ACTE TROISIÈME
tenaient... Ton arrière-grand-père ne faisait rien, mon enfant. Il vivait, il chassait, il jouait.
HENRI
Et mon grand-père?
ROCHE
Dominique d'Aurec? Aussi. Môme chose... Il paraît, car je l'ai si peu connu que je ne me le rappelle pas.
HENRI
Il est mort jeune?
ROCHE
Un accident. Il s'est tué en jouant avec un revolver.
HENRI
Et votre mère?
ROCHE
Elle est morte jeune, également, et je n'ai pas eu le temps de l'aimer. C'était une jeune fille de ce pays-ci, mademoiselle de Varaucourt. Je n'ai guère bien connu que ma grand-mère, la duchesse de Tàlais, qui m'a fait élever à l'étranger. Une femme excellente et courageuse, celle-là. C'est à elle que je dois tout.
Elle avait de la fortune?
ROCHE
Beaucoup.
HENRI
Elle ne vous l'avait donc pas laissée, puisque à vingt ans vous étiez pauvre?
ROCHE
Non.
HENRI
Pour quelle raison?
ROCHE
Parce qu'elle l'avait entièrement dépensée.
HENRI
A quoi?
ROCHE
A payer les dettes de son mari, puis de son fils.
HENRI
Et, elle était aussi de grande race ?
ROCHE
Non, mon enfant... c'était une roturière, qui s'appelait Piédoux.
J'entends. Mais en somme si ces derniers venus ont été légers et frivoles, ils n'ont jamais rien fait de... vraiment repréhensible ?
ROCHE, avec conTiction.
Certes ! cette question que tu me poses, maintes fois je lai posée moi-même à ma grand'mère ; et toujours sa réponse a été aussi énergiquement la même : « Ton père et ton grandpère n'ont pas mené la vie qu'ils auraient dû. Mais sois tranquille, le nom est sans tache. »
HENRI
Par conséquent, l'honneur...