ACTE DEUXIÈME
1er, et on dit qu'un de ces quatre matins les deux départements vont se mettre en grève.
JEANNE
, Qu'est-ce qu'ils veulent ces gens-là ? Dites. Mais, qu'estce qu'ils veulent ?
LE JARDINIER
Je ne sais pas. Je n'ai jamais compris. Ils disent qu'ils sont de pauvres mineurs ? Eh bien quoi î je suis un pauvre jardinier, et je ne me plains pas. Et c'est pourtant un rude métier... arrÔser, soigner, avoir l'œil à sa bouture, au ver
blanc... à tout ! Oh oui, allez ! (n s'éloigne placidement. Pais reye-
nant.) Je voudrais les y voir, les mineurs, dans mon jardin... en face le ver blanc !... Mais ça ne va pas durer. Us ne vont plus faire longtemps à leur caprice, parce que le père Roche... il n'est pas commode... Âh ! ah ! il ne faut pas marcher sur son gazon î aussi, dame, hier, il a pris un grand parti.
JEANNE
Qu'est-ce qu'il a fait ?
LE JARDINIER
Il a fauché M. Moret, tiens !
JEANNE
Il a renvoyé M. Moret ?
LE JARDINIER
Carrément.
JEANNE
Un homme qui était pour ainsi dire son second, presque un ami ?
LE JARDINIER
C'est sa faute. Roche et M. Henri avaient déjà du soupçon, depuis un temps, et ils ont découvert un beau jour qu'au lieu de les servir, Moret, par derrière, leur tendait des collets, et que c'était lui qui poussait le monde à se rébellionner... Paraît aussi qu'il a fait un peu de tout dans sa vie, le gaillard, et qu'il a été autrefois dans la police?... Oui ! alors dame, le patron l'a fauché, et je trouve, quant à moi, qu'il n'a pas mal fait.
Pendant toute cette dernière phrase, Moret est entré, il a tout entendu, sans que les deux autres occupés par leur conrersation aient remarqué sa présence.