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COMME S'INTERPRÈTE UNE CONSIGNE

Oq ne résiste point eux prières d’une tomme. Et c’était sa bonno maîtresse qui était devaifi lui. dea prières sur les terres et des pleurs dans les yeux.

Victor lier ton.

Giula attendait-elle ce moment?

Sans doute : Pietro n’était point sorti de l’hôtel, que, pâle, éplorée, elle cnlr’ouvrit la porte d’un cabinet, où,

Je crains les Grecs...

Virçilius Mar o.

34 BIBLIOTHÈQUE POUR TOUS

seule, sb ds consolation, sans secours, elle avait passé la nuit dans les angoisses et dans les larmes.

— Giuseppe î

— Madame?

Le bon serviteur ne put contempler sons pitié ce pèle visage qu’avait si profondément convulsionné la souffrance, que les lèvres elles -même* avaient perdu tonte rougeur; l'incarnat du sang ne lavait que lo bord des paupières, dont les beaux cils, longs et noirs, étaient encore collés par les pleurs.

— Il est sorti? reprit-elle faiblement et avec inquiétude.

— Il sort à l'instant, répondit tristement le vieux soldat.

— Pour se battre?... ajouta-t-elle encore.

Sa voix était devenue si basse, si « mue, que Giuscppo entendit à peine celle demi-interrogation.

U éprouva un moment d'hésitation et d’embarras : il pressentait ce qu’il y avait de déchirant dans sa réponse. A l'aspect de cette malheureuse jeune femme, en qui tout alors était douleur : figure, paroles, attitude, accent, il savait que les trois mots qu’il allait prononcer tomberaient sur sou cœur avec le poids d'un remords; il eût voulu se taire; mais elle était là, tremblante, qui attendait.

— Pour se battre!...

Gin lia joignit ses mains et éleva ses veux et son visage au ciel.

— U mon Dieu! s'écria-t-elle Pâme brisée, tous les malheurs doivent-ils fondre à la fois sur moi? Mais c'est à en devenir folle ! C’est pour moi qu’il va se battre I pour moi qu'il va peut-être mourir I et parce qu’il 111c croit coupable !... Ce duel ne peut avoir lieu : je suis innocente, mon honneur est intact ! Il serait affreux que du sang coulât sur un soupçon, pour un mensonge; cela ne peut pas être; cela ne sera pas : ce jeune homme n’est pas eucore parti, il faut que je lui parle.

El, hors d’elle-méme. elle se dirigeait vers la porte.

— Pardon, excuse, dit le soldat.

Il s ciait placé devant elle, le dos de la main militairement appuyé sur son bonnet de police.

— Je suis fâché, madame; mais j’ai l’ordre de ne pas vous laisser sortir avant le retour du lieutenant.

Giulia s'arrêta étonnée.

—Il faut pourtant que je vole ce jeune homme, il le faul absolument ; la vie de Pietro en dépend peut-être : entendstu bien? la vie de Pietro J Tu ne voudrais pas cire cause de sa mort, n’est-ce pas? de la mort de mon époux, de ton maître? Tu ne lo voudrais pas? Laisse-nvi donc sortir.

— Je ne connais que ma consigne, madame.

— • Tu n’y penses pas, Giuseppe! Ce jeune homme peut partir ; où le reprendre ? il ne serait plus temps. S'il tue Pietro! cela peut arriver, c’est un jeu pour ces Français qu’un duel ; et si, en l’obstinant, lu es cause de ce malheur, tu te désoleras; mais il sera trop tard, il sera mort!... Giuseppe. mon bon Giuseppe!

Giulia était suppliante, et, 'malgré sa consigne, le bon soldat était attendri.

— Que voulez-vous, madame! je n’y puis rien : j’ai mes ordres.

— Il est encore un moyen, reprit vivement Giulia après un court silence, tu ne refuseras pas...; dis-lui qu’il vienne ici me parler.

Celte demande le surprit.

— Au jeune homme ?

— Eh bien ! oui.

— Cela ne sc peut pas.

— Il le faul! ne fùl-ce qu’un moment; 'mais le temps s’écoule, lo moindre retard peut tout perdre; un malheur est si vite arrivé ! — Va doncl Si cela dure, j’en deviendrai folle.

Et comme Giuseppe, ne sachant à quoi se résoudre, restait immobile :

W — U mon Dieu, n’est-ce pa? bien horrible que je ne puisse me faire comprendre! Le sort de Pietro en dépend, te dis-je!... Ne m’en le ods- tu donc pas? Ce jeune homme va sortir. Je n’ai qu’un mol à lui dire, mon bon Giuseppe, un seul mot! tu seras présent si lu veux, tu l'entendras; mais va donc, si tu ne veux pas ma laisser mourir!

Le vieux Corse était trop violemment ému pour résister à ces instances.

— Mille dénions! Je fais peut-être mal; mais tant pis, ma consigne ne me le défend p 3 s...; et, après tout, que .ne donnait il mieux ses ordres?

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