‹ Les deux soeurs de charité (volume 2)Chapitre 7 sur 18 · LIS DEUX SOBT'RS · texte numérisé non relu

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cule, et oublia encore tout le reste pour les contempler en silence. Mais enfin après les premiers épanchements de cœur, les explications, les confidences mutuelles se dent jour.

Les deux sœurs, qui n'avaient pu connaître autrefois le bannissement du curé de Sainl-Victor, étaient venues dans ces montagnes avec la ferme persuasion de l'y retrouver. Il leur apprit la cause qui l'avait forcé à les abandonner, et tout ce qui avait où être ininlelligible pour elles dans les adieux qu'il leur adressait seize années auparavant, sur la Roche-aux- Dois.

— Cet endroit où je vous livrai autre-

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fois à la Providence, dit-il en finissant, avec une impression bien puissante pour moi... Depuis six ans que je suis de retour à Saint-Victor, je n'ai pas passé une

semaine sans y aller Il me semblait

que cette route où je vous avais vues descendre allait me parler de vous!... mes pauvres yeux se perdaient à vous chercher dans l'espace, et ce malin encore...

— Vous y êtes allé, mon bon père, dit vivement Djra, el vous avez oublié votre

bâton versla grande roche?

— Et toi, ma sœur, ton bouquet, interrompil a son tour Lucienne.

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— Vous avez donc passé là touteâ deux, chères enfants?

^ Oui, dit Dora, et j'y ai trouve sur la mousse la trace de vos pas.

~ El moi les souvenirs que vous y aviez par hasard laissés, dit Lucienne* Il me semblait bien que ces simples ves* liges parlaient à mon cœur.

~ Ces! en mémoire de nos derniers adieux, que voils avez voulu revoir C8 lieu? dit le pasleur.

— Oii ! oui, reprit Dora, je me souvenais si bien de la halle que nous y avions faite, du bon petit repas servi sur la souche d'ûrbie.

— jEl iuoi, dit Lacieuue, des saiules

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exhorlalions que vous nous y aviez adressées.

*''^* — Ma mémoire me rappelait fidèlement ces conseils de fe"Jf^ê'§s«, dit la jeune actrice; en ^grandissant j'en ai compris le sens... mais, hélas ! sans savoir mieux les suivre pour cela !...

— Moi, je ne me les expliquais pas, dit la sœur de charité, mais je songeais à vous, mon père, je vous aimais de toute inon âme... et cela seul a suffi a me guider dans la vio.

■" *^ Voyez donc, mon Dieu ! s ocria le bon curé, ces deux jeunes femmes si charmailes, si belles, pensaient k leur pauvre vieux père !

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— Et à notre village aussi ! ix son monts d'Or !... Tenez, quand il m'a fallu choisir un nouveau nom pour ma carrière d'artiste, en souvenir de nos montagnes j'ai pris celui de Dora.

.' — Et moi, en entrant en religion, j'ai choisi le nom de sainte Lucienne, dont j'avais vu la chapelle sur un rocher de nos can)pagaes.

Au milieu de cet entretien , Tabbé Lebrun pensa subitement a préparer le souper de ses enfants, ce que le trouble, l'élourdissement dans lequel le jetait la joie, rendaient chose fort difficile.

La vieille Nicole qui avait suivi son maître dans l'exil y était morte 5 1» curi^

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par une sorte de respect pour ses bons services, n'avait pas voulu la remplacer; une paysanne de l'endroit venait veiller au ménage pendant la journée, mais vers le soir le bon abbé était seul à la cure.

Il s'agitait en tous sens, allait et venait dans la maison sans savoir ce qu'il faisait... 11 s'arrêtait à chaque instant pour regarder ses deux Marie... Puis il essayait encore de préparer le souper...

mais il ne parvenait qu'à tout dérange.', sans savoir trouver ce qu'il avait sous la main.

II revint enfin vers la fenêtre en disant :

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