ACTE PREMIER
MADAME ROCHE
LA MARQUISE
Non. (sd reprenant.) Sans doute, lui aussi!... Je voulais dire M. d'Arnac.
Madame Roche fait une moue. LA MARQUISE, à madame Roche.
Vous n'êtes pas enthousiaste !
MADAME ROCHB.
Je ne trouve pas que M. d'Arnac soit sérieux. Un homme qui porte des pantalons courts et qui s'occupe des pauvres gens en chantant le couplet chez les duchesses... Non, ce n'est pas mon genre. -'
LA MARQUISE
C'est que vous ressemblez à ma chère Suzanne.
SUZANNE, à madame Rocbo.
Nous ne sommes pas modernes.
LA MARQUISE
Pas pour un sou.
MADAME ROCHE
Je m'y résigne. En fait de député, quelqu'un que je mets bien au-dessus de M. d'Arnac, tenez, c'est son vaillant collègue de la droite, M. des Moulinards.
LA MARQUISE
Ah! non, par exemple !
MADAME ROCHE
Mais il combat pour vous.
LA MARQUISE
Aujourd'hui.
MADAME ROCHE
EnQn, ne défend-il pas le trône et l'autel ?
LA MARQUISE
Ne m'en parlez pas ! à tour de bras. Un suisse d'église qui a fait plomber sa canne ! Il est de ces gens qui n'ont l'air d'avoir été mis au monde que pour le biceps et le gourdin, et qui arrivent à se faire un semblant de personnalité parce qu'ils apportent dans la vie publique un langage et des façons de négrier. J'ai horreur de ces Porthos de tribune ; heureusement ils ne sont pas bien redoutables... excepté pour leur parti dont ils sont la plaie.
MADAME ROCHE
Et voilà pourtant les gens chargés des affaires du pays !
SUZANNE
Ils ne font que la leur.
MADAME ROCHE
Ne les imitons pas. (a la marquis.) Puisque vous allez à Paris, chère madame, je vais vous donner des commissions pour notre œuvi^e. Peu de chose, deux ou trois petits achats indispensables.
LA MARQUISE
Je n'aurai guère de temps. Mais enfin, du moment que c'est pour l'œuvre !
MADAME ROCHE
Vous n'oubliez pas que nous nous réunissons en comité le vingt et un, chez notre présidente, madame Durieu ?