‹ Les deux soeurs de charitéChapitre 7 sur 14 · CHAPITRE ClNQUiÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE ClNQUiÈME

L'enlèvemeot.

Le dernier bal de l'Opéra, en l'hiver de i820, élait nombreux, brillant et animé.

Dans la fouie des femmes auxquelles le carnaval permellait d'emprunter des parures fantastiques pour lutter d'attraits

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et de coquetterie, on remarquait surtout une charmante dame de charité qui, au lieu de recevoir aucun avantage de la longue roi)e grise et du bonnet à grandes ailes qui l'enveloppaient, prêtait a cet humble costume l'élégance et le charme répandus dans toute sa personne.

Ce séduisant masque, comme nous le savons, était la cantatrice Dora qui, en prenant l'habitdes filles de Saint- Vincentde-Paul, avait seulement gardé la grâce exquise de ses manières et litl bq^uquet entre ses mains a la place d'un chapelet.

Elle parcourait, depuis quelques instants, le ioyer d'un air insouciant, ne

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rencontrant personne dont il lui p d'agréer les avances, ei effeuillant des œillets et des marguerites avec l'oisiveté d'une jeune fille qui se promènerait seule au milieu de la campagne. ..

Elle s'apercevait cependant qu'un domino noir la suivait, depuis son entrée dans le foyer, cherchant à s'approcher d'elle; mais en étant sans cesse empêché par le mouvement de la foule.

A l'instant mêuie où elle remarquait ce personnage, Dora fut accostée par un brillant garde -française.

Martial , étant instruit du costume qu'avait choisi la belle actrice, lui montra, dès l'abord, la connaître parfaite-

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ut. 11 allira ainsi raltentioii de la jeune femme, étonnée de se voir devinée sous son masque, avant même d'avoir prononcé une parole.

Ensuite, l'ami de Vareins s'imposa hardiment a la belle cantatrice, usant avec elle de la familiarité du bal qu'il tempérait cependant par une courtoisie exquise ; il fallait la circonvenir dans un entretien vif, pressé, intéressant, de manière à s'en emparer seul et à éloigner tout dangereux survenant.

Il avait en musique un jugement approfondi, un goût parfait et de flnes appréciations qui lui permirent d'entretenir la virtuose de son art avec un cens-

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tant int rêt. Connaissant aussi les œuvres de charité de l'excellente jeune femme, par des rapports subalternes, il prit occasion de son costume pour y faire allusion, et lui rappela divers détails de son intérieur, avec autant d'exactilude que s'il eût été le ^énie familier de sa demeure.

Ainsi, il put retenir longtemps sa belle captive dans les liens de Tintérêt et de la curiosité; et son esprit animé, sa gaîté communicalive rendaient celle sorte de captation assez agréable a la jeune femme |pour qu'elle n'en remarquai pas l'élrangeté, et y laissât aveuiflémenl couler les heures.

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Le rôle hasardé que jouait Martial dans celle soirée, ne se rallachait pas dans son esprit a un complot assez important pour qu'il fût réellement coupable de s'y prêter. Il ne voyait dans l'arrangeriient pris pour amener la belle actrice a présider un déiicioux souper, qu'une manière d'agir un peu audacieuse, dont ^e respectetla galanterie sauraient bientôt réparer les torts. Pour lui, le seul point sérieux de cette affaire, était l'influence favorable que , dans son opinion, elledrvait avoirsur ladeslinéed'Albert,auqurl il éiait profondément allaché.

Vers la Gn du bal, Dora était assise à l'exlrémilu d'une banquette.

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