‹ Les deux règnesChapitre 13 sur 23 · I. — Le Refuge · texte numérisé non relu

I. — Le Refuge

Il ne distinguait plus la Ville ni l'espace,

mais dans l'intensité des nuits où tout s'efface,

il sentait tressaillir l'Auguste Monument

essoré, semblait-il, du monde misérable.

Annihilé par ce qui ment,

il s'était avancé vers l'Abri secourable,

y cherchant un refuge au milieu du danger.

Etranger

à tous les dieux de sang qui jetaient par la Ville

leurs appels mensongers,

insulté par la meute incivile

s'en fuyant vers TErreur et le D/îsir malsain, il s'était dirigé vers le grand temple saint, seul Refuge ici-bas où reposer son âme...

Mais la Nuit restait basse et recouvrait sa flamme

de tout le doute épars en ses limbes confus.

Le mutisme des cieux avait l'air d'un refus.

Tout s'ouvrait implacable et farouche,

et le Parvis oflrait l'aspect noir d'une bouche

immense qui semblait vouloir le dévorer.

OIi ! ce règne du mal devait-il donc durer !

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