DANCOURT
que scrupule; il demande s'il doit brusquer la bourse de ces deux messieurs ou la vider tout doucement. « Non ! brusquer, brusquer, c'est le plus sûr! » — répond A^raminte; — « j'-ai furieusement affaire d'argent comptant. »
Alors Frontin et Lisette enseignent aux deux femmes leur nouveau métier. 11 faudra faire les yeux doux à leurs galants, et leur sourire à propos, et recevoir leurs billets, et se laisser prendre les mains, et « souffrir par aventure... » Ici Angélique s'indigne et Araminte se récrie, mais Fronlin leur fait entendre qu'il faut savoir gagner son argent. — « Vraiment, il sait le monde, et il a de Tesprit, ma bonne, » — dit Angélique adoucie. — « Nous ne hasarderons rien, » — reprend l'autre, — « de nous remettre à sa conduite. »
Les deuxmaris troqués mutuellement, saurpartage des bénéfices de cette cession réciproque, leur exploitation commence, par Tentremise de la valetaille. Lisette extorque deux cents louis neufs, des griffes serrées de M. Griffard, et Frontin fait signer, à M. Simon, un billet de mille écus payable au porteur. Tandis qu'ils vaquent à ces œuvres pies, le Chevalier vole, à sa mère, le diamant qu'Angélique volait à son mari tout à l'heure. Car on vole a la journée dans cette comédie bourgeoise ; la scène pourrait représenter une forêt. Le diamant est porté, par Frontin,