‹ Les deux mèresChapitre 3 sur 11 · A UNE JEUNE FILLE · texte numérisé non relu

A UNE JEUNE FILLE

Pourquoi votre visage où règne tant de grâce , Que n'ont jamais flétri les remords ni le fiel , Comme un lac où le vent n'a laissé nulle trace , Semble-t-il réfléchir le ciel?

Pourquoi vos yeux si doux , dont la voûte éthérée Seule peut égaler la lumière et l'azur , Nagent-ils, comme ceux de l'enfance adorée , Dans le fluide le plus pur ?

C'est qu'au divin parfum qu'épand votre innocence Aucun poison encor n'est venu se mêler, Et que dans son cristal la précieuse essence Un instant n'a pu se troubler.

C'est que vos grands yeux bleus où rayonne votre ame, De cette ame d'enfant sont un si beau miroir , Que l'ange des amours, attiré par leur flamme, Descendrait des cieux pour s'y voir !

— Par ma foi , ajouta le jeune enthousiaste en prenant la main de Léon , le portrait est si fidèle, si ressemblant, que tout le monde, je pense, saurait trouver le modèle.

Clémence se détourna toute troublée , tandis qu'on la regardait avec un sourire approbateur.

Dès lors, M. de Frias comprit, non sans

un (lëpit iiiorlel , qiu! ia lutte ëlail terminét; à l'avantage de son rival. Il eonnaissait madame de Saint-Géran et savait, à n'en pas douter, que cette démarche éclatante de sa part était comme l'annonce du mariage de sa nièce avec Bonneval. Il hasarda pourtant un sarcasme et murmura les mots d'homme universel, mais cette méchanceté n'eut pas d'écho. Sa mortification s'en augmenta. Sa poitrine se gonflait de fureur et, un instant, son œil lança des éclairs : il pensait à toutes les espérances que lui avaient laissé concevoir madame de Saint-Géran et Clémence ellemême , espérances suivies de la plus cruelle mystification. La comtesse, malgré toute son audace, trembla quand elle le vit si pâle. Mais tout à coup les choses changèrent. Le duc se rendit maitre de son agitation, s'approcha, avec une apparente cordialité, de

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Léon et joignit hautement son suffrage à celui de tous. A peine était-il sorti du salon, que son visage, comme s'il quittait un masque, reprit une expression de haine atroce : il s'y mêlait un air de joie sinistre. On aurait peine à comprendre ces révolutions subites chez certains individus qui triomphent au moment oii on les croit accablés, si l'on ne savait que leur esprit saisit et combine en une minute des plans et des idées infernales.

Léon était ivre de bonheur , tous les obstacles semblaient disparaître devant lui. Il se retira bercé des plus séduisantes espérances, plongé dans les plus douces rêveries et formant déjà mille projets enchanteurs pour l'avenir. Ce fut pour hâter la réalisation de ces projets qu'il résolut tout à coup de se

rendre auprès de ses parents. Après (juoi il s'endormit, l'image de Clémence dans le cœur et son nom adoré sur les lèvres.

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Le lendemain même, il prenait congé et d'elle et de madame de Saint-Gëran. La comtesse lui remit un billet plein de choses gracieuses pour sa mère. Quant à Clémence, qui avait un peu pâli à l'annonce de ce départ, elle rougit beaucoup en voyant la vive

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émotion qu'il ne pouvait cacher, surtout quand il répondit à une question de madame de Saint-Géran sur la durée de son absence : « La plus courte possible, que n'ai-je des ailes! »

Long-temps après ces adieux et quand il était déjà bien loin de Paris, Léon croyait voir encore les regards de la jeune vierge attachés sur lui avec une expression qu'elle cherchait en vain à dissimuler; il croyait voir encore son grand œil bleu laissant échapper, à travers de longues paupières, le doux secret renfermé dans son sein. Oh! qui n'a pas senti tout son être tressaillir de ravissement, lorsque les yeux de la femme aimée, ces yeux brillant d'une céleste flamme tempérée par une voluptueuse tendresse, vous pénètrent, vous enlacent d'un regard puissant, souverain, qui va se fon-

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(Ire dans le vôtre, celui-là n'a pas connu un des charmes les plus touchants de l'amour ! Cette indescriptible attraction de deux âmes qui semblent reconnaître leur commune origine , qui se cherchent et s'unissent , qui se parlent dans une langue sacrée dont elles seules comprennent l'idiome, est pour les cœurs jusqu'alors étrangers à l'amour , comme une mystérieuse initiation dont ils tremblent et jouissent en même temps . Divin commerce de ceux qui savent aimer, aimable surprise de l'adolescence et de la jeunesse, quels mots pourraient jamais vous rendre !

Dans une vaste salle, meublée à l'antique, au rez-de-chaussëe du château que le lecteur connaît déjà , était assise madame Bonneval. Un ouvrage de tapisserie paraissait absorber toute son attention; et pourtant^ dans le moment même où ses mains étaient

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les plus actives, son esprit s'occupait de tout autre chose que de ce travail mécanique. De temps en temps elle levait les yeux et regardait le ciel par la fenêtre en ogive prés de laquelle elle était placée , puis elle demeurait pensive.

A ses pieds reposait sur un tapis un magnifique lévrier, le favori de Léon. Le fidèle animal , soulevant la tète à diverses reprises , s'efforçait d'attirer une partie de l'attention de sa maîtresse, sans qu'il pût y parvenir. A la fin , impatienté de ce trop long oubli, auquel elle ne l'avait sans doute pas accoutumé, il mit une patte sur sa robe, et fit entendre comme un tendre gémissement. Enlevée ainsi à ses méditations , madame Bonneval l'examina un instant avec émotion, puis, imitant, sans le vouloir, l'intonation de son fils, elle dit, pendant que sa main caressait le lé-

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vrior : Mon bon , mon l)rave César ! Celuici dressa les oreilles, reniua la queue, et un gémissement plus sourd et plus plaintif que le premier sembla sortir du fond de ses entrailles. Deux ruisseaux de larmes jaillirent, sur-le-champ, des yeux de la mère délaissée.

Une heure après, madame Bonneval était devenue plus calme. Un sourire de joie , ou plutôt d'espérance, vint même animer sa figure. Elle pensait que, depuis bien des jours, Léon ne lui avait écrit, et plusieurs fois, dans de semblables circonstances, au moment où elle l'accusait le plus , ce bon fils était venu la surprendre à l'improviste. — Mon Dieu î se dit-elle tout à coup, s'il était près d'ici !

A peine avait-elle fini cette exclamation , qu'un éclair d'intelligence brilla dans l'œii

ardent de César. Il se leva d'un bond, et, prompt comme la foudre, s'élança par la fenêtre. Madame Bonneval le suivit du regard, et tout son cœur tressaillit d'une ineffable félicité, quand elle vit un cavalier s'avançant à toute bride dans l'avenue du château. Elle quitta son siège, pâle, chancelante, et, s'appiiyant contre les murs, elle alla au devant de ce fils tant aimé, qu'elle pressa bientôt, en sanglotant, dans ses bras.

Durant les trois jours que Léon resta au i|

château, fêté par ses parents, madame Bonneval eut maintes fois occasion de remarquer qu'il était en proie à une secrète inquiétude. Elle le surprenait souvent distrait et soucieux; il se passait certainement en lui quelque chose

d'étrange. Mais ce fut en vain que cette vigilante mère voulut descendre jusqu'au fond du cœur de son fds. Pour cette fois, il lui fut fermé : Léon garda le silence.

En effet, lui, que nous avons vu si empressé d'aller apprendre son bonheur à ses parents, s'efforçait maintenant de leur cacher la nouvelle que la veille il brûlait de leur dire. Une pensée cruelle avait interrompu ses flatteuses rêveries. Il s'était mis à réfléchir sur l'incertitude de sa position vis à vis de mademoiselle Clémence deBreuil. En définitive, il ne savait rien de précis sur les sentiments de cette jeune personne à son égard; il l'avait vue si peu ; puis n'était-elle pas sous l'influence immédiate d'une femme orgueilleuse qui mettait le rang et les titres au dessus de toute chose ? A cette idée si peu rassurante, venait se joindre un souvenir péni-

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ble, celui des ivlafions <jiii iruvaieiit poini cesse d'exister entre M. de Ferlas et madame de Saint-Géran. DeFrias, à ce nom détesté s'associaient dans son esprit des pensées de désolation et de malheur. Madame de Saint- Géran saurait-elle résister aux brillants appâts que ce duc ne manquerait pas d'étaler à ses veux, et Clémence ne se laisserait-elle point surprendre aux pièges que lui dresserait cet homme perfide? A peine sortie de l'enfance , n'était - elle point fragile comme les autres?... Oh! non, se disait-il avec une espèce d'indignation contre luimême ^ c'est un être divin et pur que les fanges de ce monde ne peuvent souiller. Mais pourtant elle n'avait point encore pour lui cet amour profond qu'il sentait grandir dans son sein , ou du moins elle n'avait pas mis , comme lui , dans cet amour ^ tout son avenir, toute sa vie.

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Ces réflexions le détournèrent de son premier projet. Il résolut de s'assurer de l'afiection de Clémence et des volontés de la comtesse avant de rien annoncer à ses parents. S'il réussissait, ils l'apprendraient assez tôt : dans le cas contraire, sa mère ne devait jamais savoir un événement destiné à le rendre éternellement malheureux.

Ce fut au milieu de ces sombres préoccupations qu'il repartit pour la capitale , et fit à son père la singulière réponse que nous avons consignée au commencement de ce récit, réponse qui avait causé une si grande impression à sa mère.

Malgré toute sa diligence , Léon arriva au terme de son voyage trop avant dans la nuit pour qu'il pût se présenter chez la comtesse. Il se jeta sur son lit, maudissant ce

retard imprévu. La fati;jiie du voyajjc l'endorinit.

Il se reporta en songe à Thôtel Saint- Géran. Là, sans pouvoir s'expliquer comment cela se faisait , il se trouvait dans la chambre de la jenne vierge. Il la voyait à demi déshabillée se prosterner, et l'entendait mêler le nom de Léon à ses prières... Tout à coup la porte glissa sur ses gonds. . . C'était la comtesse. Elle s'approchait de sa nièce, et lui tenait un discours qu'il ne pouvait saisir, mais où il était question de lui et de M. de Frias.... Clémence versait des larmes et se

cachait la tête dans les mains Long-temps

après que la comtesse s'était retirée, la jeune fille restait à sangloter, assise sur sa couche non dépliée.

Puis il se trouvait dans sa chambre à lui,

sa chambre de garçon.... Il voyait près de la fenêtre une gracieuse apparition, comme une figure de fée, doucement éclairée par les pâles rayons de l'astre de la nuit.... C'était encore Clémence. Ses yeux étaient encore rougis par les pleurs; elle le contemplait d'un air plein de mélancolie et de chagrin...; et elle plongeait encore son visage tout entier dans ses mains

Il s'éveilla , le corps en sueur... Les premières lueurs du jour commençaient à percer les vitres de la fenêtre. Il respira avec avidité les piquantes bouffées de l'air frais du matin.

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Elle arriva enfin cette heure si impatiemment attendue. Léon s'élança en cabriolet. Son jockei eut à peine le temps de grimper derrière. Le cheval, pressé par l'aiguillon, se précipita avec une telle impétuosité , que cet homme crut que la voiture allait in-

failliblement culbuter. Il ne respira qu'à la porte de l'hôtel Saint-Géran, et alors, tandis qu'il prenait le fouet des mains de son maître , il fut frappé de l'altération de son visage.

En effet, Léon se trouvait, en cet instant, sous l'empire d'une impression étrange. C'était ce mélange indicible d'appréhension et de désir , de volupté fébrile et de sensation douloureuse , si bien connu de tous ceux qui ont profondément aimé.

Il semble que la vie soit suspendue loin de l'objet adoré ; l'heure marche si lentement qu'on la croirait arrêtée... Vous suffoquez comme si l'air vous manquait. Mais quand le moment de se revoir est venu, rien ne peut plus vous retenir; le sang brûle, le cœur

bondit, il dévore resj)ace Heureuses les

existences que ne brise point une trop Ion-

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gue attente! Heureux celui qui, après ce martyre de l'ame, ne dit point avec le poète d'Harold :

u When ail is won tliat ail désire to woo , » The paltry prize is hardly worth the cost : » Youth wasted , minds degraded ! . . . »

(c Lorsque tous les désirs de l'amant sont comblés, la récompense est bien peu de chose au prix de tant de souffrances.... Une jeunesse ruinée, une ame flétrie!... etc. »

Outre ce besoin dévorant de la revoir, une inquiétude poignante lui rongeait le sein. Ce fut avec la plus vive anxiété qu'il entra au salon, et il eut peine à comprimer une exclamation quand il aperçut Clémence seule comme à sa première visite.

L'altération de ses traits était si grande,

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que la jeune fille accourut à lui toute tremblante.

Il prit sa main qu'elle ne retira pas.

— Mon Dieu ! comme vous êtes pale ! ditelle avec le plus touchant intérêt

— Oh ! ce n'est rien , répondit Léon en la regardant avec des yeux ivres d'amour...

La jeune fille baissa les siens, un peu confuse de sa méprise, et recula de quelques pas. Puis d'un ton qu'elle cherchait à rendre plaisant :

— Mon Dieu ! monsieur Léon, vous m'avez fait presque peur ! Cette entrée subite et...., ajouta-t-elle avec un fin sourire, cette attitude digne d'un héros de théâtre

— Pardon, mademoiselle; mais si vous en saviez le motif... J'ai peut-être été indiscret, importun. ...

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A Dieu ne plaise ! Um ami (ie la maison ! un parent ! Je suis bien sûre que vous

ne pensez pas cela Mais j'avoue que je

serais curieuse de connaître la cause d'une émotion si extraordinaire

Léon, se rappelant son rêve, ses craintes chimériques, répondit avec embarras :

— Oh ! une foHe î Que sais-je ?

— Je veux que vous me le disiez , s'écria la pétulante jeune fille. Puis elle ajouta , avec une petite moue charmante : Songez bien que

c'est vous qui avez offert de me le dire

D'ailleurs , cela est-il donc si grave?

— Au contraire, mademoiselle; et, en vérité, ce sont des choses si puériles...

— Eh bien! cela m'amusera Matante

dit que je suis si enfant —

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- Mais, mademoiselle

— Oh! monsieur Léon, c'est y mettre de la mauvaise volonté...

— Vous l'exigez donc?...

Clémence ne répondit rien , mais elle le regarda par dessus l'épaule avec un petit geste coquet et un œil qui semblait dire un oui si agaçant, qu'il ne put y résister...

Us s'assirent, et il lui raconta de quel rêve son sommeil avait été agité.

Au commencement , elle écoutait , le rire sur les lèvres ,• mais peu à peu ses traits prirent une expression de plus en plus sérieuse. Ce fut comme un nuage qui obscurcit successivement toutes les parties de cette lumineuse figure.

Lorsque Léon fut arrivé à la dernière vision qui était comme le dénouement de son

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rèvc, etqu'il pei[];nait avec toute la poésie d'uii cœur amoureux, il vit Clëmence tressaillir, et, chose étrange ! il lui trouva le même air d'afliection douce et de regret touchant que dans ce songe. Alors , pour la première fois, il s'aperçut qu'elle avait les yeux rougis par de récentes larmes. Il réfléchissait sur cette coïncidence bizarre , lorsqu'elle laissa tomber sa tête dans ses mains. Elle pleurait !

Léon était profondément ému lui-même; mais ces premiers pleurs, il était clair qu'il en était le sujet. Il n'osait l'interroger et demeurait là, muet de bonheur. Puis tout à coup entraîné par une force irrésistible, il la saisit dans ses bras , et la pressa avec tendresse sur son sein. Un mot murmuré faiblement résonna comme une musique délicieuse à son oreille, et descendit comme un baume céleste sur son cœur.

DE DIAMANT. gy

Un bruit se i\{ La comtesse entra. Elle

jeta un coup d'œil sur sa nièce prête à défaillir, et sourit à Léon avec un air d'intelligence Clémence s'échappa bientôt de

l'appartement, et lui-même , après quelques instants de conversation insignifiante, partit, emportant le premier aveu de celle qu'il aimait, aveu si doux à entendre d'une bouche pure et virginale!

Des préparatifs de voyage se faisaient dans le château , ancienne demeure des Lussan. Toute la maison était sur pied. Les domestiques se disaient à voix basse qu'il fallait un événement extraordinaire pour que M. et madame Bonneval allassent simultanément à

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Paris. Les avis étaient partagés sur le inotiF de cette démarche : les uns craignaient qu'un malheur ne fût arrivé à M. Léon; les autres plus avisés pensaient , en voyant l'air affairé et mystérieux du père Bonneval , qu'il s'agissait plutôt de mariage. Tous, du reste, étaient d'accord sur un point , c'est que bien certainement ce voyage avait été provoqué par un paquet arrivé de la veille, et dont l'adresse était de l'écriture de M. Léon.

Voici le contenu des deux lettres renfermées dans ce paquet :

(( Mon cher père,

» Vous m'avez dit souvent que votre plus » grand bonheur serait de venir confirmer » le choix que j'aurais fait. Venez donc ou » plutôt accourez si vous voulez rendre le

1<><» I.A IU(iUIC

)) plus luMircuN (1rs hommes \nire (ils alVrc- » donné.

» Léon 15onm:val. »

« Ma l)oini(;, ma chère maman,

>; Pardon de ma trop longue discrétion...

» Je craif^nais (an( de ne pas réussir!... Je

» Tai en (In trouvée..., sage, aimable, douce

» comme vons ; un ange! vous la verrez,

» vous verrez que je ne dis rien de trop ,

» que je ne dis point assez... Eh mon Dieu î

» (|u'allais-je oublier î Elle est votre parente,

)) votre cousine, ma chère maman. C'est la

» nièce de madame de Saint-Géran, made-

» moiselle Clémence de Breuil. C'est elle qui

» a l'une des deux fameuses bagues. Sa

» mère a été une de vos amies intimes,

» m'a dit la comlesse. Clémence est main-

» tenant orpheline. Tunique héritière de

DE DIAMANT. Un

» sa maison Mais de quoi vais-je vous

» [)arler! Ce que je dois vous dire, c'est que » je l'aime de toutes les forces de mou » ame... Elle m'aime aussi, oui elle m'aime, » je le sais maintenant. Madame de Saint- » Gëran m'encourage. Arrivez donc, vous » l'amie de la comtesse , la parente de Clé- » mence, vous mon espoir; c'est en vos » mains que je remets mon sort et ma vie. » Je vous embrasse de cœur.

» Votre fils bien-aimé,

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