‹ Les deux inscriptions hétéennes de ZindjîrlîChapitre 4 sur 42 · Les lettres douteuses sont surmontées d'un point · texte numérisé non relu

Les lettres douteuses sont surmontées d'un point

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COMMEllTAIBE

Ligne 1. HiS « moi » ; Tintroduction par le pronom de la première personne s'observe aussi dans la stèle de Mêsa' et dans plusieurs inscriptions assyriennes; elle est également maintenue dans les deux inscriptions de Panammou II, avec cette différence que celle qui est rédigée en hétéen emploie les formes phénico-hébraïques HJX et ^D3S, tandis que l'autre, qui est rédigée en araméen, montre exclusivement la forme propre à

cette lang-ue, HJN, forme qui se retrouve dans raraméen palestinien (Daniel, ii, 23) et s'écrit parfois K3S comme en araméen plus moderne.

Les noms propres 1D2D et Vlp n'ont pas un air sémitique-, ridée de voir dans le premier nom une contraction soit de 1D57i"S « bouche ou parole agréable », soit de 1DÏ?J"fD « face agréable » ne me satisfait guère. Comme il s'agit de personnages étrangers au pays, la comparaison avec le nom carien nava/^uyj; suggérée par le Rév. C. J, Bail, paraît vraisemblable. Le second, bip, rappelle sans effort le nompaphlagonien Kopvhç qui entre dans le nom de lieu Kopvhiov (Et. de Byzance, sub verbo),

La filiation est rendue par le terme "13, généralement considéré comme araméen, terme qui a été la cause principale de l'idée de ranger la langue de nos inscriptions dans la famille araméenne. Je me suis déjà expliqué à ce sujet dans mon premier travail; j'y reviendrai plus loin.

Le nom du pays, ^HX^, est transcrit provisoirement Ya'dL Comparer l'arabe "ïlX « aider » et ^nx « conduire, mener » -,

le nom propre hébreu ÎIX semble aussi être un produit d'une

de ces racines. Il me semble même que nous y avons la racine qui a donné l'assyrien edu et l'hébreu IX « flot », de telle

sorte que le nom de ^nx^ est simplement synonyme de celui de

la ville arabe de Yambo' (^). Le nom de la ville syrienne de

Mabog ^oâJJb vient également de la racine 5^33 « couler, jaillir ».

^î, pronom relatif très usité en ancien araméen (forme postérieure ^1) ; il est aussi employé dans la poésie hébraïque sous la forme lî (Exode, xv, 13).

Les mots |î 3V3 nopH « j'ai érigé cette stèle » se passent de commentaire. La forme p pour l'hébréo-phénicien HTi

î, se trouve aussi dans la stèle de Byblos. A noter l'absence de l'état déterminé ou emphatique, si caractéristique de l'idiome araméen, dans lequel il faudrait infailliblement XJÎ X3V^ ou

plutôt xî xnnvj.

Hadad porte le titre de ^obî73, qu'on pourrait traduire au besoin par « seigneur des eaux », mais je préfère jusqu'à meilleure information la traduction « seigneur du ciel » de mon premier essai, en supposant que le lapicide a écrit par inadvertance "^oby^ au lieu de '^DK^bj^n = ph. DDlI^"by3, aram. |DK^"by3. Le hétéen forme le duel et le pluriel par la désinence ^. La confusion de cette désinence avec celle du suffixe possessif de la première personne a été fatale à la conception exacte, non seulement d'un grand nombre de passages, mais de la langue elle-même que Ton a prise pour de Taraméen.

Ligne 2. En faisant ma copie au musée de Berlin, je n'ai pu voir du commencement de cette ligne que le p initial, et en suppléant quelques lettres j'ai lu nXHp « j'ai invoqué »•, la photographie fait voir distinctement les deux mots ^oyiDp «c se sont tenus à côté de moi » et un troisième qui est peu clair. La transcription inns (A. S., 51, 2) est bien douteuse, peut-être y a-t-il ^^\2^ « et m'ont conduit »•

Le sujet de ces verbes est formé par cinq dieux : IIH, bs, «]\2r"l, bN3D") et tJTDtZr, dont deux, bx et bx^DI, se présentent pour la première fois dans les inscriptions syro-phéniciennes. J'ai depuis longtemps constaté le dieu bx dans les textes sabéens, mais jusqu'ici on l'a vainement cherché ailleurs; bx^wH, au contraire, est entièrement nouveau pour nous-, ainsi que M. Sachau, je le transcris provisoirement Rekoubél.

La phrase suivante ^n^3 \r\j\ « et a donné dans ma main » a pour sujet Hadad; les autres dieux lui sont subsidiairement adjoints.

Ligne 3. Le complément du verbe |nj consiste dans les mots nn^bn "IDn. Le premier est sans doute l'hébreu ipn « rameau, bâton »; le sens de « sceptre » paraît propre au hétéen; en hébréo-araméen on emploie d'ordinaire le mot Î3312^, NîDDtl^. Le second présente une énigme assez obscure. Au premier aspect, je l'ai pris pour un mot composé de nD3b*|n « la grâce de son cœur » où le f se serait assimilé avec le ^ suivant (cf. DDbDlS pour DDbD"pî< dans une inscription phénicienne de Chypre); cette supposition doit

être abandonnée par cette raison péremptoire que la ligne 13 offre la forme ^ni^^bn, d'où il résulte que HD^bn est un substantif féminin. Cette certitude renverse en même temps ridée singulière d'y voir le nom d'un pays, Hulbaba, aussi inconnu que Ya'di (A. S., p. 65). Le sens de « majesté, royauté :/> convient assez bien à ces deux passages; nous l'admettons provisoirement.

Avec les mots ^DJ? Dp"l « et s'est tenu près de moi » commence une nouvelle phrase ayant pour sujet le dieu ftt!n. Vu de loin, ce mot m'avait paru être pDJ?, et croyant y trouver

lè nom de la contrée, en ai^yrien Unqu^ en arabe ^j^ « vallée », j'avais cru pouvoir traduire « et (Hadad) s'est arrêté avec moi dans la vallée », mais la lecture ^t!^n est trop distincte sur la photographie pour qu'on puisse s'en départir. Le groupe TDS est assez étrange à première vue. Il semble présenter la contraction des trois particules nî"nD"^N « et ce que »; il coïncide ainsi avec l'arabe !i l^. L'apparition inattendue de la particule consécutive arabe v^ est très remarquable. On pourrait songer plus simplement à ÎN"|D"^N « et de — alors = et dès lors », mais, dans ce cas. Tune des deux lettres J et X aurait dû être conservée; comparez

l'hébreu îKD et l'arabe ^: la forme encore plus contracte X^ semble d'origine trop récente pour entrer en ligne de compte. Le verbe THN (pour ÎIINN) « je tiens » a pour complément le mot ^TD de la ligne suivante.

Ligne 4. Le ^ de ^TD se supplée aisément, mais je m'abstiens de toute conjecture sur la manière dont on doit compléter les deux mots suivants représentés par les fragments . . . bs * ND. . .

Grâce à des passages parallèles qui se répètent dans la suite de l'inscription, on peut compléter avec certitude la phrase tout entière en : "h ^^^V ^hSn ' |D * bxtzrx ' TOT « et n'importe quoi je demande à mes dieux, ils me l'accordent ». TD est l'hébreu nî'HD, écrit aussi nîD, mais avec le sens de relatif.

Bien fort sera celui qui devinera le sens des mots DJt!^1 VT • by qui se lisent clairement sur le fac-similé. Ou bien

celui-ci aurait-il été quelque peu arrangé? Cette possibilité me vient à Tidée en face de la transcription VUl Dil2/"1 (A. S., p. 51, 4); une nouvelle revision sur le monument est ici indispensable ^

Ligne 5. Avant ^tj^ • p"IX « un pays d'oi^e », il devait y avoir "O * liflJI « et ils m'ont donné » ; le ^ de ^IJ^K^ semble sûr malgré la trace embrouillée de la photographie. Les lettres suivantes ^HH sont inexplicables si elles forment un mot unique. Y avait-il 5^ NH*?

Ligne 6. Comme ^Dt!^ ' p^H est parallèle avec "^DH * plN « pays de froment », on peut affirmer que ^OV est un produit de la terre, et Ton pense involontairement à Thébreu D^D-ItZ^

(aram. XDin, an >y) « ail ». L'ail était, ainsi que Toignon, très estimé dans Tantiquité comme condiment, à cause de sa qualité tonique (Nombres, xi, 5); cf. le nom de Kpo/xfxMov porté par une ville voisine d'Ascalon.

Ligne 7. 11 ne reste que trois mots intacts : plX ' ^IDJT mDT « ils cultivent le sol et la vigne » ; l'emploi de IDJ? avec le sens de « cultiver » est fréquent en hébreu; Taraméen le remplace d'ordinaire par nbs*

Ligne 8. Le premier mot, |t!^, semble bien être une orthographe défective pour ^JtJT = héb. D'»3Ï^, et. const. ^Jt!^ « deux »; l'omission du ^ est encore plus fréquente en phénicien.

Après le nom de nombre on s'attend à un substantif signifiant ou « fois » ou quelque chose comme « terrain, mesure

de superficie » (cf. pSD, ^t^); mais comment faut-il compléter

les deux consonnes .. \2^^? Dans la Mischna le mot "lt!^'»D est

presque synonyme de JISIV « parterre, terrain cultivé »; il se

peut que l'hétéen ait poi^édé un substantif ni!^^ ayant le même sens et dont nous aurions ici le pluriel [^IjtZ^*); le

1. L^estampage que M. Ëuting a bien voulu m'envoyer dans Tinter- ▼alle me semble présenter les traces de nni9Vt3 ' DV ^^i signifie peutêtre c et il (le dieu Resef) a imposé mon ordre ». Le mot "iqizTD i^evient à la ligne 10; il forme aussi le complément du verbe ]2W ^^^^ J^b, zxxvm, 33.

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