ACTE I , SCENE VE i
païens , l'estime des inslituteurs , le respect et la reconnaissance des élèves. Je ne prétends pas avoir été plus qu'un autre à l'abri des tendres erreurs ; j'ai même eu quelques bonnes fortunes assez remarquables ; mais jamais parmi mes écolièrcs. Je n'ai fait la cour qu'à une seule , que j'ai épousée , et qui depuis quinze ans fait mon bonheur. Aussi j'ai la jouissance de voir qu'on vante mes principes de morale presqu'autant que mes principes de chant et de mélodie.
PHILIBERT aîné.
Je le sais ; mais
CLAIRVILLE
Ce n'est pas tout. Bien loin de consentir à me mêler d'aucune intrigue , je me suis fait une loi de ne recevoir aucune confidence d'amour , même quand les vues sont honnêtes , et je me reproche presque d'avoir entendu la vôtre. On se plaît tant à médire sur le compte des artistes ! Ainsi , mon chei- Monsieur, je vous aime de tout mon cœur. Je crois que mademoiselle Duparc serait très-heureuse avec vous. Je désire vivement que vous obteniez sa main -, mais ne comptez pas sur moi.
PHILIBERT aîné.
Je ne vousdemande qu'une faveur -, c'est de me présenter à M. Duparc comme un de vos amis qui voudrait profiler du voisinage pour se lier avec lui.
CLAIRVILLE
Comme un de mes amis !
PHILIBERT aîné.
Vous ne mentirez pas.
CLAIRVILLE
C'est beaucoup d'iionneur que vous me faites Mais
pourquoi m'avez-vous avoué que vous aimiez sa fille. Cela Ta me gêner Cependant j'y réfléchirai Et demain
Pourquoi pas tout de suite ?
CLAIRVILLE
Non. Je connais le bon M. Duparc ; il est pressé d'aller à la campagne : toute visite qui retarderait son départ lui serait importune.
PHILIBERT aîné.
En ce cas , je n'insiste plus. Je cours chez mon propriétaire -, j'étais si pressé , que je me suis emparé de l'appartement avant d'avoir signé le bail. Ainsi vous me promettez....
CLAIRVILLE
Je ne vous promets rien.
PHILIBERT aîné.
Pardonnez - moi , vous promettez de ne pas m'être contraire : et vous ne manquerez pas à la sévérité de vos principes en assurant à M. Duparc que sa fdle serait avec moi la plus heureuse et la plus aimée des femmes, ( Il sort. )
CLAIRVILLE , seul.
Il est aimable ; je le crois honnête et bon , et je regrette véritablement que mes justes scrupules ne me permettent pas de luièli-e plus utile.
( Il s'approche de la maison de Duparc , en fredonnant :
Je suis Liiidor , ma naissance est.... )