SCÈNE VIII
Les Mêmes, PAUL, LE MÉDECIN.
PAUL, au médecin.
Entrez, Monsieur! (a Samuel.) Mon père, voici le docteur!
GEORGE, au médecin. Venez vite , Monsieur, sauver notre cher malade !
LE MÉDECIN, à Samuel.
Ou'avez-vous , Monsieur ?
SAMUEL
Docteur, je ne vous ai pas fait venir pour être soigné.
LE MÉDECIN
Que dites- vous?
SAMUEL
Non , docteur, car je n'ai pas d'argent pour vous payer. GEORGE , avec explosion.
Mais j'en aurai, moi, mon père! J'en trouverai. Monsieur, je vous paierai tout ce qu'il faudra... Mon Dieu! il n'y a pas même de quoi soigner mon père, ici!., et je n'en savais rien , et je ne devinais rien ! et j'étais là les bras croisés à rêver la fortune dan» l'avenir, à remettre le travail à demain... Monsieur, consultez, ordonnez, n'épargnez rien , surtout ; j'aurai aujourd'hui même tout
l'argent nécessaire à la vie de mon père. Je m'en retourne à l'atelier de ce pas... je m'en vais travailler sans retard et sans relâche. Oh ! je n'ai plus de mal, maintenant... non, plus rien !.. (il jette son écharpe en l'air.) Toute ma force est revenue, (il agite son bras.) Mon père souffre , je suis guéri !
(II va prendre ses instrumens de travail.) SAMUEL , se levant à demi.
Reste, reste, mon noble enfant, ton dévouement est inutile, car je sens que je vais mourir.
LE MÉDECIN
C'est une imprudence, jeune homme, dans l'état où je vous vois. GEORGE , décrochant ses instrumens pendus à la muraille.
Allons, mes fidèles outils , dérouillons-nous! (Les agitant.) Bahl ils ne pèsent pas une once , aujourd'hui.
PAUL , allant à George et voulant le retenir. Entends-tu , George , c'est une imprudence, tu ne peux travailler encore sans danger !.. Reste, reste!
GEORGE, entraînant Paul.
Oh ! je n'écoute rien... A l'œuvre ! à l'œuvre ! mon père souffre, je suis guéri ! (Il sort vivement avec Paul.)