‹ Les deux masques (volume 2)Chapitre 2 sur 94 · CLE · texte numérisé non relu

CLE

jue la ngne chargée de pes délicates autour de inorer la science et la nonieux, aimé des Muses

uver, dans l'art moderne, istence. Si Raphaël avait e guerre civile d'Italie, si la pensée, l'avait revêtu ux, si son génie, au lieu s'était évanoui dans un iit-é(re pourrait'on comhocle. Mais il manquerait nce le fond radieux du orizon matinal sur lei|uel me une statue sur l'azur

, la Gi'èce est dans A.lhèla lumière. L'ombre de ; le glaive de Marallion, issipé, cil le frappant, ce vagues et serviles arloussière, se sont bi'isées

contre rhéroïsme d'une poignée d'hommes libres. Athènes a été Tavant-garde des grandes guerres inédiques : seule, elle a espéré contre tout espoir, vaincu la première, sans attendre la lourde Sparte en retard. Ses chefs ont redressé les défaillances et confédéré les discordes ; la patrie grecque s'est reconnue et ralliée en elle. Délivré du péril barbare, le génie attique se développe avec une admirable souplesse. C'est Ulysse sorti de Tantre du Cyclope, et' s'élançant, à force de rames, en pleine Odyssée. Athènes règne sur la mer : cette bordure grecque que, selon le beau mot d'un ancien, les colonies de rifellade ont a cousue à tous les rivages barbares, » est la frange de son manteau. Un bas-relief antique montre les Néréides attachant des festons au bas de la robe de Déméter ; les marins d* Athènes parent ainsi leur contrée. Une constellation d'îles se groupe autour d'elle ; son commerce sillonne la Méditerranée comme un champ mouvant, et lui fait rendre des moissons de richesses. Les navires partent, par myriades, de son port, et vont, en volant sur les eaux, butiner le monde. La maigre Attique qui ne produit, par elle-même, que des olives et des figues, regorge des matières précieuses de l'Orient. Sa belle nudité, comme celle de sa déesse tutélaire, se revêt d'or et d*ivoire. Trésorière armée de la Grèce, elle puise, à pleines mains, dans les tributs des alliés, et ne rend

SOPHOCLE, eux lies largesses auxquelles elle 1 dedans, un peuple qui est une r lui-même en se gouvernant ; une agite et que la loi mène, et dont e sont une harmonie. Périclès est }t que le chef de sa politique, il nlelligence et par l'éloquence ; il lie vers ses desseins que par les coulent de ses lèvres : la persuapuissance. Athènes renait sous ce i; elle sort de ses ruines dans un -d'œuvre. L'Acropole se couronne

la main humaine : le Parthénon le temple de la Victoire Aptère rgissent en même temps. Pour la nière fois, la perfection se dévoile lue apparaît aux hommes. La ville un immense atelier où des tribus

le bronze, taillent le marbre et 'or el les pierres précieuses. Elle mains ta forme d'un groupe monuonle, du haut de son rocher, la )minant le golfe, dont les marins ieues en mer, l'aigrelle éclatante, que de citoyens ; elles courent les !8 temples. En chacune d'elles revit lat, un héros propice, tel jeune

SOPHOGLB ET ATHÈI^ES. M

athlète qui, sous le rayon de Tarène, dans la vigueur de la lutte, dans Tagilité de la course, a révélé, un instant, la beauté des dieux. Le peuple vivant s'agite auloar d'un peuple sculpté fait à son image. Phidias est rame de cette renaissance : il délivre les Olympiens des liens hiératiques qui comprimaient leur grandeur ; il fait de leurs effigies les types sublimes des forces et des intelligences éternelles. Lorsqu'il eut terminé cette statue du Zeus d'Olympie qui, selon Texpression d'un ancien, « augmenta la piété publique »; il demanda au Dieu s'il était content de son œuvre; et Zeus l'acclama, dit-on, d'un coup de tonnerre qui vint tomber sur le piédestal. Polygnote couvre le Pœcile de fresques épiques : l'ancienne peinture monochrome s'anime, avec lui, des colorations de là chair : les vieux héros, teints en rouge, rompent les dures silhouettes qui les enserraient, et s'exercent aux mouvements grandioses. L'art aflrancfai s'élance, par toutes ses voies largement rouvertes, des conventions du sanctuaire dans l'idéal de la vie.

Ce musée sublime est en même temps l'école de l'esprit. Vis-à-vis de son Parthénon, Athènes construit sa littérature immortelle, base de toute culture humaine, type de toute science et de toute beauté. Hérodote lit, aux Jeux Olympiques, les neuf livres de son Histoire qui portent les noms des neuf Muses.

SOPEOCLE. ,

lie fail descendre la médecine des arcatemple, dans la lumière de l'observalion nature. Anaxagorc conçoit un u Esprit » ui, de l'atome à l'étoile, inspire l'ordre de i. Socrate erre déjà par les carrefours, jetant assants son Alet de questions subtiles; c'est le la journée de ce pécheur d'àmes. Les de l'Hymctle partent pour le berceau de

'accorde el tout se répond dans cette civilisalonieuse : le groupe enlacé des Grâces semble cercle flottant qu'elle parcourt. Le travail y [, le culte une fête, l'éducation une iniliation joyeuse : un groupe de disciples ou d'au- Tmé autour d'un nia!lre, s'appelle une « Cou- Sparte est une marâtre rigoureuse qui af-. mette lics enfanis pour les dressera ses lois; est une mère aimable et riante qui les ap- Joucement au devoir. L'enfant naft sur les i la Muse ; sa pensée s'éveille au son des gran- , il apprend les lettres en épelant YJliade. :ices du gymnase- rorlificiit son corps, et les scérémonies l'embellissent. Les discours de élient sa jeune langue. Le voilà formé sans li la culture, apte aux (onctions multiples é exigera de lui, prêt à prononcer, sur l'aumlé, en faisant bénir ses armes, l'héroïque

serment des Éphèbes : « Je ne déshonorerai point » ces armes sacrées, je ne quitterai point celui auprès n duquel j'aurai été rangé dans le combat, quel qu'il » soit. Je combattrai pour les Dieux et pour la patrie, » seul et avec une armée. Je ne laisserai pas la patrie » moindre que je Taurai trouvée^ mais plus grande. » Son culte sera le mien. J'en atteste Agraulé, Enga- » lios, Ares, Zeus, Thallo, Auxo et Hégémoné. »

Une douceur libérale pénètre en tous sens Tatmosphère d'Athènes. Au centre de la ville s'élève Tautel de la Pitié, unique dans le monde antique; et les bandelettes des Suppliants exaucés dont il est chargé attestent que cette divinité touchante réside aussi dans son cœur. La servitude, si dure ailleurs, y est affable et légère. L'esclave, dans la rue, marche Tégai du citoyen : familier de son maître, plus que son captif, il converse et rit amicalement avec lui. Les animaux eux-mêmes, selon le témoignage de Platon, semblent à Athènes plus libres qu'ailleurs. « Ils vont » fièrement par les rues, heurtant sans gène celui » qui ne se range pas. »

L'atticisme natt de lui-même sur cette terre féconde dont il est la fleur. Une mesure exquise régit la Cité ; elle y règle tout, depuis les proportions des temples jusqu'aux figures des discours ; elle imprime à la vie de nobles cadences. Damon, le maître de Périclès, peut dire, sans hyperbole, » qu'on ne saurait toucher

I musique sans ébranler les lois de l'État ». lien de trop : » cet oracle de Delphes est ta Athènes. Un geste faux ou exagéré blesse, B un choc, le sens délicat du peuple rassemblé âtre ou dans l'Agora ; et « Faire un solécisme lain, n est le blâme qu'on lui inflige. La flûte est ile, parce qu'elle altère, en gonflant les joues, lits du visage. L'air est si pur, si spirituel, si t, que l'accent d'un étranger y retentit comme jsonaoce. Les citoyens s'abordent, non point n souhait de santé, comme les Romains : — — mais avec le nom des Grâces sur la bouche — Is n'appellent les patriciens ni les « Puissants » , < Riches >i , mais les « Gracieux » et les « Agré- , ol x"pf<i»t««. — « Nous aimons le beau sans et le plaisir sans mollesse, » — disait Périmés, idmirable discours où il loue Alliènes comme un Tonnerait son peuple; et il ajoute ces paroles qui ni si bien une race prédestinée à tous les beaux i de la vie : — « Chacun de nous, par un don ui est propre, fait tout avec grâce, et notre i, pour toute œuvre, est aussi souple que notre t. » La simplicité fait partie de la beauté athé- ' , une médiocrité élégante revêt la nation. Mais 'apes mitres et chamarrés de la Perse paratgrossiers comme des idoles, auprès de ces vivantes, drapées d'une fine tunique de lio

SOPHOCLE ET ATHÈNES. iS

blanc, coiffées du chapeau arcadien des pâtres, n'ayant d'autre ornement que la cigale d'or qui luit sur leurs cheveux courts et bouclés. Aux Jeux solennels, une couronne de feuillage et un vase d'huile sont les seuls prix des vainqueurs. Avec une cavalcade de jeunes gens, une procession de vieillards tenant des rameaux, une file de vierges portant des patères et des corbeilles, nn voile brodé suspendu au mât d'une trirème, Athènes compose des fêles d'une beauté divine. Tout est génie, clarté, expansion de lumière, fertilité généreuse dans- ce coin de terre qui concentre l'intelligence et la vie du monde.

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