‹ Les deux masques (volume 4)Chapitre 28 sur 86 · I. — Polyxène. — Macaria · texte numérisé non relu

I. — Polyxène. — Macaria

II. — Eyadné. — Mégara. — Médée. — Les Mères des Suppliant et, — Electre. — Antigone. — Hécube.

C'est d'un cœur aussi intrépide que Polyxène s'offre, dans Hécube ^ à la mort. Au moment où les Grecs, chargés de butin, allaient quitter les ruines enflammées de Troie, le fantôme d'Achille s'est dressé hors de son tombeau, couvert de ses armes. D'un geste terrible, il a arrêté les navires qui déjà tendaient leurs cordages ; d'une voix menaçante, il a réclamé sa part du massacre. Une soif cruelle le dévore, pareille à celle qui, dans V Odyssée, fait accourir les âmes des morts, comme des mouches avides, « avec, un frémissement immense », au bord de la fosse où Ulysse égputte les victimes. Gomme elles, il il est altéré a de sang noir », et il lui faut, pour l'é-

tancher, la chair exquise d'une vierge royale. Poil. 17

lyxène, la plus jeune fille de Priam, va être immolée au spectre affamé. Ulysse annonce à Hécube Tirrévocable sentence ; il résiste froidement à ses prières éplorées, Polyxène est avertie de son sort, et sa jeune âme reçoit, sans fléchir, Teffroyable arrêt. Sa mère veut la prosterner aux pieds du vainqueur, la plier aux supplications ; mais elle refuse de s'avilir et rassure Ulysse contre Timportunité de ses larmes :

— « Je te vois, Ulysse, cacher la main sous tes vête- » ments et détourner le visage, pour que je ne puisse » toucher ton menton. Rassure- toi, tu as échappé à ce » dieu des suppliants que je pourrais faire parler. Je D suis prête à te suivre, et parce que la nécessité le » veut, et parce qu'il me convient de mourir. » Elle poursuit sur ce ton de noble assurance, acceptant la mort avec joie, comme un affranchissement de la servitude. Au moins Tenlèvera-t-elle libre encore, à ce prix, elle lui paraît douce. — « Mes yeux, » en se fermant, verront encore le jour de la li- » berté ; j'offrirai volontairement ce corps à Hadès. »

— Elle voit l'existence que lui réservait l'esclavage : les travaux serviles ; l'insulte du maître, l'opprobre de sa couche « naguère désirée des rois », et un seul sentiment lui reste, la juste impatience de sortir de cette vie souillée. Elle pleure sur sa vieille mère qui s'attache à elle « comme le lierre à Tarbre » ; mais, craignant trop de s'attendrir, elle presse Ulysse

de la détacher de ses bras. — a Emmèue-moi vite, » et d*abord couvre ma tête d*un voile, car, avant le » coup mortel, je sens mon cœur brisé par les cris » de ma mère, et mes gémissements brisent le sien. » 0 lumière ! je puis encore invoquer ton nom ; mais » de toi je n'ai plus rien que l'intervalle qui me sé- » pare du glaive et du tombeau d'Âchiile. »

Sa mort, racontée parThaltybios, a quelque chose de nuptial et de triomphal ; ce sacrifice humain prend l'éclat d'une Panégyrie. Le jeune Achille veut cette jeune victime ; on la lui donne puisqu'il la réclame ; mais sans insulte et sans haine; et, lorsqu'elle se couche sur sa tombe, il semble qu'elle s'étende sur un Ut d'hymen. Polyxène a détourné les mains qui voulaient la saisir : — a 0 Grecs, qui avez détruit » ma patrie, c'est volontairement que je meurs ; ne » portez point la main sur moi I Je présenterai de » moi-même ma tête au couteau. Laissez-moi » libre, au nom des dieux, afin que libre je meure. » J'aurais honte, moi qui suis reine, d'être appelée » servante chez les morts. » — La foule a applaudi, « par un murmure pareil à celui des flots » . Alors elle a déchiré sa robe de l'épaule jusqu'à la ceinture, et découvert son sein « beau comme cehii d'une statue » . — Le marbre, dans la poésie grecque, semble toujours recouvrir les plus violentes calastrophes ; la douleur et l'agonie même s'enveloppent

des lignes de la statuaire. Mais ce marbre eslvivant, cette sculpture tressaille; le. cœur n'en palpite pas moins pour être contenu dans un sein parfait.

« Voici ma poitrine, jeune guerrier, — dit Polyxëne à Néoplolème, — tu peux la frapper, si tu le veux. Préfèrestu m*égorger? ma. gorge est toute prête. » £t lui, plein de pitié, voulant et ne voulant plus; tranche enfin, avec le fer, le passage du souffle et de la voix. Une source de sang jaillit. Mourante, eUe eut soin de tomber aveo décence, et de cacher aux yeux des hommes ce qu'ils ne doivent point voir. »

Divine et touchante image ! La Pudeur frémissant d'un chaste effroi sous Tétreinte brutale de la Mort. La poésie et l'art ont copié cent fois ce geste adorable. Que de vierges et que d'héroïnes se sont passé comme de main en main, sur les échàfauds, celte draperie décente ramenée par Polyxène sur son corps sanglant I

A peine est-elle tombée qu'on la divinise. Les Grecs lui font une ovation funèbre, ils couvrent son corps de feviillage, les branches de pin pleuvent, comme des palmes, sur son bûcher. — « Et si quel- » qu'un parait les mains vides, il s'entend dire aus- » sitôt: « Quoi, lâche! tu te tiens tranquille, tu » n'apportes rien, tu n'as rien à. offrir à celte » généreuse jeune fille ! » — Ainsi, jusque dans 1 horreur du sacrifice humain, Tàme hellénique reparait, cruelle parfois, mais jamais basse ni hai-

neuse, planant sur la mort, parant les victimes que lui réclame le Destin, et, en échange de leur Tie, leur offrant la gloire. Au fort du combat, les guerriers grecs frappent souvent sans colère. Achille, daiis V Iliade^ jceste sourd aux supplications de Lycaon, qu'il tient terrassé sous sa lance. — Patrocle est mort, et son ombre veut être assouvie ; lui-même, Achille, doit mourir jeune : — t Donc^ meurs, ami ! »

Dans les Béraclides^ Télan de Macaria vers le sacrifice est plus haut encore, car il est purement volontaire. C'est avec une spontanéité passionnée qu'elle vole à la mort. Les enfants d'Hercule, après la mort de leur père, persécutés par Eurysthée, se sont réfugiés à Marathon, au pied de l'autel de Zeus. Démophon, fils de Thésée et roi d'Athènes^ a pris leur défense, il refuse de les livrer au tyran d'Argos. L'armée d'Eurysthée envahit l'Attique, une bataille a être livrée. Mais un oracle a retenti qui ne promet aux Athéniens la victoire que s'ils immolent à Perséphone une vierge née d'un illustre père. Aucun citoyen ne consent à dévouer sa fille pour des proscrits étrangers ; la discorde déchire déjà la cité, entre lé parti des Héraclides et celui qui leur est contraire. Au bruit de cette querelle, Macaria, la fille atnée du héros, sort du temple^ ardente, inspirée ; un dieu généreux bondit dans son sein. C'est la Pythie du

dévouement qui répond à la Pylhie de l'oracle:

« Ne craignez plus les lances d'Argos I Moi-même, avant d'y être contrainte, je me présente pour mourir, j'offre ma tête au couteau mortel I Eh quoil cette ville ne craint pas d'affronter pour nous un péril immense, et nous, laissant aux autres la peine, nous chercherions seulement à ne pas

mourir Prenez donc ce corps et conduisez-moi où il

faut qu'il meure. Couronnez-moi, consacrez-moi comme il vous semblera bon, et puis soyez vainqueurs de vos ennemis. Mon âme est prête, je veux mourir pour mes frères : je ne tiens pas à la vie et j'ai trouvé, pour en sortir, la plus glorieuse voie. »

Tout ce qu'elle demande, c'est de tomber décemment entre les bras des femmes, loin du regard des hommes. Un fier souci d'immortalité la préoccupe encore; elle réclame un mausolée magnifique, de pompeuses obsèques, fait aux siens des adieux rapides, et part pour la mort comme pour le triomphe.

Des femmes admirables viennent se joindre à ce groupe de Vierges-Martyres : Andromaque et Alceste, dont nous reparlerons tout à l'heure. — Il en est une autre dont l'apparition laisse sur l'esprit l'éclair d'une vision. C'est Évadné, veuve de Capanée, le béros argien foudroyé par Zeus sur les murs de Thèbes, pour avoir défié son toimerre. Le feu du

ciel ayant consacré son cadavre, Thésée lui a fait dresser un bûcher à part. Au moment où il s'allume, Évadné surgit, en habit de fête, sur un rocher qui domine le foyer funèbre. Elle annonce qu'elle va se précipiter dans ses fl'immes, et elle entonne un chant enthousiaste, où le souvenir évoqué de la nuit nupti ile semble une fleur cueillie et respirée au bord d'un volcan.

« De quelle lumière resplendissait le soleil, de quelle clarté brillait la lune, à travers le ciel, lorsque les nymphes légères agitaient leurs flambeaux dans la nuit, quand, au jour de mon hymen, la ville d'Argos fit retentir les chants éclatants du bonheur et les louanges de mon époux Gapanée, à Tarmure d'airain I Je suis accourue de ma maison, en délire, résolue de partager son bûcher et son tombeau. Car la mort est douce quand on meurt avec ceux qu'on aime. »

Son vieux père essaie en vain de la retenir ; elle lui répond comme du haut des airs, et l'on dirait qu'elle tournoie en battant des ailes, autour du bûcher. — a Me voici sur ce rocher, telle qu'un oiseau » au-dessus du bûcher de Capanée, prête à prendre » mon mortel essor! » Et elle se précipite à grand vol dans le sépulcre enflammé.

Scène prestigieuse, sans pareille dans le théâtre grec, et qu'on dirait teinte des couleurs de l'Inde : le bûcher y prend l'aspect du Suttie des sacrifices brahmaniques. Mais ici point de cortège sacerdotal.

ni de victime tirée du harem, engourdie par les philtres, traînée vers la crémation prescrite par les rites, dans une léthargie somnolente ; ni de cymbales fanatiques, étouffant ses cris. Mais Tacte d'amour de répouse libre et unique, aspirant à Téternité. de Thymeh et s'élançant vers l'époux par delà la mort.

Les Mères d'Euripide ne sont pas moins touchantes, quoiqu'il ait été trop prodigue de leurs désespoirs. — Mégara, dans Hercule furieux^ pleure sur ses fils condamnés par Lycos, avec une suavité pénétrante. On croit voir l'abeille de l'Hymète voltiger sur sa bouche émue, à travers une rosée de larmes.

« Oh! qui de vous serrer d'abord contre mon sein? Par qui commencer ? Par qui finir ? QueUes lèvres chercheront d*abord les miennes? Ohl que, volant sur toutes, comme l'abeiUe à TaUe d'or, j'y recueille, dans ces baisers, un trésor de larmes !»

Jusque dans Thorreur tragique, Euripide a peint l'amour maternel. Quelle scène que celle oîi Médée, forcenée de jalousie, tient, sur ses genoux, ses enfants qu'elle va tuer, pour se venger de Jason ! L'amour et la fureur s'arrachent son cœur déchiré; il en sort pêle-mêle des paroles de tendresse et de frénésie. C'est comme le double délire d'une fièvre de lait et de sang. Elle repousse les petits qui sourient sous son noir regard, les rappelle, les rejette en^

core: tantôt elle les étreint, tantôt elle les couve. L'orage qui la bouteverse a des aècahnies délicieuses. Ce rayon de miel que Samson trouva dans la gueule d'un lion étranglé, ici c'est une lionne furieuse qui le distille parmi son écume, et qui mêle sa douceur à ses rugissements.

« Chers fils, c'est donc en vain que je vous ai élevés, que j'jBà souffert pour vous tant de peines, que mon sein a été déchiré par Tenfontement !... Hélas! hélas ! pourquoi me reg^rdez-.vQus ainsi? pourquoi ce sourire^ ce dernier sourire? Malheur I malheur 1 que ferai-jel toute ma force s'en va, sitôit que je rencpufi^e les yeux joyeux de mes enfants... 0 chères mAÎn^t! chère» lèvres! nobles et riants yisages ! Soyez h^MreuXy mais non pas ici ; le bonheur de cette terre, votre père vous l'a ravi. Délices, de vos embrassements, tendres joues, douce haleine filiale ! Sortez, sortez ! je ne puis plus vous voir. La colère est la plus forte; je succombe au mal.»

Ces douleurs maternelles dont il avait Tinstinct si profond, Euripide les a agglomérées dans le Chœur de^ ses Suppliantes. De sept têtes blanchies, de sept âmes navrées, il a formé une sorte de Maternité pathétique parlant d*une seule voix, et qui, comme la Mater Dolarosa chrétienne, semble être transpercée de sept glaives dans un sein unique. Ce sont les mères, des Sept Chefs tombés sous les murs de Thèbes^ entourant d'un cercle de rameaux là mère de Thésée, et lui réclamant leurs corps restés sans sépulture. Rien d'émouvant comme cette prière séculaire, partie de voix cassées et tremblantes^ indistincte comme

celle qui gémit à l'unisson dans les temples. Rien d'auguste comme ce chœur de vieilles femmes prosternées aux pieds d'une aïeule, et tendant leurs mains ridées vers son front chenu.

« 0 vieille mère, je te supplie, moi, yieille comme toi, je tombe à tes genoux ! Rachète mes fils, ces corps sans tombeau, abandonnés en pâture aux bêtes des montagnes... Toi, aussi, tu es mère, ô Vénérable, un fils a rendu ta couche chère à ton époux. Tu peux entrer dans ma douleur, tu peux ressentir ce que je souffre, infortunée, pour ces morts.chéris que j'ai fait naître. Persuade à ton fils, dont je viens implorer Tappui, de marcher vers Tlsmène, et de mettre en mes mains les corps de mes enfants privés, hélas I de sépulture. Que je presse dans mes bras leurs membres meurtris I... Je ne puis me rassasier de mes larmes; elles coulent comme l'intarissable source qui dégoutte du rocher. Les femmes ont reçu, pour pleurer leurs enfants, je ne sais quelle puissance de désolation. »

L'unité de voix et d'âme dont le poète enveloppe ces douleurs divei^ses les rend plus navrantes. Qu'on se figure, à l'état tragique, une de ces Divinités primitives que les sculpteurs couvraient d'un triple rang de mamelles, et ce sein multiple soulevé par un seul sanglot.

Les Sœurs ne manquent pas à ce gynécée pathétique. Dans la médiocre tragédie â'Orestey Electre apparaît, un instant, sous un rayon de pitié célestei au chevet de la couche où le parricide agite ses remords. On la voit, comme dans une chambre de

malade, glisser d'un pas léger, recommander le silence à ses compagnes, un doigt sur les lèvres ; puis, quand son frère s'est réveillé, le redresser sur son lit, essuyer les restes d'écume attachés autour de sa bouche^ écarter de ses yeux ses cheveux souillés. Elle berce et elle assoupit son délire, elle exorcise par de douces paroles les Erynnies qui l'assiègent. On dirait une Sœur de charité antique, vêtue, au lieu de bure, d'une draperie de lin.

Bu haut, d^me tour de Thèbes, Antigone, dans les Phéniciennes^ se fait montrer par un vieillard les chefs de l'armée d'Argos. Elle cherche des yeux son frère Polynice dans l'épaisseur des phalanges. — a Où donc est celui qu'une même mère a fait nattre, » comme moi, sous des auspices si funestes? Cher » vieillard, dis-le-moi, où est Polynice ? » Il lui répond : — ^ « Yers le tombeau des sept filles de Niobé, » auprès d'Adraste ; le vois-tu ? » Alors un élan lyriue d'amour fraternel l'emporte vers lui, par delà les discordes de sa famille, et le fratricide qui s'apprête. Elle transfigure ce frère ennemi, il éblouit ses yeux en troublant son cœur.

« Oui, je le vois, mais à peine, — dit-elle au vieillard, — c'est comme son image, comme son fantôme. Oh 1 si, teUe qu'un nuage rapide, je pouyais, à travers les airs, Toler vers mon frère chéri, jeter mes bras autour de son cou, presser sur mon cœur le malheureux exilé I Qu'il est beau sous ses armes d'or! il rayonne comme le soleil du matin. »

Par-dessud ce groupe de femmes éplorées, se dresse, €omme un colosse de douleur, sur le fondde Troie embrasée, l'effrayante Hécube. Tous les malheurs sont tombés sur elle comme un immense écroulement : la ruine de son royaume, le massacre de ses cinquante fils, le meurtre ou Tesclayage de ses filles, rimmolation de ses petits^,enfants. Reine, épouse, mère, aïeule, elle a subi toutes les tortures infligées à chacun&des conditions de la vie humaine. Le fer a frappé sa fécondité déplorable dans tous ses rameaux ; la servitude Taltelle au char qui a écrasé son peuple et sa race : sa vieillesse semble concentrer les calamités éparses d'un siècle. Elle peut répondre à Àgamennon qui s'écrie : « Jamais femme fut-elle plus infortunée? — Jamais, sinon l'Infortune elk-méme. » — Sa voix, quand elle se lamente, couvre les plaintes des autres femmes, comme l'immense sanglot delà mer domine les gémissements des fontaines. Ses larmes ont un ruissellement' torrentiel ; elle mène, avec une frénésie asiatique, ses deuils innombrables; on la voit meurtrir ses joues de ses ongles, et rouler son vieux corps sur la poussière .de la plage t Comm,e Ijbs femmes de Ninive dont parle le prophète Nahum, « elle se » frappe la poitrine si fort, qu'on entend comme )> un son de tambourin »* L'aboi de la métamorphose qui l'attend retentit déjà dans ses cris. Aussi le

poète, cette fois excusable, a-t-il redressé hardiment contre TOIympe ce front qui semble ridé par la foudre. Cette réprouvée des Dieux les maudit moins qu'elle ne les nie. On Tentend grommeler de sourds blasphèmes au milieu des éclats de ses longs sanglots. Elle déclare que la tradition et les lois sont plus puissantes que les Dieux. « Car, dit-elle, c'est » pour nous conformer à' la tradition que nous » croyons aux dieux. » Ses prières sont perfides; le doute y serpente. Dans une invocation à Zeus, elle lance cette flèche envenimée qui le frappé au mystère même de son être : — « 0 toi qui donnes le » mouvement à la terre, et qui, en même temps, ré- » sides en elle! Qui que tu sois dans ton impéné- » Irabililé, nécessité de la nature ou esprit des » hommes... » : ^

Celte fois Hécube est vengée : le trait dardé sur rOlympien par la main tremblante de cette vieille esclave ne sera plus arraché.

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