LA COMÉDIE DES PROVERBES
les colimaçons parlaient, ils ne tiendraient pas un aalre langage :
m Pierre qui roule n'amasse pas de mousse. » » Robe de velours éteint le feu de la cuisine. » u Les petits ruisseaux font les grosses rivières. » « Mieux vaut encore la moitié de l'œuf que la coquille entière. »
« Haine de prince signifie mort d'hommes. » « Ce n'est pas or tout ce qui luit. » « Trop parler nuit; trop gratter cuit. » <( Un tiens vaut mieux que deux tu Vauras, »
Et autres sentences propres h servir d'enseignes aux gagne-pelit des vieilles rues mercières.
Quelle différence avec ces proverbes orienlaux, si graves et si poétiques, qui semblent tombés de la barbe odorante du roi Salomon, philosophant avec ^ la reine de Saba !
« Sols comme le bois de sandal» qui parfume la hache qui le frappe. »
« Souvent la langue coupe la tôte. »
« Si ton ami est le miel, ne le mange pas tout entier. »
« Ne cherche pas ta destinée, elle cherche après toi. »
« Tant que tu n'as pas prononcé un mot, tu règnes sur lui, mais, dès que tu l'as prononcé, tu deviens son esclave. »
« La mère d'un homme assassiné dort, mais la mère d'un ^sassin ne dort pas. »
u Les mules ont été demander des cornes et elles sont revenues sans oreilles. »
« Quand tu es enclume, prends patience; quand tu es niarteau, frappe droit et bien. »
L*Orient frappait en paroles d*or son anliqae sagesse ; le Moyen âge monnayait la sienne en billoo.
La Comédie des Chansons, d'un anonyme, n*est pas moins bizarre. Le ramage y tient lieu de langage. C'est moins une pièce qu'une volière, où les personnages, n'ayant rien à dire, chantent et s'égosillent, comme des moineaux francs. Au refrain sans rime répond le couplet sans raison ; le pont-neuf jase avec l'ariette, et la roulade donne la réplique à la ritournelle. Écoutez la sérénade du Matamore griffant sa guitare :
Laquais, pour moi toutes les daines Brûlent d'incomparables flammes ; Mais vainoment) pour les guérir, Elles me font mille prières...
Us sont bossus, les cimetières Des dames que J'ai fait mourir!
A quoi répond, sur sa petite flùle, un berger, grand dénicheur de merles et grand voleur de baisers :
J*aimeray toujours ma Philis, Et les roses et les lys
De sa Joue,
Où se Joue Le petit enfant Amour, Qui cueille des fleurs à Tentour.
Philis a les cheveux si blonds Qu'ils lui couvrent les talons ;
Et los fées,
Décoiflées, Portent envie aux beaux nœuds Dont elle estreint mille amoureux.