III. — Les Bétes Nocturnes
Et les Doutes alors montèrent dans son âme, étouffant sa croyance et sa flamme.
Un moment tout passa dans ses yeux.
Il se vit le jouet pâle et mystérieux
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des Boites do l«i Nuit, s'acharnant à d<*lruire
cfi qu'il voulait jeter au monde pour l'instruire.
Il était semblable au bâillon
sur qui souille la boucbe en feu d'un tourbillon ;
il se sentait crouler dans une angoisse intense.
Et les voix et les cris montaient dans le silence,
et les Doutes, toujours, comme des Oiseaux noirs
vomis de l'ombre dense
et panique des soirs,
tourbillonnaient sans trêve
comme des visions dans l'abîme d'un rêve.
Il en voyait de tous côtés, en haut, en bas;
et ces Bêtes riaient, mais lui n'écoutait pas,
absorbé dans le deuil de son âme en déroule.
Elles criaient : « Poète, 6 songeur vain, écoute :
nous sommes les Oiseaux funèbres de l'Esprit,
et notre aile flétrit
les blanches visions que votre foi suggère.
Ton délire est proscrit,
ton amour exagère,
tout se résume ici dans ce pauvre mot, rien !
Crois-noas, mange et digère.
Laisse le vent remplir le vide aérien,
où ton esprit, plein d'attente et de crainte,
veut découvrir l'Etoile Sainte
qui guidera les hommes morfondus
vers la divine paix des Paradis perdus.
Il est trop tard, la chute
s'accentue, et demain, dans le gouffre où tout meurt,
ce sera la culbute.
N'entends-tu pas la dernière clameur
du monde qui s'écroule avec indifférence
dans la nuit de la Bête et le néant immense !
Le bien, le mal,
Démon ou Dieu, ange ou bien animal,
qu'importe I ici-bas rien n'existe.
Tout est néant, le vrai, le jour, le gai, le triste.
Que cherches-tu ? L'amour n'est pas, le rêve est fou,
tout s'obstine et résiste,
et la nuit chante, casse-cou !
au Poète souffrant qui s'extasie et vibre.
Il n'est point de raison, de juste et d'équilibre,
et le monde est un Songe imbécile, exalté
par vos illusions et votre vanité I ... »