UN MOIS APRES
La scène se passe dans nn carat, lieu de re- Tnge pour les troupeaux, situé au sein des montagnes abruptes qui forment un défilé long et étroit dans les environs de Lecumbery, sur la grande route de Pampelune en France, par Tolosa.
78 LES DEliX IIINA,
Deux cents hommes, sous les ordres de Mina, sont entassés dans cet abri ; mais au dehors il n'y a ni gardes ni sentinelles. Mina, couché près de la porte, est revêtu d'une redingote bleue, avec trois petits galons d'argent sur la manche, marque distinctive d'un colonel. Juan , son lieutenant, assis par terre à ses côtés, fume tranquillement son cigarro (i). Il est affublé de la veste d'un chasseur à cheval français, sur laquelle pendent deux vieilles épaulettes d'or. Derrière le coral, un paysan d'une trentaine d'années, petit de taille, mais d'une construction athlétique , tient par la bride deux chevaux qui servent de monture à Xavier. Ce nouvel individu est Espoz, l'oncle de Mina, dont il a déjà été qùestioti.
MIMA , se réveillant.
Eh bien! Juan, quelle nouvelle?
(i) Tabac coupé et roulé dans du papier.
LEi DEUX MINA. H
JUAN
Aucune: depuis deux heures j'ai Toreilie alerte et l'œil au guet ; mais jusqu'à présent je n'ai encore aperçu que âespalomas (i).
MINA
Diable ! est-ce que les Gayachos auraient changé d'avis?
JUAN
Oh que non ! les regidores (2) de Pauipelune auraient trouvé le moyen de nous en instruire. D'ailleiits , u'àvofis-tioas pas vu siir lèé hauteurs de ïiërrio la fomée qui ndus âdnoiïCait leur âé^ part?
miAa. '
La fumée!.... Depuis la pointe du jour, les Français devraient déjà être arrivés à Irarzun,
(1} Sorte Ae pigeon naiiers qiii en» oeitairies siiMHis Irprpvstiit les Pyrénées par myrMtes.* (9} Les regiéoreê sont des oiBdefI i
et pourtant notre poste des dos hermanas (i) n'a pas fait encore le signal convenu.
JUAN
De la patience, Xavier! Voila [2) qu'on laisse cuire n'est pas la plus mauvaise.