HENR
Vous l'auriez dû dès que j'ai eu l'âge de raison.
ROCHE
L'âge de raison ! Mon pauvre petit, tu l'as déjà depuis longtemps, et cependant je m'aperçois que c'est encore beaucoup trop tôt pour toi d'apprendre ces choses !
HENRI
Trop tôt... ou trop tard !
ROCHE
Mais non. Je te vois ému, tremblant. Pour un peu tu me chercherais querelle 1 C'est que tu ne comprends pas, que tu n'es pas assez homme pour me bien juger ! Si tu comprenais, tu ne me parlerais pas comme tu le fais.
HENRI
Je m'efforce d'être respectueux mon père.
ROCHE
Tu y arrives à peine.
HENRI
Mais aussi ! mettez-vous à ma place I Je suis étourdi da coup que m'a porté cette brusque nouvelle ! Étourdi d'abord, par le passé d'une gloire... qui est la mienne, en somme!
ROCHE
Mais non. Pas la tienne. C'est là justement l'erreur. Ta n'en as pas de gloire !
HENRI
J'ai celle des aïeux. Ils me la lèguent; j'en hérite.
ROCHE
Tu la ramasses. Pas autre chose. Si tu veux de la gloire, il faut t'en faire une, mon garçon, mais ne pas prendre celle d*un monsieur qui vivait il y a quatre cents ans I
HENRI
Du moment que nous avons le môme nom 1
ROCHE
Vous n'avez pas les mêmes œuvres.
HENRI
Enfin, quand je me découvre en cinq minutes une nouvelle ascendance , de nouveaux grands-parents desquels on ne m'a jamais soufHé mot, et que je proteste en demandant qu'on me renseigne,., ce n'est donc pas naturel? Les ancêtres encore, je les connais, grâce à Thistoire où ils ont brillé l Mais les derniers, les plus rapprochés de nous... qui étaientils ? Qu'est-ce qu'ils ont fait ?
ROCHE
Rien. Ou peu de chose.
HENRI
Mon arrière-grand-père...
ROCHE
Le duc de Talais.
Ahl il était?
ROCHE
Duc de Talais, oui. Ce titre et celui d'Aurec nous appar-