‹ Les deux mèresChapitre 18 sur 130 · I.F.S Di:iX MfiRES · texte numérisé non relu

I.F.S Di:iX MfiRES

W""- (le Pontcliariier donnant le bras à L(îu[)oid ri à c6U- d'elle, M"'" de Bracy, soitaienl en efîei alors de la maison cl semblaient se diriger du côté du bois.

—Oui, ce sont eux ! repartit Julie; tenez, ils se rendent probablement à la pièce d'eau... ils passeioni par ici , vous reç;ariJcrez bien encore M. Léopold et vous me direz enlinle motif de toutes vos questions.

Louise, le visageen feu, le coeur palpitant, se laissa entraîner par Julie et reprit sa place et son ouvrage.

—Oui! le voir! le voir encore! murmura-t-elle... Serait-il donc possible que .je me fusse abusée... Et par (juel mojen découvrir la vérité?

Deu.x niinutess'écoulèrenldurani lesquelles Louise entendait les battements de son cœur.

Enlin M"-» de Pontchartier, M""^ de Bracy et Léopold approclièrent.

Mais au lieu d'entrer sous les tilleuls ils prirent une allée transversale qui les en éloign.nit.

Julie laissa échapper un soupir de désappointement.

— Quel dommage! fit-elle, ils ont changé d'idée, à ce qu'il parait ! vous ne les venez |ias. ma petiie.

Louise qui n'avait pas osé lever les yrux jusquelà. dans .'^on attente inquiète, se trouva debout aux paroles de la cainériste.

—Si! si! je les verrai! il le faut! il le faut! murmura-t-elle.

Et courant comme une gazelle, elle alla se placer derrière un massif de lilas près duquel les promeneurs devaient nécessairement passer, au bout du sentier où ils étaient engagés.

— N'est-il pas vrai , nion ami , que ce parc est extrêmement joli?

—Oui, ma mère.

—Ah! vous allez voir ma pièce d'tau tout à l'heure!

M™" de Bracy et de Pontchartier et le marquis Léopiild de Bracy étaient déjà loin...

Mais Louise avait de nouveau entendu la voix du jeune homme ; à travers le feuillage, le regard de la pauvre fille s'était posé ardent sur le visage de Léopold, et sa conviction, un instant ébranlée par l'étrange récit de Julie, avait repris toute sa force. Elle ne pouvait plus douter!.. Quoiqu'il efit appelé une étrangère : « ma mère,..» quoique cette femme semblât lé traiter comme son fils, c'était Christian ! c'était bien Christian qu'elle venait de voir et d'entendre!

Elle suivit des veux les trois promeneurs qui se perdaient dans les allées sinueuses du parc, puis elle retourna lentement vers la femme de chambre.

Comme elle marchait ainsi, une inspiration la frappa: quoique convaincue elle voulait se donner à elle même des preuves irrécusables qu'elle ne se trompait pas.

—En vérité, dit-elle, le sourire aux lèvres, mademoiselle, je ne sais pas à quoi je pensais tout à l'heure! je ne connais pas du tout M. de Bracy... je vous le répète... une ressemblance extraordinaire... avec une personne... qui m'est chère... m'a abusée...

Ah ! est-ce qu'il a une soeur , M. Léopold ?

Cette question, émise du ton le plus naturel, le plusindilférent, coûta pourtant une peine infinie à Louise.— Il m'a dit qu'il m'avait prise pour sa sœur, pensa-i-elle... mais en prononçant ces paroles en forme d'excuse, il semblait embarrassé... on aurait dit qu'il mentait.

— Une soeur? repartit la camériste, une sœur? M. Léopold! Quelle autre idée vous prend là? mais pas du tout! il est fils unique.

Louise frissonna de joie.

—Il m'avait menti ! C'est lui ! c'est lui! c'est lui! se dit-elle.

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