‹ Les deux noblesses: comédie en trois actesChapitre 11 sur 89 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

HENRI

Ça ne fait de mal à personne.

ROCHE

Ni de bien.

HENRI

Tu souhaiterais qu'il découvrît un gisement de pétrole ?

ROCHE

Non, je n'irais pas jusque-là. Et lui non plus.

HENRI

Qu'il travaillât, enfin? Comme toi?

ROCHE

Pas autant. Un peu. 11 a sous les yeux un bel exemple, tiens! celui de notre ami le docteur de Briçay qui, malgré son nom, n'a pas cru déchoir en prenant un état, celui de médecin. 11 y a dix ans qu'il nous soigne, nous et nos ouvriers ; eh bien ! c'est un homme utile et estimable.

HENRI

Oui. Mais ce n'est plus le comte de Briçay. Du jour où il a mis sur sa carte : « Docteur de Briçay, — mardi, jeudi, » aussitôt il est devenu un homme pareil à tout le monde, il a cessé d'être gentilhomme. .C'est bon pour nous, les petites gens comme tu dis, de suer et de trimer, mais tu sens bien que des hommes de la classe à laquelle appartient Touringe ont A notre époque mille raisons... raisonnables d'indillercncc et de détachement?

ROCHE

Tout ça nous entraînerait trop loin. Je les connais avant toi leurs raisons, et elles sont mauvaises.

HENRI, trèSTif.

Pour toi, bonnes pour eux.

ROCHE

C'est bien. Calme-toi. Tu as une façon de défendre ton marquis!

HENRI

Ce n'est pas mon marquis. Et puis, c'est toi qui l'attaques. Qu'est-ce qu'il t'a fait? Je cherche.

ROCHE, comprenant tout à coup.

Ne cherche pas, je viens de trouver. Tu aimes sa fille?

HENRI

Sois franc.

HENRI

C'est vrai.

UN DOMESTIQUE, annonçint.

Monsieur le docteur de Briçay.

ROCHE, à Henri*

Nous reprendrons ça.

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