ACTE II , SCENE VIII. 3g
î)ien , qui a eu l'audace de se présenter chez moi , sous le prétexte de m'offrir ses services au ministère de la guerre.
MADAME DORSAL
Vraiment !
MADAME MOJNTALAN.
J'ai eu toutes les peines du monde à me soustraire à ses importunités... Croirais-tu qu'il a osé m'écrire, et que , pendant plus de quinze jours , il me suivait aux spectacles , aux promenades ?
MADAME DORSAI, riant.
C'est qu'il était profondément blessé.
MADAME MONTALAN.
Non j mais c'est , je crois , un de ces jeunes gens qui ont l'habitude des bonnes fortunes , et qui , incapables d'éprouver un sentiment vif, se bornent à faire la cour aux dames , comme ils le disent eux-mêmes , en amateurs. Voilà pourtant à quoi Ton est exposée quand on est veuve... Tu es plus heureuse, toi j tu es mariée, tu es à l'abri des déclarations.
MADAME DOBSAI.
Mais point du tout , ma chère , les femmes mariées en reçoivent tout comme les autres. Chaque fois que je vais au bal , on m'en adresse toujours deux ou trois. Ces Messieurs prétendent , quand ils aiment une femme , qu'un mari n'est pas un obstacle : qu'au contraire c'est plus piquant.
MADAME MONTALAN.
Quelle horreur!
MADAME DORSAI.
A propos , ma chère amie , c'est demain la fête de Dorsai ; je donne une soirée charmante , et je compte sur toi pour rendre plus agréable encore la surprise que je ménage à mon mari.
4o LFS DEUX MENAGES ,