‹ Les deux ménages, comédie en trois actes et en proseChapitre 14 sur 58 · ACTE I, SCENE IX · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE IX

MADAME HIPPOLYTE

Oh ! de Vue seulement.

MADAME BOURDEUIL.

Et c'est sans doute chez cette jeune dame que vous l'avez rencontré ?

MADAME HIPPOLYTE

Non , Madame , non ; je mentirais si je disais que je l'ai vu chez elle. D'abord, ce serait, que je ne le dirais pas , car je suis très-discrète et je n'aime pas les propos ; mais seulement je l'ai aperçu deux fois sous la porte cochère en embuscade , ayant l'air de guetter quelqu'un et de s'impatienter 5 il paraissait même avoir beaucoup d'humeur, comme un jaloux enfin. La première fois , je n'ai pas fait grande attention à ce Monsieur 5 la seconde , cela m'a paru un peu suspect, Jusques-là ce n'était encore que des conjectures , et je n'y ai attaché aucune importance • mais quel a été mon étonnement , lorsque tout à l'heure je suis venue toucher ce bon à la caisse et que j'ai reconnu mon jaloux.

MADAME BOURDEUIL , à part.

Grand Dieu ! qu'entends-je !

MADAME DORSAL

Vous nous donnez là, Madame, des détails que nous n'avons pas besoin de savoir • encore une fois , nous ne voulons rien acheter.

MADAME BOURDEUIL , toujours inquiète.

Et vous dites donc que vous avez reconnu ce Monsieur à la caisse ?

MADAME DORSAL

Eh! qu'importe que Madame l'ait reconnu ou non. Cela ne nous regarde pas. Je vous le répète , Madame , nous n'avons besoin de rien : veuillez nous laisser.

x8 LES DEUX MENAGES ,

MADAME HIPPOLYTE

Pardon , Mesdames , de vous avoir dérangées ; lorsque vous aurez besoin de quelque chose , ayez la bonté de vous adresser à moi : madame Hippolyte, rue Chantereine. J'achète, comme je vends, et me contente d'un bénéfice honnête... Votre très-humble servante , Mesdames .

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