LEB DEUX ML^Â. 2Î
QUËLQU6S OFFIGIBfiS.
Certainement.
Dans ce moment une décharge de mousqueterie ébranle les vitres de la chambre.
TO(JS , surpris et effrayés.
Une attaque! courons! c'est Tennemî.
K8P0Z , souriant.
Non , non ; soyez tranquilles , amigos ! les Français sont loin d'Estella. Ce qw^ vous venez d'entendre n'est autre chose qu'une exécution mili-taire que j'avais ordonnée.
Il s'arràle après ces mats; et diercbe à lire sur les physioBomies de ceui^ qui Teatoiireut; m^» voyant qu'au li^u de rinterrogQr chacun w rogai^e avec une curioaîté inquiète , U^iîoute du pltis grand calme :
Ittstice vient tf être faite.
Lfi LIBUTBNANT.
Justice! et de qui?
ESPOZ.
D'Ecbeyerria et de trois de ses capitaines.
TOUS
D*Echeverria!
LE LIEUTENANT, portant la main à »on sabre.
Une trahison !
A cette exclamation, la figure de Mina se colore d'un rouge vif; ses yeux brillent d'un éclat extraordinaire; une sorte de crispation nerveuse Fagite; -pourtant il conserve un sang-froid imperturbable ^ et Ton ne s'aperçoit de la violence qu'il se fait à lui-même qu'à la force avec laqudle il serre ses deux poings. D'abord , il a jeté un coup d'œil rapide à Gurrea, et a fait quelques pas pour se rapprocher de la table; mais quand il a vu le lieutenant réprimer le premier mouvement de sa colère, ils*est arrêté, et, sans paraître avoir en-
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tendu aucune interpellation, il s'est mis à chercher tranquillement dans ses poches.
ESPOZ , pnéseotant on papier aax oiBcien.
Senores , par ce décret, la junte d'Aragon m'a nommé commandant de toutes les gueriDas de la Navarre. Le premier acte de mon autorité a été de punir des coupables, le second sera de récompenser ceux qui le méritent. {Désignant trois individus.) Vous, mes amis, vous commanderez les compagnies qui viennent de perdre leurs capitaines. Quant aux soldats d'Echeverria, ils vont être réunis aux mieqs, et désormais nous combattrons ensemble. . . . Allez les prévenir que dans une heure je les passerai en revue. Comme vous, compagnons, j'espère qu'ils ne seront pas mécontents de leur nouveau chef; et, entraînés par votre exemple, ils comprendront sans peine , j'en suis certain , que ce qui a été fait est dans rintérêt général. {Mina appuie avec intention sur ces dernières paroles en regardant le lieutenant dune manière significative.) Allez ^ senores, al-
2S« Ufi i>EUX MINA.
lez; bientôt j'irai voi]»i^joifidre; il me larde de faire connaisBadce avec vos braves voloûtaires^
Les oflSciers, stupéfaits de taet d'assurance , se retirent sans mot dire; pourtant il est aisé de reconnaître que leur obéissance tient moins à la persuasion qu*à la politique; car tous ont jugé facilement qu'ils s'étaient mis, sans s'en douter, à la discrétion d'un ambitieus: résolu et adroit.