Cette lecture est confirmée par l'estampage
il (le dieu Resef) a contracté une alliance avec moi ». En hébreu , le complément indirect de mD serait dans ce cas '»nx, ^3^ ou ^b; rhétéen préfère ^3* Le substantif |DN se prononçait |DX (Isaïe, XXV, 1) ou TDK (Deutéronome, xxxii, 20).
Ligne 12. Le complément direct de 3^n = héb. HD^n « est partie 3i>, dans le sens de « disparaître :», est à ce que je crois DHî • m[Dî7] « la couronne d'or »*; je lis ensuite ^rOH € mes dieux ».
L'adverbe HD est particulier au dialecte hétéen; c'est probablement une contraction soit de ^HD « quand », soit de n^D (pour nî7"|D) « du temps », mais ayant reçu dans l'usage le sens restreint de « aussitôt » ; ce sens ressort de la comparaison des nombreux passages dans lesquels il se présente. La phrase qui suit se lit avec certitude : 1 JH'ï ' flD ' M^N ' |0 ' biWH ' nOT (1. 13) "O «^ et ce que je demande à mes dieux, aussitôt ils me le donnent » ; c'est une répétition peu variée du passage de la ligne 4.
Ligne 13. La nouvelle phrase débute par un mot qu'on peut lire à la fois 1J1N% ")31N1> 1D1X1 et même, avec un peu de bonne volonté, ÎD1N1; dans cette dernière alternative il v serait question d'un palais ou d'un temple que le roi t)1p avait consacré ou avait voulu consacrer (le verbe étant perdu dans la lacune) aux dieux (^nbx) et dont la construction, après un accident survenu durant son règne, avait été reprise par son fils Panammou. L'effet de l'accident est peut-être exprimé par le biUttère nj s'il répond à l'hébreu D3 de 1313 « chanceler,
s'effondrer » (Psaumes, xoix, 1); la différence de la dentale ne s'y oppose pas d'une manière absolue, mais le 2 est très douteux : ma copie et la transcription A. S., p. 51, 13 offrent no*.
1. L*e8tampage est favorable k cette lecture, mais la trace des lettres est très faible.
2. L*estampage confirme la transcription de M. Euting (A. S., p. 51, 18) ^p^KT « ®t son pays » suivi de q»^ qui peut se compléter en •qu^DI c et son trône » ou « sa demeure ». La lecture pQ au lieu de j^ est aussi confirmée.
xbs se compose visiblement de la conjonction consécutive D
et de la négation xb ; c'est l'arabe %.
Le mot qui vient après HD se restitue avec vraisemblance nn^D^ « U sa maison »^
^y^p = héb. D^Jlp « cornes » figure ici Tiâée du pouvoir;
en hébreu c'est aussi la nuance de « pouvoir » qui l'emporte (Amos, VI, 13) sur celle de « gloire » (Habacuc, iii, 4).
La forme H^^b s'accorde avec l'hébreu HJ^b « pour construire » ; en araméen, on aurait nécessairement X33ob« Le P s'omet régulièrement en néo-hébreu.
Dans TiliSbn on reconnaît sans hésitation le substantif riDSbn des lignes 3 et 9, auquel est joint^ après le retour du n féminin, le suffixe de la première personne; le sens de « majesté, personne royale » convient aussi dans ce passage qui se continue sur la ligne suivante.
Ligne 14. Le verbe |nj semble avoir deux compléments directs : le premier se lit assez distinctement nyi (= héb. nj^l) « savoir »; le second, qui est entièrement détruit, devait
être un mot signifiant « sagesse ou science »; l'infinitif NJSb s'y rattache très bien et donne un sens excellent.
La conséquence est de nouveau marquée par S « alors j'ai construit » (n^33D)> ou plutôt «j'ai construit », c'est-à-dire : j'ai fait construire des temples et d autres édifices sacrés.
A lire riDpm « et j'ai érigé cette stèle de Hadad (3Vj P • nnn) »; raccusatif n'est pas marqué, comme c'est souvent le cas en hébreu; l'araméen aurait préféré 3Vjb.
Le mot suivant ne saurait se lire autrement que DpîDI sur le sens duquel il ne peut y avoir aucun doute, et la phrase entière qui se termine sur la ligne suivante "ID • ^D2Q • DpDI "IDy • ^IN^ • nbo • bip signifie clairement « et la place de Panammou, fils de Qorul, roi de Ya'di, est avec toi », naturellement avec le dieu Hadad dont il a érigé la statue; le service rendu appelle une récompense.
Ligne 15. Je crois saisir le sens général de cette phrase qui contient la recommandation du roi à son fils et successeur
1. Les traces de ce mot sont encore visibles sur Testiimpage.
— If) —
présumé de faire une libation funéraire à son intention. Les deux mots du début se présentent sur le fac-similé sous la forme de éH • n • V, comme il s'agit du règne futur de son fils qui s'appelait également Panammou (IDn ' ÎIIN^ • ^J3 ' ^D2Q)f on est irrésistiblement tenté de comparer la formule usitée dans les inscriptions assyro-babyloniennes pour exprimer cette idéo; savoir ina ihreti « à Tavenir », et à restituer en conséquence mPINDI; j'avoue ne point trouver pour le moment une explication plus satisfaisante sans supposer de graves altérations dans le fac-similé; Texamen de l'estampage nous tirera probablement de l'incertitude ^
La prise du sceptre sera suivie de l'occupation du trône et celle-ci d'un festin auquel le roi invitera ses chefs puissants. Je lis 1T1N • IJ^D^T « et il donnera un repas à ces forts ». Le
verbe l^Dy même non suivi de ^bi & déjà le sens de <!c prendre un repas » (I Rois, xiii, 7); ici nous avons le causatif ou hiphil qui manque dans la Bible : n^Dil ^ donner un repas ».
La transcription IJ^n (A. S., 51, 15) n'est pas possible, mais celle de V13N, c'est-à-dire in3S, trouve peut-être un appui dans
la phrase reprise à la ligne 21 ; le sens n'en serait pas changé, puisque "I1M et ISNt sont synonymes; un nouvel examen de
l'original ou de l'estampage fera disparaître ce doutée
Dans la phrase suivante : nnî ' IIH | n^PI (1. 15-16) « et il offrira à Hadad un sacrifice » ; on remarque qu'en hétéen le verbe riDT emploie le complément direct au lieu du complément indirect qui serait de mise en hébreu où l'on dirait IHn^ PIDn . Ligne 16. Les premiers mots de la nouvelle phrase paraissent avoir été gravés sur une rature et ils sont maintenant presque totalement oblitérés. Je conjecture la restitution ^t2^3[N • nî^D]''[ll « et il donnera un repas aux hommes ». Après avoir régalé les chefs, les rois invitaient les principaux habitants de leur capitale (Esther, i, 3-9). L'autre petite phrase pourrait bien être [^n!?]N ' 113 î^l « et il sacrifiera aux (autres) dieux ».
1. Cette espérance ne 8*e8t pas réalisée, l'estampage n'offre pas de traces plus distinctes.