ACTE II , SCENE Y III
PHILIBERT cadet.
Oh ! c'est la vérité. Vous avez Ijcau repousser l'éloge , je sais que vous le méritez. Quant à moi , vous avez connu mou père-, ainsi je n'ai rien à vous apprendre sur ma famille. J'ai eu, comme tant d'autres, une jeunesse un peu dissipée. Il est temps de metlre un terme à mes fredaines et à mes caravanes. Quand on a de l'ame et des sentimens, on ne doit jamais perdre courage.
Dll'VRC.
Eli! mais, vodà des aveux...
Bien francs, n'est-d pas vrai? Je ne clicrclic pas à me faire meilleur que je ne suis. L'hypocrisie! ali dieu! quel vice affreux !
DU PARC
Eh! mais, Monsieur, n'ètes-vous pas attaché au ministère des affaires étrangères ?
rHiLir.ERT cadet.
Je l'étais; je ne le suis plus.
DU PARC
Comment ?
PHILIBERT cadet.
On m'a fait des injustices, un passe-droit d'une iniquité révoltante : j'ai quitté, connue piécéclemment j'avais quitté bien d'autres places. Je peux m'en passer.
DL'PARC
Vous m'étonnez beaucoup : d'après ce que m'avaient dit les personnes que je me suis permis d'interroger sur vous...
PHILIBERT cadet.
Eh bien ! que vous ont-elles dit ces personnes ?
DUPARC
Rien qui annonçât ces beaux projets d'affaires.
PHILIBERT cadet.
Ecoutez : j'ai cru n'en devoir faire confidence qu'à moa ami Saiomon. Vous connaissez mou ami Salumon?
Salomon? Ah ! un joaillier , un juif.
PHILIBERT cadet.
Très-riche, très-çonsldéré , ne pi,êtanl que de grosses sommes, ne prêtant pas à tout le monde. ( A part. ) Je le sais, malgré notre amitié...
DUPARC
Je l'ai vu hier; il m'a parlé d'un jeune homme.
PHILIBERT cadet.
C'est moi.
C'est vous !
BTUPART.
PHILIBERT cadet.
Moi-même : homme délicat, actif, et, j'ose le dire , capable de conduire un vaste bureau d'agence. Affaires conlentieuses ou administratives, civiles ou militaires; j'embrasse tout, j'entreprends tout. J'ai déjà en vue un excellent commis; et dès que j'aurai un premier client, je fais imprimer et distribuer mon prospectu.s.
DUPARC
Votre prospectus !
PHILIBERT cadet.
C'est de vous , mon cher M. Duparc , que j'attends ce premier client. Sojez mon père.
DUPARC
A'^otre père !
Oui , mon appui , mon protecteur ; vous y trouverez voire compte.
DUPARC, à part.
Je m'y perds. ( Haut. ) Mais, Monsieur, savez-vous bien quelle est l'existence d'un agent d'afiitires ?
PHILIBERT cadet.
Si je le sais ? A huit heures chez les négocians , les banquiers et les jurisconsultes; à dix heures au palais et dans