ACTE PREMIER
D*ARNAC, qui t'éponge*
Je VOUS prie d'excuser ma tenue,
LA MARQUISE
C'est ma faute.
d'arnac.
J'ai crevé mon pneu...
LA MARQUISE) l'inle*rompint.
Laissez-moi raconter, (a Roche.) Figurez- vous que tout à l'heure, en pleine grande route, ma fille et moi, nous avons rencontré, remorquant sa bicyclette, le baron d'Arnac, oui, cet affreux socialiste, et nous l'avons contraint pour sa peine à escorter, oh, tout doucement ! notre voiture jusqu'à votre porte.
d'arnac.
J'ai un peu chaud !
MADAME ROCHE, & d'Aroac.
Asseyez-vous.
d'arnac, & Suzanne.
Et VOUS, mademoiselle, est-ce que vous montez?
SUZANNE
Oh! non, monsieur.
On lui a offert, elle n'a jamais voulu.
d'arnac, à Saxann»*.
Pourquoi? Vous avez peur?
SUZANNE
Oui. D'être ridicule. .
d'ARNAG; à Suzanne.
Vous savez que c'est très bien porté? Le§; filles du prince de Galles...
SUZANNE
Je trouve que c'est déjà affreux pour un homme.
d'arnac.
Ravissant pour une femme.
LA MARQUISE
Moi, si j'étais plus jeune, si je n'étais pas une mère chrétienne, je prendrais des leçons. Du reste, il paraît qu'aujourd'hui dans tous les bons couvents de Paris, au Sacré-Cœur, aux Oiseaux, à l'Abbaye-aux-Bois, ces dames font apprendre la bicyclette. C'est devenu comme le piano. Eh bien, moi, j'approuve cela, il faut que la jeune fille se modernise. Ainsi voilà cette chère petite (Désignant Suzanne.) qui serait parfaite si elle était plus moderne.
SUZANNE
Je le suis, ma mère, et -beaucoup plus quevous ne croyez. Mais d'une autre façon.
ROCHE, à Suzanne.
Peut-on savoir laquelle?
SUZANNE
Ce serait sans intérêt pour vous.
LA MARQUISE, à madame Roche.
Chère madame Roche, nou.s sommes donc venues vous
GTE PREMIER. 35
faire nos petits adieux, en attendant le marquis auquel j'ai donné rendez-vous ici.
MADAME ROCHE
Comme c'est aimable! Quand partez-vous?
LA MARQUISE
Ce soir.
d'arnac.
Tiens, moi aussi.
LA MARQUISE
Bravo ! Nous ferons route ensemble.
ROCHE, à d'Arnac.
Vous allez aussi pour le Grand Prix?
d'arnac.
Oh! non. De grosses questions ouvrières qui réclament ma présence à Paris.
ROCHE, à part.
Farceur ! (Haut.) Ah ! les ouvriers ont en vous un vaillant porte-paroles !
LA MARQUISE
Si jeune! si élégant! et déjà révolutionnaire! Quel plaisir pouvez-vous trouver à fréquenter ces gens-là?
d'arnac.
Ce n'est pas un plaisir, madame, c'est un devoir.
ROCHE
Et puis il les fréquente si peu 1
d'arnac.
Je leur ai donné ma vie,
ROCHE
De loin.
^A MARQUISE
Prenez garde qu'un jour ils ne vous la prennent. Ah! je ne peux pas m'y faire. Vous qui êtes des nôtres, qui avez un tortil, —- car il a un tortil ! Et même, est-ce qu'il n'y a pas eu un d'Arnac qui était...
Elle cherche.
SUZANNE
A Marignan?
LA MARQUISE
Non, du Jockey?
C'était mon père.
LA MARQUISE, à d'Arnac.
Tenez, vous êtes un apostat !
d'arnac.
Nous allons à des temps nouveaux. Il faut aujourd'hui que la noblesse aide le peuple qui souffre et qui travaille. Et il souftre affreusement, le peuple l
MADAME roche.
Oui.
d'ARNAC, à la marquise.
Serez-vous encore à Paris le dix-huit?
LA MARQUISE
liélos non I nous ne faison? qu'une fugue.