‹ Les deux reines de FranceChapitre 86 sur 92 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

Mes fils!

Arec larmes.

Si je pars avec eux... pour moi seule proscrits,

Ils me reprocheront peut-être leur martyre!...

Peut-être ils maudiront qui les a fait maudire!...

Peut-être sous mes yeux et jusque dans mes bras...

Avec désespoir.

Vous ne m’écoutez pas!... vous ne m’écoutez pas!...

Adieu donc! de l’exil je vais prendre la route!...

Commençant à s’éloigner.

Je ne vous en veux pas!... J’exigeais trop, sans doute!... Vous n’avez, après tout, fait qu’user de vos droits,

Et votre noble cœur en souffre... je le vois...

Merci!... Régnez heureuse... et que, dans sa clémence, Dieu vous l’épargne, à vous, celte douleur immense...

De voir...

Éclatant en sanglots.

O mes enfants! plus d’espoir qu’au tombeau!...

INGEBURGE, qui, pendant ces vers qu’Agnès prononce en partant. a paru en proie à un violent combat.

Non! mieux vaut être encor martyre que bourreau !

AGNES, s’arrêtant, se retournant, sans oser encore avancer.

Qu’avez-vous dit? ô ciel !

Que d’un pareil supplice Je ne serai jamais instrument ni complice!...

Lui ouvrant les bras.

O ma sœur d’infortune! en mes bras! en mes brars !...

AGNES, courant A elle et se jetant dans ses bras.

Dieu!

1 ii LES DEUX REINES DK FRANCE.

INGEBURGE.

Je consens à tout!

AGNÈS

Vous ne me trompez pas?...

INGK BORGE.

Je me soumets à tout !

AGNÈS, se jetant dans ses bras.

O grande âme! grande âme!

Mes fils sont là !

Se dégageant et appelant ses enfants.

Venez !

Page 1