‹ Les deux soeurs de charité (volume 2)Chapitre 11 sur 18 · L«S DET'Ï SOEURS · texte numérisé non relu

L«S DET'Ï SOEURS

Perles précieuses et si vite brisées! vous étiez bien loin l'une de l'autre dans la chaîne des êtres, et la charité seule, qui vous inspirait toutes deux, avait suffi pour vous rapprocher et vous confondre dans tine seule création adorable. Vous avez été aussi belles, âiikér grkides Tune que l'autre, par le seul amour de rhumanîté, source de toutes beautés et de toutes grandeurs.. .'Adieu! adieu, mes deux énges bienfaisants!... Vous tenez toutes deux a moû cœur par des liens que rien ne pourra briser. '

A l'hipure où on vîn^ fermer la 'pofie du cimetière, Albert dé Vareins soflil

Dîï CnARlTÉ 17!

de l'enclos funèbre et du village. I! retourna vivre dans sa famille et dans le monde, et y resta fidèlement sur la route de l'honneur, du devoir, en souvenir des deux généreuses femmes qui l'y avaient conduit.

Le lendemain du convoi funèbre des deux jeunes sœurs, trois hommes sortaient du village, en portant .sur leurs épaules une grande croix de bois grossièrement taillée.

' ' Les paysans qui se rendaient a l'église, questionnèrent ces hommes sur la croix qu'ils portaient et le lieu auquel ils la desîinaieht.

\ll LES DRUX SCHÎURS

L'explicalion fui bienlôl donnée. Dans l'endroit le plus désert du mont d'Or, au fond d'un ravin qu'une roche hérissée domine de cent pieds de hauteur, des bergers avaient trouvé le corps d'un homme, sanglaniet mutilé.

On allait creuser pour lui une fosse au bord du ravin, et planter au-dessus une croix, comme il est d'usage pour marquer la place où est arrivée une mort violente.

Celui'qui avait péri, ajouta-t-on, était étranger dans le pays. Mais si des parents ou des amis venaient rechercher ses traces, on pourrait dire que c'était

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un homme de vingt-six ans environ, très brun, de petite taille, et privé d'un oeil par une infirmité de naissance.

Les paysans promirent de mêler une prière pour cet infortuné, à celles qu'on allait dire pour les deux anges pleures dans le village.

Les trois hommes s'éloignèrent, pour creuser au bord du ravin la fosse surmontée d'une croix.

Personne ne vint jamais réclamer le corps de l'élranger. Au moment de sa mort, comme pendant sa vie, Ferdinand était seul au monde, et il eût dans le

i^'^ LES D£UX SOEURS 1)Ë GHARIT&

désert une tombe triste et sauvage, comme l'avait été son existeace,

'>ata tristesse demeura longtemps au hameau de Saint-Victor, et son ombre enveloppa l'iiumble presbytère jusqu'au jour où l'abbé Lebrun alla rejoindre ses enfants.

fin DIS DSUX SOEURS D£ CHIMTÉ.

MÂLBROUG S'EN VAT EN GUEflRE

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