SCENE II
Mad. GAUTARD, BLANCBEC.
BLANCBiiC, arrivant.
Me roilà ! rae voilà !
Mad. GAUTARD.
Veux-tu bien venir, quand je t'appelle , et ne me pas répondre comme lu le fais.
BLANCBEC.
Ah! j'vous ai pas nul iV^pondu : j'étais à donner à manger à Taulruche, et j'vous ai crié : J'suis l'a vousl
Mad^ GAUTARD.
L'imbécile!
BLANCBEC.
Je ne suis pas imbécile, je suis naluralisle.
Mad, GAUTARD.
Tais toi, et prêtes moi une oreilie allentive. . .
BLANCBEC.
J'vous les prêtes toul< s les deux, si vous les voulez.
Mad. GAUTARD.
Je vais aller au devant de M. Gautard : tandis que je serai dehors , s'il venait desacheleurs,..
BLANCBEC.
Je vendrais.
Mad. GAITARD.
Veux-tu bien me laisser parler ?
ia ne vendrai donc pas?
Mad. GAUTARD.
Te lairas-lu?.. S'il vient des acheteurs ou de simples amateurs, tu leur feras voir notre nouvelle coliecliou de perruches.
BL\NCBF.C.
Ah 1 dites donc , en parlant de perruches : vous allez donc marier vulre nièce?
Mad. GAUTARD.
Je ne dis pas non.
BLANC BFX.
Ah! tant mieux... EL vous la donnez à un marchand forain, à un bonnetier!*
Mad. GAUTARD.
Eh bien ! oui.
BL\NCBEC.
Ahl lant pis. . . parce que , voyez- vous , un marchand forain ça voyage, et un bonnetier ça éié élevé dans du colon, et ça n'e&l pas ce qu'il faut à votre nièce. Mad. GAUTARD.
Qu'en sais-tu?.. Au sin-plus, ce mariage qui convient à mon mari ne me plail pas à moi.
BLANCBEC.
Avec ça qu'on dit que M. Bernard n'est ni bea'» , ni bien jeune.
Mad. GAUTARD.
Ce n'est pas une i-aison; fut-il encore plus laid, Joséphine n'est pas accoutumée ici à des figures très-gracieuses.
BLANCBEC.
C'est vrai : elle ne voit que son oncle, sa tante , les animaux el moi. Cependant il est un point essentiel pour une Jeune femme, a dit un natu;alible , c'est que son mari lui plaise. . . parce que, sans ça , elle cherche un autre point essentiel, et alors c'est des hèlibes.
Air : Vaud. du Mariage à la hussarde.
Regardez dans tout's les familles,
Regardez daus tout's lf§ inai->otis,
Les garçons sont faits pour les filles
Et les fuies pour les garçons.
Tâchez donc , je vous l'dis en somme ,
En lui donnant ce mari là ,
Qu'il ait d' l'esprit, qu'il soit bel homme ^
{Mad. Gautardle fixe.)
Ça n'est pas pour moi que j' dis ça.
Mad. GAUTARD.
Tu es un sot , ei je l*ordon?ie de garder tes réflexions pour loi. »
BLANCBEC.
C'est bon , je les garderai mes réflexions. . . c'esl-àdire , non , je ne les garderai pas...
Mad. GAUTARD.
Qu'esl-ce que lu dis?
{Elle sort.)