LES SUITES D'UN PETIT SOUPER
M. le baron d'Osser ne ferma pas l'œil de cette nuit.
Joseph lui avait remis, la veille au soir, la lettre de M. Claude qui le convoquait pour le lendemain, chez lui, Claude, à huit heures du matin, avec la baronne et Florence.
Ceci annonçait manifestement quelque nouveau malheur.
Armand fui vingt fois sur le point, durant cette uuii, de se rendre chez sa femme, afin d'alléger au moins son inquiétude en la partageant.
Mais lorsqu'il vint à songer que peut-être Robertine dormait et oubliait pour quelques instants sa peine, il eut houle de lui-même et refoula son égoïste empressement.
Longtemps avant le jour il se leva.
11 avait la fièvre.
Son cerveau troublé lui montrait d'étranges choses.
Ce fut au point que, vers quatre heures après minuit, il crut voir, aux rayons pâlissants de la lune à son coucher, une forme sombre se traîner le long des allées du jardin.
Celte sorte de fantôme qui tranchait sur le fond blanc des carrés de gazon couverts de neige, était sortie de l'ombre du pavillon habité par Rembrès et se dirigeait vers l'une des ailes de l'hôtel.
Le baron eut peur d'être fou.
Il se prit à marcher à grands pas dans sa chambre pour échapper à ce qu'il prenait pour une vision bizarre.
Quand il revint vers la fenêtre, la lune était sous un nuage.
11 n'y avait plus de fantôme.
A six heures et demie, ne pouvant jihis dompter son anxieuse impatience, il sortit et alla frapper à la porto de Robertine.
Robertihe ne répondit pas.
Armand voulut tourner le bouton, mai» la porte était fermée en dedans.
Il fiappa plus fort, puis il appela; au bout de quelques minutes, la porte s'ouvrit enfin, et Robertine, vêtue d'un peignoir blanc, apparut aux regards de son mari.
Elle était si pâle, qu'Armand recula, effrayé.
— Entrez, dit-elle.
Armand obéit, la regardant toujours avec surprise et crainte.
Avant qu'il pût ouvrir la bouche pour s'informer de sa santé, Robertine prit sa main, qu'elle serra coniro sou cœur avec une force convulsive.
Celte pression produisit sur Armand un efTet pénible.
Les mains qui retenaient la sienne semblaient êtie de marbre, et, a travers la toile du peignoir, la piiitrine de la jeune femme avait donné à son toucher un froid glacial.
Mais ce froid extraordinaire et cette pâleur n'étaieul lieu auprès du clianj^emenl qui se montrait dans la physionomie de Rubeiliiie.
Ses traiis demeniaieni admirablement harmonieux et beaux et ressorlaient avec le dessin pur de son visage, dans le cadre opulenl de sa chevelure dénouée.
El cependaul, elle ne se ressemblait plus à ellemême.
Il y avait sur cette beauté, hier encore si radieuse, un Voile, une brume, quelque chose.
Cet œil, si brillaut naguère, manquait de l'étincelle de vie.
Ce Iront availl'éclat mat et l'immobilité funèbre de lalbàlre. .
Celte bouche aux sourires doux et bons avait pris l'aspect dur de lèvres sculptées dans la pierre.
On eût dit que la mort avait louché de son aile celle créature exquise , lui enlevant les charmes ailhérenls à la vie, et lui laissant la beauté morne des slalues...
Elle avait conduit Armand jusqu'à son canapé, sur lequel il s'assit.
Elle demeura devan' lui.
— Au nom du ciel, Robertine, dit le baron, qui s'effrayait davantage à mesure qu'il la regardait, — qu'avez- vous?
Robertine mil sur lui son regard fixe et froid.
— Je vous aime! Armand, je vous aime!., murmura-l-elle.
11 y avait un douloureux contraste entre ces mots et la voix qui les prononçait, voix, bêlas I changée comme tout le reste et semblant appartenir à un autre monde.
— Je sais que vous m'aimez, chère Robertine, reprit .\rmand; — mais, je vous en prie, calmez mon inquiétude... Souffrez-vous?
La baronne s'assit sur le pied de son lit et frissonna.
— Pas maintenant, dit-elle; —celle nuit... cette nuit, je crois que j'ai souffert I
Aimaud ne demandait qu'à se rassurer.
— QiiC vous m'avez fait peur! dit-il. acceptant cette réponse au pied de la leitre; — vous vous trouvez mieux?... beaucoup mieux?...
— Oh I oui... réplii^ua Robertine, dont le regard s'éclnira d'une vague lueur.
Puis ses yeux se baissèrent subitement.
UNE PECHERESSE
Le baron, sa femme et Florence descendirent le perron blanc de neige. — Page 96, col. 2.
— Je VOUS aime! Armand, balbutia-t-elle : ohl je vous aime!...
— Une nuit de fièvre... dit le baron.
Et il pensa que c'était assez s'occuper d'une indisposition passagère.
La lettre de Rembrès, voiCa ce qui était sérieux!
— Je suis d'autant plus heureux, ropnt-il, devoir mes craintes dissipées, que je compte sur vous ce malin pour m'assister dans une entrevue difficile... et dont les résultats m'inspirent de vives frayeurs. Je pense que vous devinez déjà...
— Non! interrompit précipitamment Robertine.
— Ils'agitd'unrendez-vous qui m'est... dounépar M. Claude...
La baronne tressaillit à ce nom, et sa tôte se pencha sur sa poitrine.
— M. Claude, poursuivit Armand, — me prie de me rendre chez lui aujourd'hui, à huit heures, avec vous et ma soenr.
— Je n'irai pas! murmura bien bas Robertine, dont la voix assourdie exprimait une sorte d'horreur.
En même temps, elle releva les' yeux et rencontra le regard d'Armand, qui l'examinait avec surprise.
— Si... si! se reprit-elle; — j'irai.
Ariuand prit sa main pour y mettre un baiser.
— Merci, dit-il; mais... je comptais aussi sur vous pour déterminer Florence.
— Je la déterminerai.
Armand était de ces hommes qui pensent avoir
remporté une victoire quand ils ont jeté les deux liei's de leur fardeau sur les épaules d'autrui.
— Vous êtes mon bon ange! s'écria-t-il presque gaiement, — et il n'y a que vous cnire moi et le désespoir... Sonnerai-je votre femme de chambre?
Robertine fit un signe d'affirmation.
Le baron sonna, puis se retira.
Une heure après, la porte de l'hôtel d'Osser qui donnait sur le jardin s'ouvrit.
Le baron, sa femmj et Florence descendirent le perron, blanc de neige.
Armand était pâle. Sa figure portait l'empreinte (Juchugrin et de l'irrésolution.
Florence semblait étonnée et inquiète.
ICIle regardait tour k tour, à la dérobée, son frère el sa belle-sœur.
Robertine était vêtue de noir.
Son visage, d'un blanc d'albâtre, gardait son aspect morne et glacé.
Tous trois s'engagèrent dans les allées du jardin.
Il y avait sur la neige de la nuit une double ligne iriicée par des pas de femme, et reliant le pavillon 'a l'a, le droite de l'hôtel.
Ni le baron, ni Florence ne prirent garde à celle circonstance.
Robertine seule la remarqua.
Elle s'appuya, chancelante, au bras de son mari.
Il s'en fallait de quelques minutes que huit heures lussent sonnées lorsqu'ils passèrent le seuil du petit temple.
UNE PÉCHERESSE
Je sais ce que c'est. . le patron s'est suicidé, Toilà tout, — Page 98, col, i.
.losopli, on exéciUion dos ordres de Rembrès, leur offrit silencieusement des sièges, et se linl debout, auprès de la porte du jardin.
Robcrtine s'assit entre Florence et le baron, visà-vis de l'entrée de la chambie à coucher de Claude.
On eût dit que ce voisinage opérait sur elle une sorte de douloureuse fascination.
Elle tenait ses yeux obstinément attachés au sol, mais une Ibrce invincible semblait soulever son regard et 1^; porter malgré elle vers celte porte redoutée.
Cinq minutes se passèrent dans un complet silence.
On entendit la pendule de Rembrès sonner huit heures, dans sa chambre.
Au buitlènie coup, la sonnette du dehors tinta.
Joseph ouvrit.
Popelin, équipé au complet, avec son vieux frac noir, ses culottes courtes et un garde-vue tout neuf, fit son entrée solennelle.
Mais a la vue de Roberline et de Florence, la physionomie du pauvre Abat-Jour, — nous voulons dire son menton, — exprima un embarras farouche.
11 n'était point habitué à contempkr la beauté de si près, et c'est à peine si le superbe Uippolyte avait autant que lui do sauvage pudeur.
Son menton, disions-nous, rougit outre mesure; il salua yauehement "a la ronde et mit du trouble dans sou système de limettes en voulant faire semblant de Pananger pour prendre contenance.
— Sur le coup de huit heures, dit-il; —j'espère ne pas avoir fait attendre la compagnie!...
— Monsieur, lui demanda le baron, — pourriezvous nous apprendre l'objet de cette réunion?
— Huit heures justes et les pièces, répliqua l'Abal- Jour... Voilà tout ce que disait sa lettre.
— Quant a cela, monsieur, dit Joseph, en s'adressant au baron, vous le sauriez déjà si je n'avais pas égaré celle maudite double clef. Monsieur m'avait donne l'ordre de vous introduire, dès que vous seriez là tous trois... car monsieur n'avait point parlé de madame la baronne... Mais, du diable, si je sais oùj'ai mis cette clef d'enfer !
— Je m'en lave les mains, murmura Popelin; — j'étais ici sur le coup de huit heures!
Cependant l'inquiétude augmrnlalt dans le petit cercie formé par Armand, Roberline et Florence, en proportion de la prolongation de l'attente.
— Ma foi, je vais frapper, dit Joseph... Si monsieur se fâche, tant pis I
11 frappa.
Nul bruit ne se fit entendre du côté de la porte.
— Je ferais bien venir le serrurier, reprit Joseph; — car monsieur m'a dit d'ouvrir, et je pense qu'il dort; mais c'e^t que... il y avait une dame qui n'est peut-êlre pas partie. '
Roberline sentit une sueur froide soulever les cheveux de ses tempes.
Joseph frappa une deuxième fois, sans plus de résultat, puis, comme il arrive toujours en pareille cir-
UoDtmarTe. •- Imp. Piuct.
UNr: PÉCHRRESSR.
conslance, il tourna par manière d'acquit !e bouton de la porte qui s'ouvrit aussitôt.
— Tiens! s'écria-t-il, — elle n'était pas fermée I... lintrez, mesdames et messieurs, a]outa-t-il en s'effaçiint contre le mur.
Florence prit le bras de son frère. Ils entrèrent les premiers. Robertine les suivit. L'Abat-Jour passa I' dernier.
[,es blancs rayons d'un soleil d'hiver pénétraient à In fols par deux croisées.
Touj, dans la chambre, éialt éclairé très-vive-
Rciubrés était toujours dans la position où nous l'avons laissé. Sa tôte reposait, inclinée, sur le dossier de la bergère.
.Mais il ne souriait plus.
Robertine, à peine enirée, avait laissé passer Popi'lin devant elle, et s'était appuyée à l'un des batliiiiisde la porte.
Son regard était cloué au tapis; — elle ne voulait pas voir.
— Il dort, dit le baron.
— Quelle éirange odeur I murmura mademoiselle d'Osser; sortons, mon frère... je me trouve mal...
Le baron lui-même se seiitaii suffoqué.
L'Abal-J<jur avait mis déjà sur sa louche son large iriouchoir de coton à carnau.x.
Il s'avança, seul, jusqu'auprèsde Rembrès, tandis que les autres reculaient vers la porte. ■
On le vit regarder tour à tour la fenêtre, la cheminée et le réchaud. Puis il se tourna vers les assistants et dit avec un acce t do triomphe:
— Je sais ce que c'est... le patron s'est suicidé, voilà tout...
Il y eut un cri de surprise générale.
Florence s'enfuit épouvantée dans l'antichambre.
Joseph, au contraire, s'élança chez son maître, traversa la pièce en courant et brisa les carreaux à coups de pomg.
Le baron ouvrit des yeux ébahis.
11 ne pouvaii croire et pensait à chaque instant que M. Claude allait se relever.
iîoberline n'avait point crié de surprise.
Elle se laissa glisser sur un fauteuil à côté de la porte et couvrit son visage de ses deux mains.
Joseph revint vers son maître et lui tâta le pouls.
— C'est vrai, dit-il, il est mort.
— Mort! répéta le baron, dont les joues s'animèrent.
— Eh ! eh ! fît l'Abat-jour avec suffisance, j'ai vu cela du premier coup, moi !
— Toutes ses précautions étaient bien prises, poursuivit Joseph ; Voyez, il avait mis le réchaud sous sa tête.
— El fermé le tablier de la cheminée, ajouta Popclin. Vous n'aviez point vu ça! Oui, oui, c'est un suicide... un vrai suicide, qu'on mettra AansVÉïoilel
— Alors, dit Joseph, il n'y a plus qu'a faire venir un commissaire.
« Rcsiez, mesdames et messieurs, vous serez lé moins. »
Joseph sortit.
Armand s'était avancé jusqu'au milieu de la chambre, et contemplait Remlirèsavecce reste de crainte que doit éprouver le chasseur auprès du cadavre d'im tigre, dont les griffes puissantes ont déchiré sa chair.
Une joie sans bornes couvait au fond de son cœur et demandait à faire explosion.
Il ne raisonnait pas encore son allégresse, mais il se sentait libre du poids écrasant qui comprimait sa vie.
Sa chaîne ne le serrait plus; la main qui lui retirait le souffle ne prenait plus sa gorge et l'air dilatait enfin sa poitrine.
Et cette joie grandissait jusqu'à toucher au délire; ses nerfs avaient de folles tentations; le rire sollicitait sa bouche; des accents de triomphe emplissaient son gosier, et s'il renfermait son transport en luimême, c'est que l'instinct des décences mondaines le contenait à son insu en présence et si près de celte mort.
Mais son visage, désolé naguère, disait avec une naïve énergie tout ce qu'il y avait sous ce silence et quelle joyeuse fêle s'agitait en lui.
l'eul-èlre cet homme, faible contre le bonheur autant que contre la peine, n'eûl-il point pu lungtemps ié|)rinier l'allégresse de son aU'ianchissernent.
Mais son transport s'éteignit tout à coup, ses traits pallient et son regard, qui se fixa sur Remlirès, expi'ima de nouveau les angoisses de la terreur.
Il venait de songei' aux menaces de Claude; il venail de se souvenir que le faussaire se survivait à lui-niùnie dans sa vengeance...
La lettre I la lettre accusatrice!.. Ce cadavre avait enctire la force de le tuer I
Sa têt" se peneha, décolorée...
A voir Robertine et lui, courbés désormais sous une Irisiesse pareille, on les eùl pris pour deux enlanis pieux, aupiès du lit funèbre d'un père aimé.
Ue sorte que, même au delà du tombeau, Rembrès gardait lalalemeiit son masque, et jouait son rôle encore dans celle longue ut leirible comédie de famille.
Pùpelin, lui, ne prenait nullement garde à ce qui se passait.
Api es avoir examiné curieusement le réchaud et surtout le tablier mobile delà cheminée, il s'élait approché de l'une des fenêtres en inurniuranl :
— Il ne faut pas dire : » Fontaine, etc. », parbleu ! Le patron jurait ses grands dieux qu'il ne se suiciderait pas... Mais, ta arrive à tout le monde... Je vois ma foi bien, à présent, pourq!;oi il me fait venir. AUeiiiion!.. ne brouillons rien, je suis en ce moment exécuteur testamentaire!
L'Abat-jour se redressa, pris de respect pour luimême.
11 tira de sa poche un portefeuille de l'antiquité la plus reculée et y choisit un papier couvert de 1 écriture de Rembiés, qui portait pour rubrique ; Imlructions à l'usage de Popelin.
Nous connaissons ce papier.
Popelin le lut consciencieusement età plusieurs reprises d'un bout à l'autre.
— Rien ! bien ! bien ! se dit-il, le cas de suicide est prévu tout au long.
11 se frotla les mains et ajouta gaiement :
— Ce pauvre patron!., c'est pourtant moi qui l'ai fait penser au suicide!.. Iln'ysungeait pas du tout!.. Munsicur et madame, reprit-il tout haut, — jai l'honneur de vous demander si vous êtes de la maison... Si vous êtes de la maison, j'ai l'honneur de vous prier de me dire si l'on peut voir M. le baron d Oscerel madame la baronne d'Osser, à celle heure, parce qje en alteiidnnl la connaissance, j'irais...
— C'est moi qui suis le baron d'Osser, interrompit Armand.
UNE PÉCHERESSE
— Excusez-moi, monsieur le baron ; et madame la baronne?..
— C'est madame...
— Excusez-moi, madame la baronne... Monsieur le baron I en exécution dune chartre en cas de mort à moi laissée par Claude Guillaume Rembrès, en son vivant ex-banquier.
Popelin, qui débitait cette tirade avec toute l'emphase convenable, hésita un instant.
Le baron s'attendait à un coup de foudre.
— Et forçai évadé, poursuivit Popelin, — sauf le respect qui est dCi à monsieur le baron... et à madame la baronne... Mui, Popelin (Gustave-Adolphe), j'ai l'honneur de vous livrer et remettre ce pli quo j'avais accepté en déi)ùt.
11 lira de son vieux perlefeuille un papier qu'il tenilit au baron.
Puis, faisant volte-face, il se dirigea vers Roberline et dil ■
— Madame la baronne 1 en exécution d'une charge en cas de mort à moi laissée.
Rùberlinc releva la lêle cl l'inlerronipit par un geste d'irrésistible couimandemeni.
— Uonnczl murmura t-elle.
Popelin, subjugué, salua, voulut parler, se tut et finit par donner le paquet contenant le testament de Claude.
Robertine s'en saisit comme d'une proie et s'élança bois de la chambre.
Popelin la suivit, étonné.
Au moment ou il entrait dans le jardin, Armand, qui s'était assuré que le papier remis était bien le terrible autographe, se précipita vers lui etrélreignit entre ses bras avec tant de chaleur, que le menton do l'Abat-Jour devint tout pâle d'eirroi.
Armand délirait.
— Monsieur! s'écria-t-il; ce papier!., que voulezvous pour ce papier?..
— Je ne sais pas, répondit Popelin.
— Mais làchez-moi I
— Je vous dis que je veux vnus payer la vie qu ■ vous me rendez!.. Etes-vous pauvre?., voulez-vous de l'argent?..
— Dame!., fit Popelin, ([ui se renversa en arrière, suivant son habitude, pour regarder son interlocuteur par dessous sa visière veile.
— Aimez-vous mieux autre chose? poursuivit Armand; — parlez! je vous donne ma parole d'honneur de ne vous rien refuserl
— C'est comme dans les histoires, dit Popf^lin avec défiance ; — mais, au fait, ça ne peut pas nuire de parler un pou en l'air... Eh bien loui... Ah l-damo, oui... Il y a une chose que je souhaite depuis qiKiranlc ans... mais c'est cher!
— Quelle chose?..
Po|)nlin passa sa langue sur ses lèvres.
— Une bonne petite boutique d'épicier, dil-il aveu complaisance; — à un cuiii, donnantsur deux nw^.
— Vous l'aurez! s'écria le baron.
Popelin fit entendre des sons inarticulés sous son garde-vue. Ueux larmes, renversant tous les obstacles opposés par son système de lunettes, arrivèrent jusqu'à son menton.
11 s'assit, écrasé par la joie, sur l'une des marches du perron couvert de neige.
— Oh!., oh!., fit-il... je m'abonnerai pour mui tout sei.î à \'Étoite\..
Robertine, pendant cette scène, avait regagné l'hôtel.
On l'eût retrouvée dans sa chimbre, à genoux, et refoulant les sanglots qui déchiraient sa poitrine.
— Mon Dieu !.. mon Dieu 1.. répétait-elle; — ayez pitié de moi... c'est pour lui... pour elle et pour lui!
Nous l'avons dit : entre la famille d'Osser et le bonheur, il n'y avait que Claude Rembrès.
Après la mort du forçat, Armand fut heureux Florence fut heureuse.
Robertine ne retrouva jamais son sourire.
FIN D UNE PECHERESSE
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LNK PÉCHERESSE.