SCÈNE IX
SUZANNE «euu, pais HENRI.
SUZANNE. Elle rêve, fiait quelques pas, ra à la fenélre.
Il n'est pas venu, cela m'étonne. Est-ce que je l'aime?
(Apercevant Henri par la fenêtre.) Le VOici. Vite, allonS-nOUS-Cn, (Elle fdit une fdnsse sortie puis s'assoit.) Mais OUi, je l'aime. (Henri
entre.) Boujour, monsicur Henri. Vous ne pensiez pas me trouver ici ?
HENRI
Je vous cherchais. Mademoiselle, j'ai besoin d'avoir avec vous un entretien qui va fixer le sort de ma vie et peutêtre aussi celui de la vôtre. Cet entretien sera très court car les instants nous sont comptés. Me permettez- vous de parler ?
Je vous le permets.
HENRI
Voilà cinq ans que je vous conn^iis, et autant que je vous aime. J'ai pour vous l'estime, la tendresse, le respect et l'admiration que commande votre âme élevée, généreuse, délicate et fière. Je ne vous dirai rien de plus de mes sentiments; il ne sera pour moi l'heure de les exprimer qu'après que vous m'en aurez donné le droit. C'est ce droit, pour l'avenir, que je vous prie dès à présent de m'accorder. Mon plus ardent désir est que vous soyez ma femme. Y consentez-vous ? Je prévois vos objections, celles de nos deux familles, les diflBcultés nombreuses, peut-être insurmontables...
SUZANNE
Très grandes, en tout cas.
HENRI
Du côté de mes parents comme du côté des vôtres, je le sais. Aussi, ce que j'attends de vous, c'est simplement l'assurance que vos sentiments personnels sont d'accord avec les miens, et la promesse que vous emploierez tous vos efforts à réaliser, s'il vous agrée, ce projet qui m'est cher.
SUZANNE, Eouriante.
Vous voulez contracter avec moi des fiançailles officieuses?
HENRI
Pas autre chose.
SUZANNE
Eh bien, mon ami, je m'engage de bon cœur et de tout cœur. Voici ma main.