‹ Les deux masquesChapitre 8 sur 55 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

H. — Lady Mtcbelh.

Le caractère du Macbeth de Shakespeare est d*une barbarie presque surhumaine. On dirait que Taction se passe dans le monde d'Odiu et de Tentâtes. Il y règne Thorreur ténébreuse qui effraye Tacite décrivant les forêts de la Germanie. Le groupe de sorcières qui traverse, à la première scène, la lande battue par l'orage, marque l'époque presque fabuleuse où le poète a placé son drame, comme un vol de pingouins indiquerait la latitude des régions polaires. Elles n'appartiennent même pas à l'Enfer de la chrétienté, elles semblent plus antiques, plus immémoriales. Les Euménides d'Eschyle reculeraient d'effroi devant ces vieilles barbues, « aux lèvres de parchemin ».

90 SUAKESPEARE

Leur stupidité môme est terrible; elles possèdent raction, sans s'y intéresser; elles comprennent à peine la tragique énigme dont elles roulent le fil entre leurs « doigts tranchants » . Leurs propos baroques tiennent du cri de la bête et du radotage de Tidiot. Écoutez-les bavarder sur la bruyère, avant le passage de Macbeth : pas un mot de la destinée du héros, que va perdreleur salut perfide. Elles parlent du cochon qu'elles viennent de saigner, et des châtaignes que leur a refusées la femme d'un marin ; elles se montrent le pouce d'un pilote naufragé, et brocantent entre elles des vents de tempête. On croit entendre les cancans des duègnes à ailes de chauves- souris et à pieds de chèvres, qui font tapisserie aux bals du Sabbat. C'est avec une sorte de trivialité culinaire qu'elles remuent leur philtre exécrable :

« Œil de salamandre, orteil de grenouille, fiel de bouc, nez de Tartare, boyaux de tigre, sang de babouin, graisse de pendu, doigt de Tenfant d'une prostituée, étranglé en naissant, et mis bas'dans un fossé. »

C'est avec une indifférence apathique qu'elles évoquent, devant Macbeth, les fantômes desrois à venir. Servantes de la Destinée, elles exécutent ses ordres, sans les discuter : portières de l'enfer, elles tirent machinalement le cordon de l'autre monde, sans se soucier de savoir qui entre ou qui sort.

Macbeth est le contemporain moral de ces monstres rudimentaires. C'est le barbare, sauvage hier, à peine sorti du règne animal. L'ombre des forêts natales obscurcit encore son esprit; il est le jouet (le la convoitise et la proie de la tentation. Le crime, qui trouve, à Tentrée d*une intelligence cultivée, millo idées rangées en b.itaille pour le repousser, envahit, en un instant, cette tête étroite et dure comme le casque qui la comprime. Aucune lueur de moralité n*y pénètp* ; il croit à la prédiction des sorcières, comme un Cafre à Foracle de son manitou.

Les héros classiques, avant de commettre un meurtre, Tétudient et le préméditent ; ils plaident, en quelque sorte, devant leur conscience, le pour et le contre de l'acte en question ; ils lui cherchent une raison morale ; ils s'appuient, pour l'accomplir, sur quelque idée haute ou forte; ils le justifient par le châtiment ou par le talion, par l'expiation ou par la vengeance. Macbeth, lui, n'agit que sous l'impulsion violente de la convoitise. La parole des sorcières : « Macbeth, tu seras roi ! » le métamorphose subitement. Pas un doute, aucune résistance. L'oracle le somme de l'accomplir; désormais, il sera Tesclave de sa consigne infernale. A peine tombée dans son âme, la prophétie y germe avec une rapidité fantastique; elle remplit et elle envenime tout son être. Il marche à sa victime avec l'aveugle élan

(lu fauve fondant sur sa proie. — a Ma pensée où » le meurtre n'est encore qu'à l'état de fantôme, » m*ébranle à ce point, que pour moi le présent » n'est pas : l'avenir seul existe. » — Suivez-le dans la voie scélérate où il va entrer ; il y court par bonds et par soubresauts. Le remords l'attaquera quelqueroiSy mais toujours sous la forme d'une image physique ou d'un spectre, jamais sous celle d*une idée morale. Au moment d'égorger Duncan, il n'hésite que devant les conséquences terrestres du forfait.

« Si, la chose une fois faite, tout était fini, le plus tôt serait le mieux. Si l'assassinat ne devait être suivi d'aucune suite, et que Texécution assurât le succès, si, après avoir frappé le coup, tout devait se terminer ici -bas, de ce côté du fleuve de l'éternité, je ferais bon marché de la vie avenir. »

Quand il a tué, il n'est guère ému que par les souillures du couteau ; c*est de sa main sanglante qu'il a peur. Le remords ébranle ses muscles grossiers, mais n'atteint pas à son âme.

c< Quelles sont ces mains -là? Elles m'arrachent les yeux. Tout l'Océan du grand Neptune suffira-t-il à nettoyer le sang de ma main? Non, c'est plutôt ma main qui donnerait son incarnat aux mers immenses, en faisant de leurs eaux vertes un flot rouge. » «

S'il a hésité en traversant la chambre de sa vie-

tiine, c'est qu'il a entendu des paroles murmurées en rêve par les sentinelles endormies :

« 11 y en a un qui a ri dans son sommeil, et qui a crié : ■ Dieu nous bénisse ! » L'autre a répondu : « Amen ! » comme s*ils m'avaient vu, avec ces mains de bourreau. J'écoutais leur frayeur, mais je n'ai pu répondre « Amen! » lorsqu'ils ont dit : « Dieu vous bénisse I »

De même, après l'assassinat de Banquo, il ne faiblit que devant son fantôme venant prendre place au banquet royal.

« Tout ce qu'ose un bomme, je l'ose. Approche sous la fîgare de l'ours velu de Russie, du rbinocéros armé ou du tigre d'Hyrcanie ; prends toute autre forme que celle-ci, et mes nerfs impassibles ne trembleront pas : ou bien redeviens vivant, et provoque-moi au désert, avec Ion épée ! Si alors je m'enferme en tremblant, déclare-moi le marmot d'une fille. Hors d'ici ! Ombre horrible 1 »

Dès que le spectre disparait, il sent renaître son brutal courage, Tendurcissement le reprend : « Je »> redeviens un homme ! » s'écrie-t-il, — I am a man again! — Et il sort du festin funèbre, en méditant de nouveaux carnages.

Une fois lancé, il ne s'arrête plus ; sa logique est courte comme son poignard : a II faut que le mal » consolide ce que le mal a commencé. » Le premier meurtre a développé en lui tous les instincts carnassiers. Désormais, il tue pour régner, comme le tigre pour manger, avec la violence et la fatalité

n SliAKESPGAIiE.

du besoin. Cet acharnement au mai est encore un des signes caraclérisliques du Barbare. Tandis que les tyrans du monde civilisé s'aJoucissent quelquefois, ont des répits d'amendement et des caprices de clémence, les chefs de hordes, les « Fléaux de Dieu » , les rois du steppe et de la forêt sonl pris, en tuant, d'une horrible ivresse; ils s'enfoncent dans la multitude de leurs crimes, comme dans une mêlée. Leurs derniers jours ressemblent à ces crépuscules où le soleil se couche dans des nuages de sang. Ainsi fait Macbeth : de scène en scène, son premier crime va se multipliant, en quelque sorte, par le carré de son énormité. Après Duncan, Banquo; après^Banquo, la femme et les enfants de Hacduff; puis, des massacres en masse, TÉcosse qu il ravage et qu'il extermine.

<( Hormis ce qui n'a pas de conscience, nul n'y est vu sourire. Des soupirs, des gémissements, des cris à déchirer l'air y sont entendus, mais non remarqués. Le désespoir violent y semble un délire vulgaire ; la cloche des morts y sonne, sans qu'à peine on demande pour qui ! — La rie des hommes de bien y dure moins longtemps que la fleur de leur chapeau ; elle est finie, avant d'être flétrie. >>

L'adversité ne fait qu'exaspérer le roi régicide. Su fortune décline, les Thanes s'insurgent, ses partisans l'abandonnent, le sang de ses victimes crie si fort, qu'il ameute contre lui l'Angleterre en armes. Le voilà acculé dans sa forteresse, comme un sanglier

contre un chêDO, et jamais il n*a élé plus âpre au meurtre, plus invulnérable au remords. L'impénitence finale lui prête un effroyable héroïsme ; il joue le va-tout de sa destinée, en centuplant Tenjeu de ses crimes.

« Qu'on pende ceux qui parlent de peur I Je me suis gorgé d'horreurs. L'épouvante ne peut plus me faire trèssaiUir. Pourquoi jouerais-je le fou romain, et me tuerais-je de ma propre épée ? Tant que je verrai des vivants, ses entailles feront mieux sur eux. Je combattrai jusqu'à ce que ma chair tombe hachée de mes os. »

Ainsi va-t-il, dressé contre le ciel, roidi contre les hommes, se cramponnant à la prédiction des sorcières qui lui ont promis la victoire, tant que la forêt de Birnam ne marcherait pas au-devant de lui*. Ce fragile espoir craque et se brise avec les rameaux cueillis par les soldats de Malcolm, qui font de son armée une forêt vivante. Alors Macbeth désespère et meurt. Mais son dernier cri blasphème et provoque encore. — « Damné soit qui le premier « criera : « Arrête ! Assez ! »

Lady Macbeth complète son mari. On chercherait en vain^ dans le monde classique, une femme de cette trempe. Médée et Clytemnestre semblent des femmelettes auprès de cette Tirage formidable. Elle porte dans le crime un enthousiasme féroce. On dirait une de ces druidesses qui égorgeaient les captifs sur la pierre nue des cromleks, et qu'on Toyait courir, à travers les rangs des guerriers celtiques, voilées de noir, les cheveux au vent, une torche à la main, vociférant des imprécations. Sa scélératesse a la solennité d'un sacerdoce homicide. C'est avec la sombre ferveur d'une initiée se youant aux Mystères^ qu'elle se consacre aux Génies du mal :

t Venez I venez ! Esprits qui escortez les pensées de mort ! Désexez-moi (Unsex wie), et, du crâne au talon, remplissez-moi toute de la plus atroce cruauté. Épaississez mon sang, fermez en moi tout accès, tout passage aux remords ; qu'aucun retour compatissant de la nature n'ébranle ma volonté, et ne mette le holà entre elle et Texécution I »

Son vœu est exaucé : de cette enveloppe de femme qu'elle rejette, surgit un être qui n'a plus rien d'humain. Elle prend l'aspect de ces reines mérovin-

giennes qui se dressent, la hache au poing, au milieu de leurs tueries dynastiques, sur un monceau de fils et de neveux massacrés. — a. J'ai allaité, » — ditelle à Macbeth, hésitant devant le sommeil de Duncan — « et je sais combien j'aimais le petit qui » tétait mon sein. Eh bien I au moment où il souriait » à ma face, j'aurais arraché de ses gencives sans os » le bout de mon sein, et je lui aurais fait jaillir la » cervelle, si je l'avais juré, comme vous avez juré » ceci I »

Il y a dans l'œuvre d'un mettre allemand, contemporain d'Albert Durer, une gravure d'un sens terrible et profond. Elle représente un soldat, bardé de pied en cap, marchant à terre comme un quadrupède. Sur son dos, bombé par l'armure, siège une femme qui le frappe de son talon éperonné, au défaut de la panoplie. L'épais guerrier avance lourdement, embarrassé par ses genouillères; il retourne vers l'amazone sa grosse tète farouche et soumise. Évidemment il est maté, il ira jusqu'à ce que le souffle lui manque. La femme, d'ailleurs, n'a rien d'Armide ni d'Omphale: aucune mollesse, aucune volupté. Ses grands traits durs n'expriment qu'une méchanceté énergique, mêlée à un air de rêve. — C'est l'image de Macbeth subjugué par sa terrible femme.

L'influence qu'elle exerce sur lui, rappelle l'adoration fanatique qu'inspiraient aux Germains leurs

sombres prêtresses. Tandis que l'homme du Midi ne rêve la femme que tendre et suave, mollement appuyée, et fait de sa lâcheté même une grâce adorable, riiomme du Nord la conçoit forte, violente, intrépide. Son idéal, c'est la guerrière, la femme mâle que Tacite nous montre recevant, sur son lit de feuilles, au matin de la nuit nuptiale, deux bœufs sous le joug, un cheval harnaché^ une hache et un bouclier, symboles de vie et de mort communes : sic vtvendum, sic pereundum 1 L'homme, en ces temps de lutte sans trêve pour Texistence, exigeait de sa compagne une force pareille à la sienne. Les griffes de la lionne valent celles du lion, ses dents sont aussi tranchantes que les siennes : tous deux ont à traverser les horreurs et les périls du désert.

Aussi, comme Macbeth admire sa féroce lady! 11 a, pour ses cruautés, le grossier respect qu'ont les athlètes pour ceux qui les surpassent en force physique : « Ya, lui dit-il^ n'enfante que des Qls, car la » trempe de ta nature intrépide ne doit former que » des mâles. » Elle le domine de toute la hauteur d'un caractère raidi dans le mal. D'un bout à l'autre du drame, elle garde un effroyable sang-froid. Aucun frémissement humain ne rompt la dureté glaciale dont elle s*est couverte. Le remords même n'ose Tassaillir que dans son sommeil. Elle le subit comme une maladie, elle ne Taccepte pas comme un

châtiment. Le somnambulisme qui Tarrache à son lit, et la promène, une lampe à la main, dans les corridors de Dunsinane, ne lire d'elle que le mouvement nerveux de laver ses mains, mais pas un cri de pardon ni de repentir. Tout au contraire, au milieu même de celte pantomime expiatoire dont elle n'a pas la conscience, son àme s'acharne à l'idée du meurtre.

« Fi donc I mon époux ! fi donc I Un guerrier avoir peur ! Que nous importe qu'on le sache, quand nous serons toutpuissants, et que personne ne pourra nous demander des comptes !... En voilà assez, seigneur, en voilà assez! Vous gfttez tout avec vos terreurs... Laye tes mains, mets ta robe de chambre, ne sois point si pftle ; je te le répète, Banquo est enterré, il ne peut sortir de sa tombe... Viens, donnemoi ta main, ce qui est fait ne peut être défait. Au lit! au lit 1 »

Macbeth reste fidèle jusqu'à la fin à sa compagne infernale. Aucun reproche, aucune récrimination ne tombent de ses lèvres. Le pied dans le goufire où elle Ta poussé, il se retourne encore pour la recommander au médecin qui soigne sa fièvre tragique:

« Docteur, comment va notre malade I... Guéris-la de cela. Tu ne peux donc pas traiter un esprit malade, arracher de la mémoire un chagrin enraciné, effacer les ennuis écrits dans le cerveau, et, grâce à quelque antidote d'oubli, débarrasser le sein gonflé des dangereuses matières qui pèsent sur le cœur ? La médecine, aux chiens 1 Je n*en veux point. »

Lorsqu'on lui annonce la mort de sa femme, il est cerné, traqué, aux abois; la forteresse où il s'enferme ploie déjà sous Tattaque de l'armée furieuse qui l'assiège. Pourtant il ne maudit point celle qui Ta perdu et qui l'entratne dans sa tombe. S'il ne la pleure pas, c'est qu'il n'a que le temps de mourir ; mais il jette à sa mémoire, entre deux ordres donnés à ses soldats, un adieu poignant :

« Elle aurait dû mourir plus tard, et attendre que j'eusse le temps de m'occuper de sa mort. Demain, puis demain, puis demain se glisse à chaque pas, de jour en jour, jusqu'à la dernière syllabe des registres du Temps. — Éteinstoi, éteins-toi, courte chandelle ! La \ie n'est qu'une ombre qui passe, un pauvre comédien qui piaffe et se cabre une heure sur la scène, et qu'ensuite on ne revoit plus. C'est un conte dit par un idiot, avec grand bruit et grand fracas, et qui ne signifie rien I »

Ces deux figures effrayantes régnent dans un milieu fait à leur image, où tout est vertige, désordre, subversion, mélange tumultueux de réalité et de rêve. L'action dure-t-elle quelques jours ou quelques années? — Qui pourrait le dire? Calcule-t-on le temps et l'espace que les rêves parcourent? Elle semble voler avec les ailes noires de ses trois démons.

On passe, du camp où les soldats s'agitent, à la clairière déserte où les slryges bivouaquent; de la chambre du meurtre^ à la salle du banquet; de la grotte enfumée où flottent des fantômes, à la plaine

MACBETH. iOi

OÙ les armées s'entrechoquent. Les valets bavaj'dent devant la porte, tandis que des cris de mort retentissent dans rintérieur du château. Des enrants jasent sur les genoux de leur mère ; un assassin survient qui les emporte en courant. Les morts coudoient les vivants; de Thomme égorgé sort un spectre qui reprend et poursuit son rôle. Le paysage même entre dans Faction, il l'accompagne comme un orchestre lugubre et lointain. Le corbeau, perché sur la girouette, croasse, en voyant Duncan entrer dans le château de Macbeth; les martinets qui voltigent autour de ses tourelles le saluent de leur ramage ironique; les chevaux du roi s'entretuent à Técurie, pendant qu'on l'égorgé ; le cri du chat-tigre et le glapissement du hérisson convoquent les harpies à leur cuisine diabolique. On voit marcher une forêt. Le temps lui-même semble détraqué autant que les êtres étranges dont il agite l'existence. On dirait qu'il tremble, comme fait parfois la terre, tant les événements se heurtent et s'écroulent les uns sur les autres. Victoires, assassinats, festins, apparitions, châtiments, prodiges, vicissitudes de fortune, élévations soudaines, chutes foudroyantes ; tout cela se presse, se pousse, se culbute, comme les vagues d'une mer forcenée. Les personnages arrivent en sueur, échangent des paroles ou des exclamations saccadées, et repartent en toute hâte pour l'action

urgente. On croit les entendre filer au galop sur les chevaux pâles de TApocalypse.

Leurs caractères changent à vue d'œil, comme les événements : ils s'endurcissent et se pervertissent avec une rapidité fantastique. La pensée da crime, à peine conçue, prend souffle et vie, corps et figure ; le meurtre sort tout armé du cerveau qui n'y songeait pas tout à Theure. Entre le forfait et la récidive, il n'y a que le temps de relever et d'abaisser le couteau. D'une scène à l'autre, les âmes se damnent, les consciences se dépravent, les orgueils fléchissent, les démences éclatent, Tambition qui défiait la foudre tombe dans le gouflre do désespoir. Jamais on n'a plus vécu en moins de temps et en moins d'espace. Le spectateur lui-même partage la fatigue immense qui saisit Macbeth, au terme de sa carrière dévorante :

« Je me sens le cœur malade. Je commence à être las du soleil. Je voudrais voir Tunivers s'anéantir ! >»

Page 1