V. — L'Appel de la Clocue
Soudain il entendit, c'était lointain et proche, comme un appel de Vieille Cloche,
38 DANS LA VILLK
el celte Vieille Cloclie, aux gestes haletants, sonnait, mystérieuse et grave, au sein des temps.
— Poète, disait-elle,
entends, entends
mon f;las qui soufTrc et bat de l'aile
et qui t'appelle
depuis longtemps.
Oh ! je suis faible et lente et lasse, mais encor
je sonne et lutte avec effort
contre l'invasion des choses de la mort.
Mais ma voix baisse et je palpite et pleure...
Poète, est-ce ma dernière heure!
comprendras-tu mes cris, comprendras-tu ma voix I
moi qui chante et sanglote,
et chevrote
à la fois !
ô Poète, des bras, des bras, des bras encore
pour la faire sonner, sonner jusqu'à l'Aurore,
semer son long appel magnanime et béni,
et la faire vibrer, la Cloche, à l'infini 1...