UN HÔTEL
Qu’en adviendra-t-il I Regnard,
Les corridors où, un instant auparavant, tout était calme et silence, se remplirent en un moment d’agitation et de murmures.
Les portes sciaient brusquement ouvertes ; vingt questions se confondaient dans un commun sentiment d’inquiétude et de curiosité ; c’étaient des voix tremblantes et émues, dq frêles voix de femmes, dont l'émotion perlait chaque parole, des voix chevrotantes de vieilles filles que faisait flageoler la crainte, et, au milieu, des voix graves et fortes, auxquelles chaque instant eu joignait de nouvelles.
— Qu’y a-t-il donc?
— Vous n avez pas entendu une explosion d’armes à feu?
— Dans la maison?
— A cet étage même.
— Pas possible!
— Les oreilles m'en tintent encore.
— Je croyais que le bruit panait de chez vous.
— Je ne m'amuse pas avec des armes, moi : je suis garde national, c'est vrai; mais je suis prudent, je ne louche point à mon fusil sans motif.
— Un cri a suivi la détonation.
— Puis une chute lourde, comme celle d'un cadavre qui eût tombé sur le parquet.
— Serait-il arrive un malheur?
— Peut-être bien un crime.
— Il faut visiier les appariements.
— U faut appeler le commissaire du quartier.
— Plus souvent qu'il va se déranger à celle heure I
Un nouvel interlocuteur vint suspendre ce bruissement confus, où l’oreille la plus attentive pouvait à peine recueillir des lambeaux de phases : — Celait le portier.
— Messieurs, le coup esl parti du n* B; c’est uue vitre de cette chambre qu'a brisée la balle.
— Il faut y aller! il faut voirl
Ce fut un cri general; tous roulèrent comme un flot vers la porte indiquée.