‹ Les deux martyrsChapitre 28 sur 33 · XLV1I · texte numérisé non relu

XLV1I

SUn LB F8É

Avez-vous tort? — Faites-en l’aveu et la réparation sans craindre ni rougir. — Avez-vous raison ? — Le duel est une folie : l'as&ai&inat, sans être plus odieux, serait plus logique.

Eugène L’Héritier.

C’était une ancienne carrière à demi comblée de vidanges. Le temps avait reconverties décombres d’une h«*rbe épaisse et rase, que le printemps commençait à reverdir; des buissons tout pourprés de leur floraison hâtive broussaill.nent sur les bords, d’ou les ronces cl des lianes sauvages jetaient leurs vertes draperies sur les pentes brusques et escarpées que les primevères entaillaient déjà de leurs étoiles jaunâtres.

Ce lieu était parfaitement convenable pour un duel ; ajoutez que le fond , en plusieurs endroits, en était pluue comme Faire d’une salle d’escrime.

— Ne pourrions-nous point nous arrêter ici? dit Pietro.

— il serait bien inutile de nous enfoncer plus avant duos ces cailloux, reprit Julien; nous ue trouverions poiut d’emplacement plus favorable.

— Eh bien ! décidez-vous.

— Restons-nous ici?

— Volontiers, répondit Frédéric à cette interpellation que lui avait adressée sort ami.

Et les quatre amis descendirent dans le ravin.

-Avez-vous apporté des armes! demanda Frédéric, lorsqu’ils se furent arrêtés dans un enfoncement ou le lerraiu semblait le plus uni.

— Noua en avons, répondit Pietro ; et Joch tira des poches de sa longue redingote d’uniforme uue pairo de pistolets d’arçon.

Frédéric jeta une boite plaie et son manteau sur l’herbe. C’était cette môme boite dont les armes brillantes avaient , dans leur nuit d’autour, fixé les yeux et les mélancoliques idées de Giulia.

— Voici une couche de terrain disposée à souhait, dit Julien a vec un ton leger, que l’aspect de la mort ne peut chasser d'une jeune tôle française.

BIBLIOTHÈQUE POUR TOUS

— Quelle distance prenez-vous?

— Demandez à Monsieur, répondit Frédéric à Joch en indiquant Pietro.

— Dix pas?.... Quinze pas? » reprit Julien avec indifférence.

Pietro le regarda avec étonnement et dédain.

— Nous ne sommes pas venus brûler de la poudre, Monsieur.

— A combien donct

— A six pas : le coup est sûr.

— Mais ce sera un meurtre !

— Pourquoi donc sommes-nous venus ?

— Nous nous battrons à six pas , dit Frédéric avec froideur et fermeté.

— Voudriez-vous mesurer, capitaine? repartit alors Julien; j'irai, pendant ce temps-la, couper deux baguettes pour marquer les places.

il fut revenu dans un instant; et deux branches, dont les fleurs s'échappaient déjà du bouton, blanches et rosées au milieu dos premières feuilles d'un vert tendre, marquèrent les deux endroits sur l’un desquels un homme devait mourir.

— Nous pourrions charger les pistolets maintenant.

— Je suis à vous, capitaine.

bes deux témoins sc mirent à achever les dispositions du combat , avec l'impassibilité que l'on apporte aux actes les plus indifferents. Certes, si le lieu n'en eût été un indice certain, personne n’cûl deviné, ou sang-froid de ces quatre hommes, qu'il s’agissait là d'une querelle où, sur le simple soupçon de ce que l'on est convenu d’appeler déshonneur, deux partners allaient jouer leur vio.

Tant de voix éloquentes se sont déjà élevées contre le duel, que l'on ne peut y joindre la sienne sans se faire nécessairement l'écho des raisons quelles ont si énergiquement exposées , si judicieusement déduites. Si nous ne croyions inutile de discuter celle question épuisée, certes nous ne manquerions pas de llêlrir de toute notre indignation ce préjugé barbare.

Cependant nous sommes forcés d’avouer que notre organisation sociale a créé des positions où le duel ne peut être flétri sans péril; car, à défaut du duel, l'assassinat deviendrait presque une nécessité.

Avec l'honneur matrimonial , tel que l’ont érigé nos ioiututions, que voulez-vous que fasse l'époux dont la femme. par inconstance de cœur ou exigence de tempérament, a compromis lu paix domestique et flétri la réputation?

Les préjugés que vous avez enfonces dans son coeur lui crient vengeance, et votre législation môme parait l'autoriser en l’excusant.

Peut-il donmr, par le scandale d'un procès, le retentissement de la publicité à ce qu'il regarde comme uu opprobre i sa vie?

Non.

Quel moyen alors lui reste-t-il de se veoger, si ce n’est le duel ou l'assassinat?

Posez un principe faux, et que vos déductions soient logiques, vous roulerez d'erreur en erreur : tant il est vrai que le vice radical corrompt tout dans sa génération forcée.

La solidarité de deux êtres mobiles el divers nail de leur dépendance complète, comme leur dépendance complète de l'éternité de leur union ; et voilà un homme qui va offrir son sein à une balle, parce que la loi lui a dit : « Celte femme est à toi, je t'inféode son amour, veille sur elle ; car si elle obéit aux affections que l’avenir peut faire éclore dans son cœur, quelle que soit ta conduite, (useras déshonoré et raillé.

» Vainement pourras-tu interroger tous les jours de ta vie, vainement pourras-tu descendre dans la conscience et en fouiller tous les replis, sans y trouver un acte, une pensée, — seulement un souvenir, — qui te fasse baisser la tête el ruugir; tu seras déshonoré. Tu seras déshonoré alors même que ton passé n’aurait été pour tes concitoyens qu'une longue el belle leçon de dévouement et de moralité I

» En vain encore la nature t'aurait-elle doté de toutes les richesses de l'intelligence et de tous les trésors du cœur; vainement aurais- tu longuement et péniblement mûri ce cœur, fécondé celte intelligence aux rayons de la méditation et de l'élude ; en vain l'âge aurait- H paré ta této de la plus belle auréole qui puisse ceindre celle ü’un homme ; les cheveux blancs d’un vieillard sur un front toujours resté pur ! lu seras plaisanté, raillé ! Le monde te jettera ses sarcasmes, et l'opinion ses mépris ! »

Tandis que Frédéric, son chapeau dans une main, et pas-

sant, d'un air d’indifférence, ses doigts dans ses cheveux, fixait ses yeux sur une échancrure de la carrière par où la vue s’élgnçait dans la campagne, Pielro, les bras croisés, regardait avec uoe sombre attention s’achever les préparatifs du combat.

XLVUI

ou

Une réponse, s’il roi» plaît I

Lion Gozlan.

— Le cordon !

Giulia , déjà descendue sous le vestibule, jetait ces deux mots à la concierge d’un accent où certes la vieille portière ne dut point reconnaître la voix douce et claire de la jeune dame, que Giuseppe fermait encore la porte de l'appartement dont sa maîtresse venait de franchir le seuil.

— Le cordon !

Reprit la même voix d'un ton plus vivement imprégné d'cinoiion et d’impatience, avant que la bonne femme, don; le sommeil avait déjà été interrompu tant de fois, eût satisfait à cet ordre. Elle obéit pourtant en maugréant contre les importuns qui troublaient ainsi la plus grande jouissance , qu'après la lecture d'un roinau bien sombre , en couvrant son gueux , lui offrissent les huit pieds carres de sa loge, — tout sou monde.

La porte s'ouvrit.

Giulia fut d'un seul bond dans la rue.

Sans savoir clairement les motifs qui lui firent choisir un côté plutôt que l'autre , elle prit rapidement ta direction qui la portail vers la Seine; puis, sans plus longtemps balancer, elle remonta le cours de cette rivière en suivant la belle ligne de quais qui la borde dans cet endroit.

La pauvre femme avait compris instinctivement que la voie la plus courte pour sortir de Paris était celle que les combattants avaient dû suivre; ce quelle avait entendu de leur conversation lui disait, aus>i positivement que la connaissance qu'elle avait du caractère de son mari , qu’ils avaient dû mettre le moins de temps et le moins d'espace possibles entre l'outrage et la réparation.

Cependant , à mesure que l'air Irais , en lui frappant le visage, affaiblit 1 exaltation où la douleur et le desespoir avaient jeté ses pensées, fiuquièlude vint la saisir.

Ou courait-elle ainsi..., se demanda-t-elle en Un, où ?...

Elle s'arrêta pâle ; le sang retomba si violemment sur son cœur , qu'elle sentit ses yeux se troubler el ses genoux osciller et fléchir.

S’ils n'avaient point pris celte route !... O mon Dieu !

Et à celle pensée seule uu tremblement nerveux fit frémir toutes ses chairs.

Que faire?... Que devenir?... — Les chercher ! Mais le* préparatifs d'uu duel peuvent-ils le lui permettre?... Combien faut il de temps pour charger deux pistolets ? Combien eu faut-il i une balle pour parcourir dix pas ? U ne lui restait donc qu'a peine les instants necessaires pour franchir l’espace qui la séparait du pre dont Iq sang d’un homme a, lait rougir el bruier l’herbe... Mais ce lieu, où le trouver ?

La malheureuse allait succomber sous cette pensée, qui, désespérante, avait glacé son cœur , lorsque ses regards , en errant autour d'elle , rencontrèrent un des jardiniers dont l’àne maigre et efflanqué vient tous les matins alimenter d'ognons et de carottes les faubourgs de Paris.

Elle s'élança aussitôt vers lui :

— Ne les auriez-vous pas rencontrés? lui dit-elle d'une voix éperdue.

Le pauvre villageois, qui, les yeux affadies sur la croupe aiguë de sou baudet , n avait d’autre soin que de héler, a\ee une branche d'osier, la marche pesante de sa mouture, fut comme re veille eu sursaut par cette interpellation soudaine.

— Que me voulez- vous ?

Repartit-il assez brusquement en faisant un pas de côté .

f iresque efirayé de l’expression hagarde qui décomposait es traits de celte femme.

— Deux hommes !... deux militaires... ou deux bourgeois... oui , un jeune homme. ..

Le maraîcher, pour toute réponse, fixa sifr elle un regard de surprise.

— Mais, ditcs-moi donc, reprit Giulia avec reproche, je vous demande si vous avez rencontré ces hommes sur votre route. Au nom du Ciel, réjioudex-moi.

Il ne comprit pas ce que recelait de souffrance le trouble de ces paroles ; il ne fut que choque de leur vivacité impè rative.

— Si je no veux pas, moi, vous répondre ! Elle n’est pbs génce, la particulière ! Ne pourriez-vous point , par hasard, parler plus poliment au monde? Avec son tou...

En prononçant ces derniers mots , il frappa de sa honssine l àne qui s était arrête, et l’amuial et son conducteur reprirent tous deux leur marche.

— Hélas I il ne me répondra point !... Monsieur, je vous en prie. . .

• — Oui, prie maintenant, reprit entre ses dents le jardinier en continuant sa route; a d’autres ! (.a t'apprendra à être une autrefois plus polie. Attrape !

La pauvre femme, désespérée , plongea la tête dans ses deux mains, et se prit à sangloter; l'instance du danger fut même quelques instants »«na pouvoir l'arracher a sa douleur : elle continua pourtant enfin a parcourir au hasard la roule qu’elle avait prise.

Une seconde personne s'offrit à elle : un jeune homme d'un»? mise propre et sévère ; une redingolio noire boutonnée, des cheveux longs, comme les portait avec fureur à celte epoque ia jeunesse du quartier latin.

Celait un étudiant en médecine qui préparait dans celte promenade matinale son examen de botanique par des travaux d'herborisation.

R effeuillait en ce moment une de ces fleurs hâtives qui attachait d’autant plus vivement sou attention, que, inaUré u’tl en eût déjà analyse la corolle.il était encore incertain uns que.le lamille la classaient lus caractères anormaux qu'il avait remarqués en elle.

— Monsieur , lui du Giulia d’une voix suppliante , de grâce! n aîtriez- vous point vu passer deux militaires ou deux bourgeois?

— Je u’ai rencontré personne , madame , hors quelques cultivateurs de la banlieue.

Lejeune homme avait ôté son chapeau et pris so voix la plus douce pour prononcer ces mots, qu’il accompagna de son plus giacietix sourire.

— Mon Dieu I... reprit la jeune femme avec accablement en joignant ses mains.

— Mais madame est trop jolio pour manquer jamais de cavalier.

Giulia continua sans l’avoir entendu ;

— Ainsi vous u’avez vu passer ni un jeune homme, ni deux officiers ?

— Niolliciers, ni jeune homme; mois si madame veut me le permettre, je serai trop heureux de pouvoir lui offrir mon bras.

La pauvre femme le quitta en lui jetant un regard d'indignation et de surprise. L’eludiant hâta le pas.

— Par celte belle matinée, madame, lu promenade sur le boulevard doit être deiicteuse.

Giulia précipita encore sa marche.

— Si madame voulait accepter un déjeuner tout champêtre sous une tonnelle : du laid chaud et dos œufs frais. .. ' — De grâce , monsieur , laissez- moi !

Le ton dont furent prononcées ces paroles, et l’expression I de mépris que prirent les traits de G tu lia , ôtèrent tonte I espérance de bonne fortune au jeune homme.

— Tiens, est elle drôle! imirmura-l-il. Ne va-t-elle pas croire plutôt que je vais tomber à ses pieds ? Va te promener!...

Giulia, après avoir continué quelques instants sa course rapide pour se dérober b ces importunités, plus odieuses mille fois que les brutalités du villageois , s'arrêta tout épuisee près du pont d’AualcrltiZ.

Un peut garçoo, place près d’un paquet confié inoinasans doute a sa garde qu'a la vigilance d’un gros chien de race croisée, dogue et molosse a la fois , était assis près de l'une des bornes du parapet des quais.

Giulia l’aperçut ; joyeux cirant, 11 tenait d'une main une

beurrée de sirop dans laquelle il mordait à belles dents, tandis que l’autre était appuyée sur le dos du paisible animal , son défenseur et son ami.

Elle crut obtenir de lui une réponse plus favorable; mais le pauvre petit fut tellement effrayé de la voix et des traits de cette femme décomposés l’une et l’autre par la douleur , que. loin de répondre a sa demande, il se prit a pleurer et â pousser des cris.

L’énorme chien se dressa en grognant ; ses yeux Jaunes roulèrent dans leurs orbites , et se fixèrent sur Giulia avec des regards de menace ; ses noires babines , souillées aux coins d’une bave vcrdôtre, laissèrent voir leur double rang de crocs aigus.

Giulia recula d’éponvanle; le dogue fltentendre un brusque aboiement en allongeant la tête et en se frappant fortement sur ses pattes, connue si elle eût été pour bondir sur elle.

Un des gardiens du pont, ayant heureusement paru à ce cri, vint la protéger comro cette bèlo , que les cris de l’enfant avaient rendue si terrible.

Giulia, épuisée déjà par se> mortelles inquiétudes et par une nuit de souffrances . sembla près de défai lir sons cette secousse nouvelle; ac. sentant chanceler, elle s'appuya contre une espèce de balustre en bois peint qui se trouva près d’elle.

— N'auriez- vous pas besoin de quelque chose, madame? lui dit le vieil invalide avec compassion et intérêt ; parlez, je suis à vos ordres.

Giulia soupirs douloureusement.

— Que voulez-vous, madame?

Le vétéran comprenant, à l’air souffrant de celle femme, qu'il y avait en «-lie autre chose que de la peur , fut comme illumine par un souvenir.

— Ne chercheriez* vous point quelqu’un , par hasard?... Ces mots ranimèrent les traits abattus de Giulia.

— Oui, monsieur ; vous les avez vus, n’esl-ce pas?

— Deux militaires? dit l’invalide.

— Deux militaires , reprit la jeuno femme.

— Et deux jeunes gens ?

— Un quel côté ?

— Ils ont passé ce pont. — Le gardien de l’aulre extrémité pourra peut-être vous donner des renseignements positifs.

Une minute s’était à peine écoulée quo Giulia interrogeait l’autre garde.

— N'-iunez-vous point vu passer deux messieurs?

— Faites excuse, madame.

Et, comme si le garde eût deviné le désir de Giulia, à l’éclair que cette réponse lit jaillir de sa prunelle, il ajouta ;

— Si c’est eux que vous cherchez, ils ont pris le Loulevart de l'Hôpital.

— Merci.

Ce mol prononcé d’une voix reconnaissante, la jeune femme s'élança d'un pas précipité dans la direction indiquée. Elle s'arrêta un instant après avoir atteint les premiers arhres ; ses regards avides plongèrent dans la longue avenue qui se déployait devant elle.

Les rayons du soleil, qui glissaient alors obliques entre les troncs encore noirs, et a travers les feuilles d’avril, satinées et transparentes, semblaient à l’œil soulever dans l'éloignement une poussière dorée; mais, personne ne s’offrit â ses yeux.

Elle reprit aussitôt sa course; la force lui était revenus avec le courage, et le courage avec l'espérance.

Oh ! oui, puisque le ciel l’avait guidée sur leurs [races, â travers les voies nombreuses qui, depuis son hôtel, s'étalent ouvertes devant ses nas, c'esl qu’il avait eu pitié d’elle; il avait mesure le châtiment à la faute, et il l’avait au moins sauvee du remords.

Elle courait; le vent irais du matin, jouant dans ses cheveux, en rejetait les boucles sur ses épaules; ses joues étaient devenues roses, et son haleine légèrement haletante: mais, elle ne cessait point de courir.

La sueur se perla bientôt en légères gouttelettes sur son visage; scs cheveux. cessèrent de voltiger, et tombèrent en mèches humides sur scs tempes et sur son cou; sa respiration s'oppressa, son flanc devint douloureux ; mats, comme elle n'apercevait personne, elle Courait, courait toujours.

ses perplexités renaquirent un instant dans son àme, lorsqu’elle se trouva près de la barrière. Etaient-ils entrés dans la campagne par cette issue? Avaient-ils continué de suivre le boulevard !

Un douanier, avec son Inamovible redingote verte & bou-

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ton d'étain, la inain armée d’une lame de fleuret, qui affectait dns airs de sonde, se tenait debout près de la grille : elle s’adressa à lui.

Personne n’était, depuis longtemps, sorti de Paris par cette barrière.

Elle continua donc plu* rapidement encore >a marche ; mais, ses pieds, que celle course avait fait se gonfler dans ses étroits brodequins de prunelle, s'étaient autant endoloris que son côté où un point s’élail déjà déclaré depuis quelques instants. Chaque fois qu’ils heurtaient quelques pierres ou quelques aspérités du sol, elle éprouvait des souffrances atroces, qui retentissaient jusqu’à son cœur. Elle commença à redouter que ses forces, vaincues par ses douleurs, ne l'abandonnassent, si cette course durait longtemps encore.

Elle était presque épuisée, ses genoux chancelaient sous elle, lorsqu’elle atteignit la seconde barrière.

— Je ne pourrais vous dire; nous avons autre chose à faire, ma belle dame, qu’à remarquer les passants, fut la réponse que fit assez brutalement, à la demande qu'elle lui adressa d'une voix affaiblie, un des paciiiques soldats que le peuple affuble du nom de gabelout par un arrière-souvenir des mœurs féodales de la gabelle.

Cependant, une espèce d’instinct sembla révéler à Giulia la roule que les quatre combattants avaient suivie. Après un instant d'hésitation, elle franchit la barrière. «

Elle se trouva sur la chaussée do Mont-Rouge.

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