THÉÂTRE DR SOPHOCLE
iospiré. On y voit passer en un vers, comme en un clin d'œii, des dieux couronnés^ au passage, d'une épilhète rayonnante, des visions mythologiques illuminées d'une lueur d'éclair, des paysages lumineux où tournent des nymphes, des perspectives de mer d'une fraîcheur splendide, entrevues et disparues subitement. Rien n'égale la beauté de ces chants divins, mêlés d'allégresse et de majesté, de méditation et de mélodie. Notre oreille, en partie fermée à la musique de rythmes et de mesures qu'ils recèlent, ne les perçoit qu'à demi : mais l'impression de ravissement qu'ils devaient produire sur les âmes jeunes et ailées qui les écoutaient, Aristophane nous la fait comprendre, lorsqu'il range les chœurs de Sophocle parmi les délices de la Paix. — « Autour de cette » Divinité, on ne voit qu'abondance et joie, banquets 1» dionysiaques, flûtes; chants de Sophocle, lierres, » passoires pour le vin, brebis bêlantes, gorges 9 de femmes allant aux champs, servantes dans w l'ivresse, et toute sorte d'excellentes choses. » — Ce qu'on ne saurait trop admirer encore, c'est la dignité bienfaisante à laquelle Sophocle élève le personnage multiple de ses Chœurs. Témoin idéal des conflits et des catastrophes qui s'entre-choquent sous ses yeux, il les juge avec une incorruptible équité. Il résume en lui l'expérience du vieillard, la piété du prêtre, la clairvoyance du devin, la morale
ROPBOCLB.
le l'humanité. Les héros lui confient leurs eurs angoisses, leurs pensées secrètes, s les diraient à la forêt, à la mer, à un i paix et de bou conseil. L'âme dn specgilée ou déchirée par les péripéties de <e réfugie, avec délices, dans ta sérénité mnes. Elle se croit transportée hors d'un »mme par un dieu, dans cette prairie les où les Ombres pieuses contemplent, de ^e, les luttes et les mystères de la vie. it plus des hommes, mais des voix d'en oracles sortis d'un autel, des instruconsolation et de calme qui s'accordent iser les colères. Le Chœur de Sophocle mt les personnages qui luttent sur la scène, i David endormant les fureurs de Saûl, au 1 harpe : — Adducite mihi psaltem.