit si inattendu la première exécution d'un projet qui hantait à ce moment déjà l'esprit des monarques babyloniens et qui est devenu chez eux comme une sorte de tradition comparable à celle de ta cour de Russie relativement à la possession de Constantinople. Tous les mouvements ultérieurs des rois assyro-baby Ioniens vers Touest n'avaient en vue que la possession de l'Egypte. La formidable poussée des armées orientales sous la conduite des rois réputés pasteurs ou Hycsos, dont l'origine babylonienne ne me paraît pas douteuse, réalisa pendant quelques siècles le rêve de Sargon P' et de
son filB Naram-Sin ; mais, après le réveil delà nationalité égyptienne sous AhmèSj le fondateur de la xviii*' dynastie qui chassa les Hycsoa, les rois d'Egypte, pour avoir du repos chez euxj se virent obligés de mettre la main sur la plus grande partie de la Syrie. Tutmès III réussît à en faire une province de riîgyp te. L'extrême nord, qui est le Hatti proprement dit, résista seul, et pour lui enlever tout désir d'expansion, il conclut des alliances matrimaniales avec les rois de la Cappadoce et les gagna à sa cause.
Durant les longs siècles de la prépondérance babylonienne, le Hatti fut le plus affecté du va-et-vient des guerriers orientaux. La route ordinaire de la Mésopotamie en Egypte, à partir de Earkemisch, le traversait dans toute sa longueur, tandis que celle qui conduisait de la Mésopotamie vers le mont Aman us le traversait dans toute sa largeur et battait surtout le territoire de Ya'dî qui était contigu à cette montagne, laquelle, dès les temps les plus reculés, fournissait le bois de construction pour les palais babyloniens- Combien de temps le gouvernement babylonien s'cst-il maintenu dans le Hatti sans avoir rencontré une sérieuse résistance? Nous ne le saurons peut-être jamais. Cependant, à un moment donné, nous voyons le nom de Hatti désigner un royaume uni et adversaire de la Babylonie. Ce revirement se manifeste dans les passages ciaprès que j'extrais des tablettes augurales parues dans R. III, 00, coK I, 37, îîB, otîj 45, 47.
Umu XFi~u fLtiilu isakkan ^ar Akkad-ki imat Nergal ma mat ikkal.
Utnit nx-k atatu isukkan sur mat hatti sunda sar mat liaati UcbUima kuft&â î^bbat*
Umit XV uatalu isjikkaii mar sarri abîAu îdakmakueBH l^abbat u Dakf u itebbima mata ikkal.
Uinu XVI -u atalu isakkan sar mat ahiti !>uma sblv mat haatl itebbima ku^ga i^bbat ^uunu ina ^amtj melu ina tiaqbi Ibaddaqu.
ÎRADUCTIOH
Si le aeizîëme jour (du mois d'Ab) une écllpae a lieu, le toi d'Acead (= Babylonie) mourra et Nergal (dien des enfere) causera des deitnietiona (mut à mot : « m angora ï>) dans U paya*
Sî le vingtième jour uuo éclipse a lieu, le roi de Hatti idem (c'eat-ànlire m mourra »); le roi du paya de îa Vïe (c= Babylonie) viendra et e^emparera de aou trône.
Si l€c[uJDzièmcjour(duTnQi8 d^éloul) une éclipse a Heii^ le file du roi tticra Bon père et s'emparera de son trôce; l'ennemi vientlra et ruinera* le pays.
Si le aeizieuie jour une éclipse a lieu, le prince du paya ennemi * tdem (c'est-à-dire « tuera son père ») et S'emparera de son trône, le rot du pays de la vie {^= Bubylonie) viendra et s'emparera de son troue, La pluie (tombera) du ciel et 1e^ Hots couleront dans le^ cau^LUXÉ
Cet état d'hostilité dans lequel le II ait i apparaît comme tenant seul tûte aux ineu riions babyloniennes ne peut se placer qu'avant la conquête égyptienne de la basse et moyenne Syrie. Je rangerai aussi dans la même période Tinscription d'Agum-kak-rimi qui mentionne le retour de la statue de Marduk du pays de Hani^ voisin de celui de Sam'al^ dans le tempie de Babylone.
Col. I. [1 Agum] kakrime [2j mar TasHÎgurumas (?). - . [^-î 1-341 ^^^ KaAsi u Akkadi ^ar mat babili rapa^tim. . . [44-58] iuu ilu Marduk bel e-sag-ila ù babilî-ki [ilanji rabuti ii]napîsunu ellim ana babili-ki taarsu iqbû ilu Marduk ana tin-tir-ki. , . paui.'^u iskuiin. . . ilu Marduk, . . aa< . . Cah II [1- ] akpud attaidnm aua like ilu Marduk aiia babili -kl panisu askunma tappût ilu Marduk raim palêa allikma sar ilu èamas ina puhiidr ameln hal aAalma ana mati ruiiti ana mat ban î lûaspurma qat ilu Marduk Ci ilu ï^^rpauitum tu i^batunimma ilu Marduk u ilu t^arpanïtum raim palêa ana e-sag-îla u babili lu-utirsuuuti.
TBAPJJOTION
(Moi) Agumkakriuii^ fils de TaH!^iguruma.s. . , je suis roi de Kaèsî et d'Aec4id, roi de la vaste Babylonie. Lorsque les dieux me cbargèrent de faire revenir à Babylone le dieu Marduk, seigneur d'Esagîl de Babylone» le dieu Marduk dirigea sa face vers cette ville. Je respectai et bonorai le désir de Marduk et je me proposai de le ramt-ner à Babylone. J'accourus au secours du diiîu Marduk qui aime xnon gouvemoment. Après avoir eonsulté le dieu Sa m as dans lea intestins d'une victime (examinés) par un augure, j*envorai des messagers dans le pays éloigné de Hani ^ c«nx-ci saisirent la main de Marduk et de ï^îLfpiodt et e'est ainsi que y m ramené à Esagil et à Babylone les dieux Marduk et ï^^rpauit qui aiment mou gouverucment.
L'expédition de Tutmès III en Syrie eut sans doute pour but de rendre impossible le retour offensif des bandes babylo-
1. Il n'eât pas Hilr que l'ennemi dont il s'agit dans ee paragraphe et dans le suivant soit précitiément le roi de Hattî, mais Tanalogie des deu% premiers paragraphes rcud eût te supposition &tàâ&^ vraisemblable*
niennea contre TÉgypte^ la brouille entre les Hatti et Tempire de TEst fticilita considérablement rentreprîse^ la Syrie pasBa sans résistance sérieuse au gouvernement é^yptîen^ qui changea peu à Tétat intérieur du pnys et sembla promettre mie sûreté plus grande. Les Égyptiens, entrés en 8yrie par la côte philistéenne dont Textrémité sud formait anciennement la principauté de Daniina^ en égyptien Tanan ou Tann^ nommèrent la Syrie Ro-Tami et la di vissèrent en Ro-Tann inférieur et Ro-Tann supérieur. Ils conserv^èrent en même temps la plupart des dénominations indigènes dont les plus importantes sont i le pays (['Amaor (= as, Amuru, héb. ^ibx) pour la contrée du Liban et Kkéta pour Textrême nord. Contrairement au reste du pays, le Khéta sut sauvegarder son indépendance et ne consentit jamais à entrer avec TEgypta dans un rapport de vassalité. Il y eut quelques échanges de cadeaux et pas da's^antage. Pour le rendre plus malléable^ les rois égyptiens s'allièrent aux rois cappadociens limitrophes, qui profitèrent de toutes les occasions pour lui porter préju* dice- Les Hétéens ne se laissèrent pas intimider; ils ne ce,ssèrent de harceler les alliés et firent même des incursions dans leur pays. Une des irruptions qu'ils tentèrent dans le Mitanni leur coûta fort cher. Elle eut lieu au commencement du règne de Tuspatta, coïncidant à peu près avec celui d'AmenophisIII, vers 1520 avant Père vulgaire. Le premier écrit :
.timma abbuuainma sa «îs-ya [31] kî iddu sa lib (?) bî mat batta [32] gappamrna ki lÛ-kùr -meè una mattiya [33] ittalka en-iin bdi aua qatiya [34] îddiu^îiima û adduksu [351 ihtu gnbbisuDu .sa îna luattisu sa idurii yanu-
[36] Anuœa i ie-kU-é-bat n ïb-kur-ra-mas [37] ï liFKuharu i sal-mliartum [38] wa hubti sa mat hatti ultobîlakku.
Je porte aufisi k la contiaîseanco de ïuou frère que de rintcricur do toas le» pays de Hatti des cnneiriis avaiiiDtfait irrujition dausnion pays. Le dieu Hadad les <t livi'és dans mes mains ^ je lea ai tuéfl. Pas un Beul d^entre eui n'est retourné dans aon payi.
Maintenant je t'envoie un ebar, deux chevaux^ un jeune homme et une jeune fiUe qui prnviiinnent du butid du pays de Hatti.
La connaissance de cette défaite subie ,par les Hétéens de la part du roî de Mitanni noua explique pourquoi les premiers dirigent plus tard leurs atkiques exclusivement du côté du
sud et pourquoi ils cherchent même à entrer en composition avec le Mitanni et la Babylonie an détriment des intérêts égyptiens- Elle a en outre cette importance particulière pour nous de fournir la preuve documentaire que le Mitaoni, qui n'ept pas plus septentrional que le Hanigalbé, était un pays non hétéen et que le domaine sémitique ne dépassait pas le paj'S de iSam'al^ points que nous avons dégagés précédemment d'indices de tout autre nature.
Arrêtés du côté du nord, les Hétéens tentèrent de s'étendre du côté du sud. Ils remportèrent cette fois un succès complet. Ils réussirent non seulement à unifier les diverses parties de leur pays sous le sceptre d'un seul roi, mais ils annexèrent les provinces de la Syrie moyenne jusqu'à Qedeschy sur rOronte, au sud de Hamath, après avoir poussé leurs razzias jusqu'à la ville galiléenne de Qafna, d'où ils enlevèrent la statue du dieu soleil égyptien queTutmès IIP y avait placée. Qedesch figura longtemps comme la forteresse la plus méridionale des Hétéens et c'est prte de ses murs que se déroulèrent souvent les bataillas entre les deux adversaires. Les rois égyptiens feignirent de considérer la prise de cette ville comme la fin d'une campagne heureuse et entonnèrent des chants de triomphe en retournant chez eux avec un butin amassé un peu partout. En réalité, les Hétéens restèrent toujours maîtres de la forteresse et ne purent jamais en être définitivement délogés. Ils finirent même par s'emparer du pays de NuhawSo (« pava du cuivre » = riDÎï D"iS)j avec sa capitale Dunip
ou Tunip, qui est probablement l'Héliopolis de Cœlé-Syrîe, le Baalbcc d'aujourd'hui. Encore du temps de Joram, fils d'Achab, roi de Juda, vers la fin du ix' siècle avant notre ère, les Hétéens étaient les voisins immédiats de la Damascène (II Rois, vu, 6), Cependant, durant les cinq siècles qui séparent leurs débuts d'agrandissement de Tépoque de Joram, les Hétéens ont passé par des états de fortune très variés qui ne sont pas encore suffisamment connus.
Ils atteignirent l'apogée de leur puissance sous Khétassar, fils de Marassar, fils de Saplul, qui succéda à son frère Matner sur
t. Lettre à'Akwl k Kammunya 274 (B. M, 36), traduite plus tiaut à la pa^31G.
le trône dii Hattî pendant le règne du roi ég;>'ptien Ramsès II, avec lequel il conclut un traité d'alliance défensive et offensive (vers 1200 avant J*-G.), stipulant des droite égaux poup la"* deux paysV
La facilité avec laquelle ce traité si peu flatteur pour Torgueîi égyptien a été accepté par Eamsès II montre tien qu*il y avait imminence d'un péril commun quil fallait conjurer par des forces unies. En eifet, ver? cette époque, les populations du Taurus commençaient à s*agiter et à formel le projet de se donner de Taîr dn côté du snd- Depuis longtemps déjà les Hétéens se servaient de ces rudes montagnards en guise de mercenaires et plusieurs d'entre eux obtenaient de hauts f^radea militaires et civils. Les récita officiels des batailles avec les Khétas offrent une foule de noms anatoliens et les bas-reliefs les représentent souvent sous leur type particulier. Le manque, chez les Égyptiens, d'un nom ethnique distinct pour les individus de cette race a même été la source de r identification erronée des Hétéens avec les Anatoliens, Cependant, ces étrangers ne formaient alors qu'une classe d'employés se déplaçant au premier appel et surtout cantonnés dans les forteresses frontières. Le mouvement dont il s'agit menaçait de prendre une tournure toute différente- Pendant quarante-six ans, ralliance avec TÉgypte intimida les peuplades du nord et le prince du Khéta donna sa fille à Hamsés II et visita TEgypte, accompagné de ses principaux vassaux. Les troubles qui affaiblirent TÉgypte sous les successeurs de Bamsès II eurent leur contre-coup sur le Khéta. Les peuples du Taurus, fortifiés par leurs congénères de l'Asie Mineurcj tombèrent à l'improviste sur les Hétéens qulls écrasèrent complètement, et, après avoir ramassé sur leur route les contingents de plusieurs villes, marchèrent droit sur l'Egypte*. Repoussés de cette contrée par Ramsès III, ils s'établirent solidement dana le Ilatti et s'emparèrent du gouvernement. La durée de cette dynastie usurpatrice doit avoir été assex longue } elle était en tout cas assez prospère pour élever dans le pays d^ monuments à inscriptions anatoliennes, composées de ces
1* Gr. Maspora» Jïùtofrç ancieTimdiê peiipk» dk l'Oriait, p* 226-