‹ Les deux règnesChapitre 9 sur 23 · livre nous ton Pactole · texte numérisé non relu

livre nous ton Pactole

ô Belle Idole,

nous sommes tes Enfants,

et nous chantons les hymnes triomphants

de ta grandeur et de ta gloire 1

0 Dieu trois fois béni, viens nous donner à boire !

Alléluia ! nous avons faim !

te Deum laudamus / en toi nous voulons croire !

hosanna! c'est toi le Divin,

c'est toi tout le Mystère,

c'est toi Mammon qui tiens toute la terre,

c'est toi

le Très Saint, le Très Haut et la Nouvelle Loi ! »

Ainsi parlaient ces bouches pleines d'ombre,

tandis qu'en bas, parmi la Ville sombre,

la Foule des désirs impudents et des vœux

se combattait toute lourde des feux

d'un atroce délire.

« De l'or ! de l'orl... »

voilà ce qu'on entendait dire,

et partout

des hauteurs ou des fonds ignobles de l'égout,

le même cri montait angoissant et suprême.

Et le Veau d'Or riait dans l'ombre comme un fou et se disait : « On m'aime I

c'est bien moi le Maître Nouveau ;

oui, le Dieu qu'on adore à présent c'est le Veau,

le Veau d'Or. Comprends-le, Poète 1... je préside,

tous m'encensent, toi seul veux être déicide... »

Soudain tout fut muet.

Et le Poète vit alors le Mal qui remuait

dans le sein de la Ville et dans l'ombre qui fume.

Tout y passait dans un torrent d'écume,

et les Vices impurs et le Crime banni,

triomphants, tendaient tous leurs poings vers l'Infini,

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