‹ Les deux noblesses: comédie en trois actesChapitre 82 sur 89 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

ROCHE

Tu ne perds pas de temps!

HENRI

Parce que vous en avez déjà trop perdu.

ROCHE

Dieu me pardonne 1 tu me fais la leçon?

HENRI

Je vous interroge.

ROCHE

' Simplement!

Et je vous prie de me répondre. Ce qu'un hasard vient de me révéler est vrai?

ROCHE

Sans doute. Tu m'as bien entendu. Est-ce que j*ai l'habitude de mentir?

HENRI

Vous avez la force de dissimuler. Ainsi nous sommes d'Aurec, princes, héritiers d'un nom glorieux, très ancien... Cela est indiscutable?

ROCHE

Indiscutable.

HENRI

Et vous, un jour, froidement, vous avez décidé de vous débarrasser de ce nom, d'en prendre un autre?

ROCHE

Et j'ai choisi Roche.

HENRI

Pourquoi Roche? Vous n'aviez pas de motif particulier?

ROCHE

Aucun.

HENRI

C'est un nom... inventé?

Oui. J'ai trouvé que c'était court, et que ça sonnait bien.

HENRI

D'Aurec aussi,

ROCHE

Celui-là sonnait trop.

HENRI

Peut-être pour^Vous. Pas pour moi. Et quel âge aviezvous quand vous avez pris ce beau parti?

ROCHE

Oh ! j'étais très jeune.

HENRI

Il fallait l'être, en effet.

ROCHE

Plus encore que tu ne crois! J'avais vingt ans, cinq ans de moins que toi, et j'étais en Amérique, seul au monde, employé, faisant fonction d'ingénieur chez un Français

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