‹ Les deux inscriptions hétéennes de ZindjîrlîChapitre 36 sur 42 · I BoiSf s · texte numérisé non relu

I BoiSf s

Sous le rè^ne de ÏUman-Nirarî III (81:^-783), les Assyriens envahirent de nouveau la Syrie; aux anciennes conquêtes furent ajoutés Tyr, Sidon, le pays d'Omrï ou le royaume dlsraôi, ridumée et la Phi listée, Damas se soumit après une longue résistance, et son roîj Mari' (NHD) dut payer une énorme rançon. C'est probablement par suite de ce nouvel état de choses que Qorulj père de Pananmiou I", put monter sur letnme de Ya'di, à la place de Hayan ou de son successeurj qui aurait encouru la défaveur du grand roî assyrien . A en juger par son nom et par celui de son fils, le nouveau dynaste de Ya'di appartenait à une famille araméenne domiciliée depuis longtemps dans une province a^yrienne de rAsie-MineurCj comme la Mélitène ou la Cappadoce- Les Araméens adoptaient facilenient les noms étrang^ers et s'assimilaient volontiers aux habitants des pays qu'ils étaient appelés à administrer.

Quelle a été la durée du règ^ne de Qorul? Nous T ignorons. Nous no sommes pas mieux informés sur la longueur des règnes suivants, La comparaison des deux grandes inscriptions interprétées plus haut nous apprend du moins les alternatives de prospérité et de misère par lesquelles passa cette dynastie dans l'espace d'un siècle à peine quil lui a été donné d'exister. En occupant le trône de Ya'di, Qorul fit tout son possible pour fortifier sa position et cette tiiche lui réussît assez bien; son règne ne fut pas troublé, mais les ressources lui manquaient pour entreprendre les grandes constructions qu'il s'était proposé d'élever en Tbonneur des divinités, ce qui était alors le moyen le plus efficace de se concilier les sufiDrages du pays. Son fils Panammou inaugura son gouvernement sous d^heureux auspices, La dynastie fut généralement reconnue; la prospérité du pays augmenta par suite de récoltes très abondantes; les monuments projetés par son père furent élevés avec grande magnificence, ainsi que la stèle consacrée au dieu Hadad \ tout semblait concourir pour rendre son règne paisible et heureux, quand un coup foudroyant fit écrouler subitement tout Tédifice de son bonheur.

Le frère de Panammou, Bargour, qui gouvernait probablement un district limitrophe du pays de Shoubar, s'attira la vengeance du roi dece pays. Celui-ci tomba à Timproviste sur ce

district, tua Barçour avec Boixante-dix de ses familiers^ prît les chars de g^uerre, enleva les femmes, emprisonna lea hommes et ruina la plupart des villes. Il parvint même à massacrer le roi Panammou et son fils qui devait lui succéder. Le trône de Sa'mâl se trouva ainsi vacant et par suite de ces troubles il se produisit une grande famine dans le pays* C'est alors que Panammou^ fils de Barçour^ qui, plus heureux qua son oncle, avait réussi à s'échapper, se rendit auprès de Tiglatpiléser^ roi d'Assyrie, et sut gag^ner sa faveur d'abord par des cadeaux de grande valeur, ensuite par des services de divers ordres dans lesquels il montra une haute intelligence et une fidélité inébranlable à la cause du grand roi ninivite. Panammou II fut nommé roi de Ya'di, les fauteurs de troubles furent punis, les captifs purent réintégrer leur pays, pour lequel commença une nouvelle ère d'abondance et de prospérité- L*intronisation de Panammou II semble avoir eu lieu en 743, année dans laquelle, d'après la liste des éponymes assyriens, Tiglatpi léser a fait sa première expédition contre la ville d'Arpad en Syrie, où, chemin faisant, ila dû arranger les aifaires de .Ya*di, afin d'avoir le dos libre, La mort de Panammou II peut .aussi être déterminée à un an près, Tiglatpi léser ayant passé les deux années 733 et 732 au siège de Damas, C'est dans cette dernière année que Barrekoûb aurait pris en main le gouvernement de Ya'di. Son règne, comme celui de la totalité des princes hétéens, s'acheva à Favènement de Sargon, en 722, où les provinces hétéennes furent placées sous l'ordre de préfets nommés directement par la cour de Ninive.

Voici l'arbre généalogique provisoire des rois de Sam'âl d'après nos connaissances actuelles ;

Hayan (vera 880).

Qorul(S00'78O?).

Panammou I" (780-7*j2t), (Prm?). N'a pas régùé.

(Baryour)» N'a pas régut.

Panammou H (743 732).

Barrekofib 1,732-721), .

Dans co schèmc, il reste des doutes : 1" yiir le rèjifiie de Qabar^ 2° sur le rapport de filiation entre Hnyan ou sou fils et Qoral- 3*^ sur la durée des règnes de Hayan, de Qorul et de Panammou I*^^ celle que je suppose à ces deux derniers repose uniquement sur cette considération que le caractère de l'inscription de Panammou I" paraît être au moins de cinquante ou soixante ans plus ancien que celui de Barrekoûb.

La Mythologie HÉTÉEumE*

Jusqu'à ces dernières années^ nos connaissances de IVncienne religion de la Syrie septentrionale se réduisaient à des hypo* thèses qui réfléchissent les incertitudes relatives à la race et à la langrue qui dominaient dans ce pays. La découverte des inscriptions de Zindjîrlf, en même temps qu'elle a résolu définitivement les problèmes ethnographique et linguistique en faveur du sémitisme et plus spécialement de rhébréo-phénicisme, nous a fourni pour la première fois un document authentique pour la religion de ces fameux Hétéens qui ne présentaient naguère à notre esprit qu'une ombre bien pâle et sans contours saisissables.

Les nouvelles données religieuses qui y sont contenues se rapportent aussi bien aux divinités adorées dans le pays qu'aux croyances populaires touchant l'état de Vâme après la mort. Nous traiterons séparément ces deux sujôts mythologiques sous les désignations conciseô de Panthéon et Eschatologie,

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