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comédies, représentées au premier théâtre, l'onl placé au rang le plus élevé des auteursdramaliques. Le talent de M. Scribe, éminemment français par l'esprit joint au sentiment, a eu cela de remarquable que, tenant essentiellement au caractère de notre nation, en représentant les délicatesses de caractère les plus e\quises, il a été cependant connu, apprécié et reçu avec le même enihousiasme
AVIS DliS liDITELUS.
dans tous les autivs pays de l'Europe; ces pièces, depuis leur aiiijarilion, sont ou possession de diarmer le pulilic d'élite dans les cours et les villes étrangères depuis Londres et Madrid jusqu'à Saint- Pétersbourg.
Ce succès universel est certainement dû aux études profondes qui, dans ces Œuvres, se catlient sous les formes les plus légères. La nature humaine est partout la même, et on trouve dans les scènes de ces nombreuses comédies une analyse aussi fine que savante des sentiments on des passions.
La littérature est un miroir où le monde aime pardessus tout à voir représenter fidèlement son image. Ce que M. de Balzac a faitdans les romans, M. Scribe l'a fait sur la scène; il y a une même vérité do caractère, une même habileté de déveloi)penienls philosophiques, et cette lumière répandue sur les moindres impressions, grâce à laquelle lecteurs et spectateurs se sentent révélés à eux-mêmes.
Mais après cetle[siniilitude, M. Scribe a sur noire grand romancier un remarquable avantage.
Ses œuvres peuvent être lues partout et de tout le monde ; h' sens moral qui y doinine les imtrone d'une manière toute -puissante. Les seutimenls d'honneur et de vertu dont elles sont empreintes, les fout apprécier par les chefe de famille de toutes les classes qui tiennent à conserver la pureté do leur intérieur domestique; et jamais un mot ou une situation hasardés ne peut les faire retirer même des mains des plus jeunes filles.
En dehors du théâtre, M. Scribe a publié des romans, des NOUVELLES, desraovEnDEsquieusseatsulii à lui faire un beau nom comme romancier s'ils ne fussent pas sortis d'une plume à la réputation de laquelle on ne pouvait guère ajouter. Aux yeux du public, les romans de cet écrivain se perdent souvent dans sa grande célébrité théâtrale : mais pour celui qui lit leurs pages avec entraînement, et les médite avec attention, ces livres se placent à un pre-
nner rang dans le genre auqutd ilsaiiparliennimt.
Cependant, malgré leur immense popularité, ces romans et même ces pièces si souvent admirées sur la scène, sont encore peu répandus en volumes, et ne comptent qu'un nombre restreint de lectems.
C'est qu'en eti'et jusqu'ici lesCEuvres de M. Scrilhi n'ont été publiées qu'à un prix tellement élevé ipie peu de personnes pouvaient y atteindre.
Nous p(însons donc que là, plus que partout ailleurs, il manque une édition, à la fois élégauti.' comme l'esprit de l'ingénieux auteur et accessible à tout le monde.
En France, où les dépenses de luxe sont excessives, où des sommes énormes sont prodiguées tous les jours pour la parure, les équipages et la table, on ne fait généralement aucun frais pour les bibliothèques; les plus riches habitations en suut souvent dépourvues. Par une de ces contradictioii-i si fréquentes dans la nature humaine, la FiMur;', la terre la plus lettrée de l'Europe., est celle où 0:1 achète le moins de livres.
En publiant une édition des Œuvres de M. St'ribe à un )uix beaucoup plus restreint , nous croyons donc ollrir au public une heureuse occasion de connaître davantage un des écrivains le filus digue de l'être, et en même temps nous adresser à toutes les classes, puisque les unes et les autres ne sauraient aifecter beaucoup d'argent aux œuvres les plus précieuses de la littérature.
Djs vignettes dues à nos meilleurs artistes , cuunno dessinateurs et comme graveurs, et Ami nous sui'veillerons avec le plus grand soin le clioiv et l'exécution, rehausseront cette publicatii u. N^uh ue pensons pas qu'aucun orneme.ut puisse rien ajouter au mérite de l'ouvrage, mais du moins lions ne voulons rien négliger- pour en rende.' l'aspect et la lecture plus agréables.